Ségolène Royal à Bordeaux : 7 propositions pour réagir à la crise
Les pseudo-compétents, les super-diplômés, tous ceux qui ont conduit le système à sa perte en s’en mettant plein les poches et qui nous ont envoyés dans le mur savaient que le système était devenu fou. Or ils voudraient aujourd’hui qu’on les laisse faire sans exiger qu’ils rendent des comptes. Ce sont pourtant des centaines de milliards d’euros qui sont mis en jeu par le contribuable... Les États injectent des sommes pour sauver les banques sans mettre de conditions sur le modèle de société que nous voulons. Si on éteint l'incendie, mais que le feu continue à couver sous la cendre, c'est-à-dire si le système se rétablit tel qu'il est, alors la crise à venir sera beaucoup plus violente et beaucoup plus profonde...
La page du libéralisme est tournée. Mettons la finance au service de l’économie productive et pas au service d’elle-même ; et l’économie au service du développement humain et écologique...
La Cause du Peuple - Vidéo 55mn26
Le texte du discours
Merci a tous, amis de Parempuyre, venus si nombreux.
Merci aux salariés, aux ouvriers de Ford Blanquefort, qui viennent de s'exprimer devant vous. Ils se sont mis en grève et ils ont pris sur leur temps de travail rémunéré pour pouvoir venir parmi nous.
Je voudrais leur dire très chaleureusement à quel point leur présence ici est symbolique de ce qui se passe dans le pays, de cette économie qui marche sur la tête. Je vais y revenir tout à l'heure.
Mais je suis aussi venue vous dire qu'il était possible de remettre cette économie à l'endroit et qu'il était possible de faire autrement.
Auparavant, je voudrais remercier tous les élus qui nous accueillent ici.
Et d'abord, Béatrice de François, la maire de Parempuyre, et André Grèze, de Désirs d'avenir, qui a participé à l'organisation de cette réunion.
Et bien sûr les parlementaires : Michèle Delaunay et Pascale Gaut.
Et bien évidemment Gilles Savary et Vincent Feltesse.
Nous étions tous ensemble, tout à l'heure, à la rencontre des salariés de Ford.
Je voudrais aujourd'hui adresser à travers vous un message solennel à tous les Français. Nous venons à l'instant d'écouter Philippe Poutou et ce qu'il nous a dit a à voir avec cette relation que nous ne comprenons pas bien entre la finance et l'économie. Juste avant, nous avions évoqué ensemble la reconversion de cette usine qui refuse la fatalité. J'ai vu et j'ai senti l'angoisse des hommes et des femmes qui sont là et qui se battent depuis des mois. J'étais venue il y a plusieurs mois. J'avais promis de revenir et je suis revenue. J'ai vu, moi aussi, ce que vous avez senti tout à l'heure : leur courage, leur dignité. Avec eux, à travers toute la France, il y a dans les entreprises des salariés et des ouvriers qui refusent de baisser les bras parce qu'ils savent pertinemment qu'il y a du savoir-faire, qu'il y a des compétences, qu'il y a des marchés. Ils savent qu'il aurait été possible de faire autrement et que malheureusement – faute d'anticipation, faute de politique industrielle, faute souvent de crédits bancaire pour investir, innover et voir loin – ces entreprises n'ont pas eu la chance de prendre un tournant positif qui leur aurait permis non seulement de résister mais de se développer. En écoutant tout à l'heure ces salariés et d'autres aussi à travers toute la France, j'ai compris leur stupéfaction et leur incompréhension. Notre stupéfaction et notre incompréhension.
Parce qu'il y a, d'un côté, des milliards et des milliards de dollars et d'euros qui partent en fumée puis réapparaissent ensuite comme par magie. Et, de l'autre côté, des entreprises industrielles auxquelles il a parfois manqué quelques dizaines de millions d'euros pour rester compétitives.
Qu'observe-t-on aussi ? D'un côté, des termes un peu barbares, très spéciaux, qu'on lit tous les jours dans la presse ou qu'on entend à la télévision : titrisation, produits dérivés, crédits inter-bancaires, bonus, hedge funds, trader, stock options, règles prudentielles, créances toxiques, j'en passe et des meilleures ! Une récente enquête réalisée dans l'ensemble des pays européens a d'ailleurs montré que moins d'un citoyen sur 5.000 comprenait ce vocabulaire.
On entend tous ces mots et, d'un autre côté, on entend des mots très simples : emploi, salaire, vie chère, loyer, essence, famille, enfants, école.
Et puis il y a les questions que tout le monde se pose, que nous nous posons et auxquelles je veux répondre ici. Des questions toutes simples. D'abord : comment en est-on arrivé là ? Ensuite : comment faire pour que ça ne recommence pas ? Au bout du compte : qui va payer et qui va gagner ? Et surtout : comment faire pour que cette crise serve à quelque chose et nous oblige à changer radicalement le système perverti du capitalisme financier ?
Voilà, partout où je vais et encore tout à l'heure, ce que l'on me dit.
Ce que nous venons de vivre ne doit absolument pas continuer à exister.
C'est pourquoi, vous m'en excuserez, ce soir, je vais prendre le temps.
Parce que je crois que cela fait partie de la responsabilité politique de donner des explications.
Parce que, contrairement à ce que l'on nous dit et contrairement à ces mots complexes, vous allez voir que la crise financière est d'une implacable simplicité.
Il est donc possible que les citoyens soient bien informés pour exiger ensuite des réformes en profondeur, comme ils en ont le droit puisqu'ils mettent la main au portefeuille pour renflouer les banques par l'intermédiaire de l'État. C'est comme ça que doit fonctionner une démocratie, une République. Ce n'est pas dire aux gens : « tout ça est très compliqué, on a des spécialistes qui ont mis le système dans le mur, on va leur redonner de l'argent et comme çà, ils vont... recommencer ». Non ! Moi, je veux que les citoyens comprennent et sachent qu'ils doivent faire pression sur ceux qui ont le pouvoir pour que ça change, pour que ça ne recommence pas, pour qu'il n'y ait plus de conséquences en cascade et toujours sur les mêmes.
Parce qu'enfin, l'Europe vient de trouver 1.700 milliards d'euros et la France 360 milliards d'euros alors qu'il y a quelques semaines, souvenez-vous, ils ont augmenté les impôts pour trouver un milliard d'euros afin de financer le Revenu de Solidarité Active.
Alors je vous le dis très fermement : si la crise nous permet de faire surgir un nouveau modèle économique et humain, elle aura été utile pour mettre fin à toutes ces contradictions. Mais si la crise conduit seulement à renflouer un système financier pervers ou à sauver une caste de financiers irresponsables, quel est le risque ? C'est l'impunité. Cela veut dire qu'on peut flamber, qu'on peut s'amuser avec le bien commun. Et pire encore : quand ça va mal, on vient les aider parce que, sinon, ils entraînent dans leur chute des millions d'entreprises et de citoyens.
Je dis cela très solennellement et de façon positive parce que je ne veux pas qu'on enfonce les gens dans la dépression en leur disant : « à cause de la crise, on va vous faire avaler tout le reste, les licenciements, les pressions sur le pouvoir d'achat, la fermeture des services publics pour faire des économies ». Songez que pendant la réunion des chefs d'État et de gouvernement de l'Europe, on en a profité pour annoncer en même temps la fermeture des gendarmeries.
Le peuple doit donc rester très vigilant pour que, sous prétexte de crise financière, on ne nous fasse pas accepter tout le reste qui n'a rien à voir avec la crise financière et qui correspond à des choix idéologiques.
C'est pourquoi je pense que la crise est une occasion historique de définir le modèle de société que nous voulons.
Aujourd'hui, on le sait, la direction est mauvaise.
Le monde ne va pas dans la bonne direction : destruction de la planète, inégalités Nord-Sud, creusement des inégalités à l'intérieur même des pays riches. Songez qu'en France, 40% des clients des Restaurants du Coeur sont des salariés. Songez que le nombre des travailleurs précaires et des salariés pauvres a, en trois ans, augmenté d'un tiers. Non, le monde ne va pas dans la bonne direction quand on voit, de l'autre côté, les richesses considérables qui s'accumulent.
Voilà pourquoi je pense qu'il faut rectifier très rapidement la trajectoire.
Voilà pourquoi la crise peut être salutaire si elle nous permet de corriger cette trajectoire.
Alors, quel nouveau modèle voulons-nous bâtir ensemble ?
D'abord, je crois qu'il faut remettre les choses dans le bon ordre.
Qu'est-ce que le bon ordre ?
C'est la finance au service de l'économie productive et non pas au service d'elle-même. C'est l'économie productive au service de l'épanouissement des hommes et des femmes qui travaillent dans les entreprises, au service de l'emploi, des salaires, c'est à dire de l'humain, et non pas seulement au service du profit. C'est une juste répartition entre le capital, le travail et la protection de l'environnement.
Voilà le bon ordre des choses.
Ensuite, je pense qu'il faut retrouver nos bases.
Quelles sont nos bases ?
Nos bases, c'est de croire que la richesse des pays, la richesse des nations, se bâtit durablement non par une fuite en avant vers le crédit (j'y reviendrai pour expliquer la crise américaine) mais en donnant à chacun la possibilité de progresser par l'effort, par l'éducation, par un travail bien rémunéré parce que bien qualifié et par la garantie de protections collectives solides.
Or c'est tout le contraire du système aujourd'hui en faillite.
Car ce système en faillite a fait croire que la liberté ou l'émancipation ou le progrès venait du crédit et de l'endettement.
C'est pourquoi je voudrais prendre un peu de temps pour vous expliquer en quelques mots cette crise du crédit américain, les fameuses « subprimes » (comme par hasard, on utilise toujours des mots compliqués...).
Cela s'est passé l'année dernière. Donc, quand les banquiers français et les dirigeants français nous disent qu'ils n'avaient rien vu et rien prévu, ce n'est pas possible.
Je crois, moi, que si les citoyens étaient mieux informés et exigeaient de comprendre les choses, ils feraient pression sur les dirigeants et leur diraient : attendez ! Il y a là quelque chose qui ne va pas, il faudrait peut-être réagir un peu plus vite ! Parce qu'il a fallu aussi la complicité des banques européennes pour expliquer ces faillites.
Alors, que s'est-il passé aux États-Unis ?
Comme c'est un système libéral, sans règles, sans salaire minimum, où les salaires sont assez bas, l'administration Bush a dit ceci : puisque les salaires sont bas mais qu'il faut quand même que les gens consomment et qu'ils puissent acheter des maisons pour que l'économie ne tourne pas au ralenti, eh bien, on va développer le crédit. « Empruntez, empruntez, empruntez ! » leur a-t-on dit. Et ils ont mis en place le crédit hypothécaire.
Qu'est-ce que le crédit hypothécaire ?
C'est très simple. On a ça aussi en France même si c'est un peu mieux réglementé.
Les prêts hypothécaires sont des prêts qui ne sont pas calculés sur les salaires ou les revenus des gens, parce qu'ils sont trop faibles, mais sur la valeur de leur maison. Les banques se sont dit : on peut y aller, on peut prêter puisque, de toute façon, si les gens n'arrivent pas à rembourser, on prend la maison, on la vend et on fait un bénéfice. On met les gens dehors et on peut même leur relouer la maison, avec un double bénéfice.
Le système était tellement juteux que les banques ont pu revendre ces prêts à d'autres organismes financiers. Ces prêts étaient tellement juteux qu'ils ont même été transformés en actions, figurez-vous, en titres négociés en Bourse. Et ça a prêté, ça a prêté, ça a prêté à des familles qui n'avaient manifestement pas les moyens de rembourser ces emprunts.
Quand l'économie a ralenti, quand les gens ont perdu leur emploi, les prêts ont été de moins en moins remboursés. Ces prêts hypothécaires sont alors devenus de moins en moins juteux pour les banques qui ont commencé à paniquer. Les entreprises n'augmentaient pas les salaires et l'administration Bush leur disait : soyez compétitives, pas besoin d'augmenter les salaires puisque les gens ont des crédits et peuvent donc consommer.
Seulement voilà : quand de plus en plus d'américains n'ont plus pu rembourser leur maison, que s'est-il passé ? Le prix des maisons ont baissé et les prêts sont devenus de moins en moins rentables. Les banques et les organismes financiers ont alors cherché à se débarrasser de ces prêts qu'on a ensuite appelés « créances douteuses » ou « crédits toxiques ». Le marché immobilier s'est effondré, le prix des maisons est devenu de moins en moins cher puisque les gens n'arrivaient plus à rembourser.
Eh bien, c'est ce système-là qui a entraîné les faillites bancaires.
C'est très important de comprendre qu'à l'origine, il y a un système qui, en pressurant les salaires et en poussant les gens vers la société de consommation en les endettant avec ces fameux prêts hypothécaires, a fini par provoquer la faillite des banques américaines.
Et ça a contaminé les banques françaises, les banques irlandaises qui sont très liées aux banques américaines, les banques européennes. Plus les pays étaient liés au système bancaire américain, plus les banques ont été mises en difficulté. Voilà ce qui s'est passé. Voilà, aussi incroyable que cela puisse paraître, quelle est l'origine de la crise financière actuelle.
Alors, me direz-vous, comment se fait-il que les financiers, ces grandes compétences, cette élite des grandes écoles, n'aient pas vu tout cela et, à un moment donné, tiré la sonnette d'alarme ? Car le pire, c'est qu'ils ont vu tout cela. Ce qu'on appelle les agences de notation, qui sont des sortes d'inspecteurs chargés d'évaluer les risques, ont dit aux banques que ce système était totalement fou. Mais comme ces agences, dans un système libéral, étaient payées par les banques, les rapports n'étaient pas rendu publics parce que c'étaient les contrôlés qui payaient les contrôleurs. Alors les agences, vous avez peut-être vu ça dans la presse, ont donné des notations « Triple A », ce qui veut dire : formidable, formidable, formidable !
Pourquoi personne n'a tiré la sonnette d'alarme ?
Pourquoi ce système généralisé d'irresponsabilité et d'incompétence ? Car aujourd'hui, il y a des millions d'américains qui se retrouvent à la rue et, par ricochet, on subit en France un contre-choc très grave, sans parler de tous ceux qui ont aussi perdu leur retraite aux États-Unis, leur retraite par capitalisation. J'espère au moins qu'en France, ça va en guérir un certain nombre de leurs projets de prêts hypothécaires et de leurs projets de retraite par capitalisation !
Pourquoi personne n'a rien dit ?
Parce que, dans un système du capitalisme financier devenu fou, personne ne veut faire le premier pas. Il n'y a pas une banque qui dit à un moment : moi, je vais m'arrêter parce que tout le monde va dans le mur.
Et pourquoi aucune banque ne fait-elle le premier pas ?
Parce qu'elle ne veut pas que la banque concurrente gagne plus d'argent qu'elle.
Ce que je veux vous faire comprendre, c'est que dans un système où il n'y a plus d'autorité, où plus personne ne met de règles, où plus personne ne contrôle, personne ne dit : ça suffit, maintenant vous arrêtez !
Dans ce système, on compte seulement sur ce qu'on appelle la discipline collective ou « l'auto-régulation qui ne marche pas puisque la loi de l'argent et la loi du profit maximal empêchent qu'à un moment, quelqu'un dise, avec un réflexe moral : il faut arrêter parce que ça va ruiner des millions de petits épargnants.
Voilà la source, la raison et l'explication de cette crise.
Pourquoi est-ce si important de le comprendre ?
Parce que ce sont ces ressorts profonds qu'il faut changer.
Alors, paradoxalement, cette crise a déjà eu un premier effet bénéfique : ce sont les nationalisations. Ce mot, rendez-vous compte, était un gros mot ! Et voilà que George Bush met 700 milliards de dollars d'un coup pour nationaliser des banques et des assurances. Aux États-Unis ! Même chose en Europe. Et ici en France.
C'est donc actuellement le plus grand mouvement de nationalisation que l'économie ait jamais connu, fait impensable il y a seulement quelques semaines. Des nationalisations totales. Des nationalisations partielles. Des nationalisations déguisées. Mais des nationalisations quand même.
Vous avez peut-être observé qu'aujourd'hui, le pouvoir en place n'utilise jamais ce mot. C'est très curieux... Il dit : l'État va proposer aux banques de rentrer à leur capital et leur apporter des fonds propres : 40 milliards d'euros. Autrement dit : l'État va prendre des participations. Je vous le dis : cela s'appelle une nationalisation partielle.
Vous vous souvenez des problèmes de la Société Générale ? 5 milliards d'euros qui se sont volatilisés dans la nature alors que les pauvres épargnants qui ont le moindre découvert bancaire de quelques dizaines d'euros payent 18% de taux d'intérêt. Ce ne sont pas des broutilles mais les dirigeants sont toujours en place. L'un d'eux a même réalisé ses stock options la semaine dernière. Dans les conditions à fixer pour un soutien au plan d'urgence du gouvernement, il va aussi falloir exiger des règles morales.
Je reviens à mon histoire.
La première leçon de cette histoire étrange, angoissante aussi mais ô combien édifiante, c'est celle-ci : après 25 années de domination libérale, c'est à dire en gros depuis Thatcher-Reagan où l'on a commencé à dérèglementer partout, avec l'explosion de la finance et le refus de l'intervention de l'État, on en arrive, quand on est au bord du gouffre, à des mesures que l'on reprochait aux socialistes il y a 25 ans. Ces idées défendues par la gauche, que l'on moquait, que l'on méprisait, voilà aujourd'hui des dirigeants de droite qui, dans l'urgence, sont obligés de les reprendre même s'ils ont du mal à en utiliser le vocabulaire. Parce qu'il n'y a pas d'autre solution. C'est un curieux renversement de l'histoire.
Voilà pourquoi je dis souvent que le socialisme est l'idée neuve du XXIème siècle.
Quand Ronald Reagan s'est fait élire, il disait en 1981 : « l'État n'est pas la solution, il est le problème ». Cela avait un peu contaminé toute l'Europe. Et que voit-on aujourd'hui ? On voit que l'intervention des États est une partie essentielle de la solution alors que les marchés sans règles sont justement tout le problème.
Ce que l'on voit aussi, de positif, c'est que les gouvernements européens se sont serré les coudes. Ils ont réussi à calmer la débâcle financière, même si la situation reste fragile. On a même vu Gordon Brown - vous connaissez son scepticisme à l'égard de l'euro – qui a été l'un des inspirateurs les plus imaginatifs du plan européen.
Pour nous, socialistes, cette histoire nous donne raison. Elle nous donne raison sur plusieurs plans.
D'abord, le libéralisme est en échec et c'est une bonne nouvelle. Depuis le temps que les socialistes disent que le capitalisme va finir par s'auto-détruire, eh bien, nous y voilà.
Ensuite, voir la droite obligée de procéder à des nationalisations, eh bien, c'est une bonne nouvelle.
Voir cette même droite renoncer à son projet de développer des prêts hypothécaires, c'est une bonne nouvelle. On nous racontait, il y a un et demi, que les Français n'étaient pas assez endettés, qu'on allait les endetter un peu plus pour relancer l'économie, que ce n'était pas la peine d'augmenter les salaires... Avec toujours le même raisonnement : il fallait leur donner des crédits et comme ça, ils allaient pouvoir consommer davantage.
Calmer cette illusion que le crédit peut créer de la richesse et calmer toutes ces tentatives de démantèlement du système de retraite par répartition, c'est une bonne nouvelle.
La preuve a été faite de l'utilité de ces sauvegardes et c'est une très bonne nouvelle.
C'est la confirmation de l'essentiel de nos combats de toujours. Je le répète : nous avons là une démonstration que le socialisme, dans des conditions différentes et avec de nouveaux problèmes à résoudre, n'est pas le plus mal placé pour relever le défi de notre temps. Nous devons donc faire preuve de beaucoup d'imagination mais aussi de beaucoup de constance sur les valeurs qui sont les nôtres pour démontrer – et nous allons le faire – qu'avec ces idées neuves appuyées sur des fondamentaux solides, le socialisme sera l'idée neuve du XXIème siècle.
Pourquoi les socialistes se sont-ils abstenus (et ils ont bien fait) lors du vote du plan présenté par le gouvernement ?
Je voudrais, puisqu'il y a débat, vous expliquer ici pourquoi les socialistes devaient s'abstenir sur ce plan d'urgence même s'il a, je viens de le rappeler, de bons côtés.
Parce que nous ne pouvons pas donner quitus à ce pouvoir.
Parce que nous devons protéger les Français contre les risques de récidive.
Parce que nous devons peser avec l'opinion pour que le changement radical du système soit effectif.
Je vais vous donner avec plus de précision ma vision de la situation.
Je vais même vous dire à quelles conditions nous pourrions aider, dans l'intérêt de notre pays, le gouvernement à réussir.
Je pense qu'il y a sept conditions essentielles à poser. On pourrait sans doute en trouver d'autres mais ce sont, pour moi, les conditions qui, à partir du moment où elles ne sont pas réalisées, où elles n'ont pas fait l'objet d'engagements et restent dans le flou, justifient, d'un côté, que nous ne nous soyons pas opposés à ce plan d'urgence même si nous en connaissons parfaitement les risques et les limités, et, d'un autre côté, que nous ne puissions pas donner quitus à ce gouvernement tant qu'il n'aura pas répondu et ne se sera pas engagé sur un certain nombre de conditions.
Première condition : je veux le maintien des nationalisations partielles. Je veux qu'une fois entré au capital des banques, l'État y reste. Et non pas, comme on l'entend déjà dire par certains membres du gouvernement et le Premier Ministre lui-même, qu'il pense déjà à revendre ses participations, ce qui veut dire qu'on aurait socialisé les pertes et qu'on privatiserait ensuite les bénéfices. Mais non ! L'État doit garder ces nationalisations partielles. Nous avons d'ailleurs notre mot à dire parce que ce sont nos impôts qui sont utilisés. C'est nous, les citoyens, qui entrons, d'une certaine façon, dans ces banques et nous avons le droit d'exiger que la manière dont l'État y exercera son métier aille dans le sens de l'intérêt général. L'État doit y rester pour que ça ne recommence pas. Il doit aussi y rester pour que les tarifications bancaires dont je parlais tout à l'heure soient enfin réformées. J'en ai assez de voir des banques faire des profits sur le dos des familles pauvres et modestes à cause du coût des découverts bancaires. Ca devient insupportable ! Si l'État est présent dans les banques, il pourra exiger cette réforme des tarifications bancaires. Il pourra exiger que la banque se mette au service de son cœur de métier, c'est à dire des prêts aux entreprises qui ont besoin d'innover, d'aller de l'avant, et des prêts aux particuliers sans leur imposer des conditions draconiennes, des contrôles de santé, etc. Vous n'imaginez pas la masse de courriers que je reçois à propos des refus de prêts bancaires, même lorsque les familles ont des revenus, et de la frilosité du système. Voilà la première condition : que l'État reste dans les banques et que les nationalisations partielles demeurent.
La deuxième condition : un peu de morale. Un peu de morale ! On nous avait promis de sanctionner les banquiers qui ont failli, qui ont contourné les règlementations, qui savaient parfaitement ce qui se passait et qui n'ont pas tiré la sonnette d'alarme, qui ont au contraire continué à réaliser leurs bonus. Pourquoi une telle impunité ? Je le demande.
Troisième condition : lutter contre les paradis fiscaux. J'observe d'ailleurs avec satisfaction que le Premier Ministre lui-même a repris cette proposition que j'ai faite il y a plusieurs semaines dans l'indifférence générale. Bien sûr, lutter contre les paradis fiscaux ! On dit : c'est compliqué. Non. C'est assez simple. On embrouille les citoyens pour qu'ils ne cherchent pas à comprendre, j'y reviendrai en évoquant l'exigence démocratique. C'est assez simple de mettre fin aux paradis fiscaux. Comment fait-on ? On décide de refuser, sur le territoire européen et sur le territoire des pays les plus industrialisés, tous les investissements en provenance de ces paradis fiscaux, tous ces fonds de pension, tous ces fonds d'investissement qui, vous le disiez tout à l'heure, viennent souvent sur des entreprises pour deux ou trois ans, qui exigent qu'elles leur remboursent leur prise de participation par des licenciements ou qui font une opération immobilière et mettent la clef sous la porte. Voilà la réalité. C'est donc la troisième condition : la suppression des paradis fiscaux.
La quatrième condition : c'est la réforme de la rémunération des métiers de la finance. Ce n'est plus supportable, cet écart de salaires et de rémunération, ces bonus, ces stock options, ces traders qui gagnent à tous les coups même lorsqu'ils font perdre leur entreprise. Qu'est-il en train de se passer ? J'ai rencontré récemment le directeur d'une grande école qui me disait qu'aujourd'hui, la moitié des effectifs des élèves des grandes écoles d'ingénieurs et des universités les plus prestigieuses partent dans la finance. La moitié des élèves ! Pendant ce temps-là, toutes les filières de développement industriel – l'automobile, l'aéronautique, les nouvelles énergies, l'informatique ... - peinent à trouver des ingénieurs qualifiés. Pourquoi ? A cause d'un écart inadmissible de rémunération entre ceux qui spéculent, sans doute avec talent, et ceux qui construisent, qui innovent, qui fabriquent, qui créent la véritable valeur ajoutée dont dépendent les vrais emplois. Il y a un tel écart de rémunération qu'on est tombé dans un système absurde où, finalement, ce sont les contribuables qui payent ces élèves (ces grandes écoles coûtent cher, les élèves qui y sont payés coûtent cher) et c'est la nation qui paye la formation d'une élite dont presque la moitié va ensuite passer son temps à appauvrir des gens, à conduire le système dans le mur et, à l'échelle planétaire, à appauvrir les pays les plus pauvres parce que ce système financier devenu fou écrase aussi dramatiquement les économies des pays les plus pauvres. Eh bien moi, je dis que cette réforme-là est cruciale. J'en fais une condition du rétablissement de la situation et du changement du système parce que nous ne pouvons pas, par rapport aux enjeux de la politique industrielle évoqués tout à l'heure, continuer à former des élites qui vont massivement se retrouver dans les métiers de la finance alors que, parallèlement, nous avons besoin de relancer la croissance sur des filières productives. Je vous le demande : le gouvernement en place peut-il raisonnablement être contre ces propositions ? Je ne le crois pas. Elles vont dans l'intérêt du pays. Je ne voudrais pas que l'on dise : ah oui, vous mettez des conditions mais elles sont irréalisables. Non ! Ces conditions ne sont pas irréalisables. Elles correspondent à l'intérêt de la France. Pas à l'intérêt de quelques uns ou d'une caste qui nous a conduits dans cette situation. Elles permettent aussi de changer radicalement un certains nombre de dysfonctionnements du système.
Cinquième condition : je veux que l'on mette sous contrôle les fonds d'investissement. Pardonnez-moi d'être un peu technique mais je crois que vous allez comprendre parce qu'on a cité tout à l'heure le cas de Chambourcy, une entreprise qui a été rachetée par un fond d'investissement. Ce fond d'investissement a disparu. Sans doute aussi rapidement qu'il était venu. Ces fonds sont aujourd'hui une autre menace qui plane sur le système financier. On n'en a pas encore parlé mais, quand on écoute attentivement ce que disent les économistes, on comprend que là est le risque de la prochaine crise. Et je vous le dis : ils le savent, ceux qui nous gouvernent. Ils vont sans doute être encore « surpris » et nous dire qu'ils n'avaient rien vu venir. Mais si ! On sait parfaitement ce qui est en train de se passer avec le développement de ces fonds d'investissement considérables et autres fonds de pension qui rachètent – en France, en Europe, partout – des entreprises innovantes. Sous prétexte de les reprendre et de les relancer, ils font peser sur elles la charge du remboursement de leur mise en exigeant, par exemple, des licenciements ou des délocalisations. Tout simplement pour spéculer, là aussi, soit sur un brevet racheté, soit sur une marque rachetée puis délocalisée, soit sur une immobilisation. Eh bien ce problème-là, je veux qu'il soit réglé maintenant. Je le répète donc : quand on voit tous ces mécanismes à l'œuvre, il est plus que jamais utile et nécessaire, comme je l'ai déjà demandé, de créer une banque publique destinée au financement des entreprises innovantes. Une banque qui travaille main dans la main avec les territoires et avec les Régions. Parce qu'on sait bien - je le sais en tant que Présidente de Région et on le sait ici, dans cette région - à quel point les entreprises ont du mal à trouver des crédits, surtout les plus innovantes. Parce que les plus innovantes doivent prendre un risque. Comme les banques ont été habituées à ne plus prendre de risque mais, au contraire, à spéculer sur ce qu'il y avait de plus facile, ces entreprises se tournent vers les collectivités territoriales, vers nous c'est à dire vers vous. Et nous, les Présidents de Région, nous sommes obligés de jouer le rôle de banquiers avec l'argent du contribuable. Mais ce n'est pas notre métier. Moi, je refuse que ça continue de cette façon-là. Je demande donc la création d'une banque publique d'investissement dans les entreprises innovantes.
Sixième condition : je veux que l'on renonce à la privatisation de la Poste. Il existe une banque postale, eh bien, justement ! Que cela serve à quelque chose ! Ce n'est pas aujourd'hui où on nationalise partiellement certaines banques privées que l'on va privatiser la Poste. Il semble pourtant que si ! Là aussi, vous avouerez que ces conditions sont des conditions de bon sens et de cohérence. Ce que je demande au pouvoir en place, puisqu'il réclame une union nationale, c'est qu'il mette un peu l'idéologie de côté, qu'il regarde l'ensemble de ces propositions, qu'il comprenne qu'elles correspondent à l'intérêt général et que nous pourrions, sur un certain nombre de sujets, soulager ensemble les souffrances des Français, redresser des entreprises et mettre fin à la crise financière mais avec des garanties et à certaines conditions.
Septième et dernière condition : je veux mettre en mouvement une Europe capable de faire face à la récession. Que venons-nous de voir ? De l'énergie déployée et des réunions accélérées mais, alors que la récession menace depuis l'année dernière, alors que le pouvoir d'achat baisse depuis deux ou trois ans, comment se fait-il que les chefs d'État et de gouvernement européens n'aient pas fait preuve de la même énergie, du même volontarisme et de la même capacité à débloquer des moyens pour juguler la récession et investir dans ce qui fera l'emploi de demain, dans l'éducation, dans la recherche, dans l'écologie, dans les grands travaux, dans le domaine des transports ? Juguler la crise financière, c'est bien.
Mais il est aussi indispensable de juguler la récession et de relancer la croissance. Je veux le dire ici : ce qui est possible, en termes de mobilisation et de moyens financiers réunis, pour juguler la crise financière, nous devons demander que ce soit aussi possible pour relancer la croissance économique et l'emploi. Car elle est là la nouvelle civilisation européenne qui fera repartir l'ascenseur social : dans la satisfaction des besoins des hommes et des femmes, dans la formation professionnelle, tout ce qui fait la dimension humaine et tout ce qui permet à un pays de progresser, de créer, de construire, de développer les entreprises, d'améliorer le système scolaire. C'est là que l'on doit investir, en particulier dans les immenses chantiers du développement écologique. Ils sont immenses, ces chantiers ! Il y a là un potentiel considérable avec, comme nous le disions tout à l'heure à l'usine, tous les enjeux sur le véhicule propre. C'est bien évidemment cela qu'il faut prendre à bras le corps. Quand on verra tous les chefs d'État et de gouvernement d'Europe prendre ces sujets à bras le corps et mettre sur la table autant de moyens financiers qu'ils en ont mis pour régler la crise financière, alors on saura enfin que l'Europe existe, on saura enfin que la civilisation européenne existe.
Je vous disais tout à l'heure qu'au fond, cette crise est l'occasion de réfléchir au modèle de société que nous voulons. Eh bien regardez : on le touche ici du doigt. Pourquoi faudrait-il que les besoins élémentaires des hommes et des femmes et tout ce qui permet le progrès humain ne soient pas rentables économiquement ? Mais si, cela peut être rentable ! Si l'on organise l'économie en fonction des besoins humains.
Souvenez-vous de 1936 : le Front Populaire met en place les congés payés, des millions de travailleurs partent en vacances. Aujourd'hui, grâce à cette loi et parce que nous avons un très beau pays, nous avons aussi les plus belles industries touristiques du monde. Les congés payés ont donc créé des emplois. Ils n'ont pas seulement créé des charges, comme certains patrons le hurlaient déjà à l'époque. Ils ont permis l'essor de nouvelles filières de développement économique.
Autre exemple : en 1945, quand la Sécurité Sociale assure la protection et la santé de millions de personnes, il y en avait aussi qui disaient que cela coûtait trop cher, que cela pèserait trop sur les coûts des entreprises. Mais qu'est-ce que cela a permis ? Cela a permis le développement de remarquables laboratoires pharmaceutiques, une des meilleures médecines au monde, de la recherche extraordinaire, des Centres hospitaliers universitaires de pointe. Qui donc peut aujourd'hui prétendre que la réponse aux besoins sociaux, sanitaires et éducatifs d'un pays serait contraire à son développement économique ? Et que dire de tout le potentiel de développement des emplois dans les services à la personne avec l'avancée vers le grand âge et la revendication de continuer à vivre comme tout le monde ? Il y a là aussi un potentiel de développement économique considérable.
Enfin, je le disais mais on ne le répètera jamais assez, sur la question du réchauffement planétaire, là aussi, un modèle de civilisation est à construire face à un système qui épuise nos ressources. Voilà un immense chantier qui doit mobiliser les entreprises ! Immense ! Les États, les sociétés, les citoyens, les associations, les entreprises : tout le monde devrait être mobilisé sur ce chantier. La croissance économique sera écologique, c'est évident. La liste est très longue des travaux à engager : les énergies renouvelables, la reconquête des paysages, l'accès à l'eau potable dans le monde entier avec, par exemple, les usines de désalinisation de l'eau de mer. Pour juguler les épidémies, il y a des chantiers considérables. Pour construire des transports propres, il y a des chantiers considérables. Et je ne parle pas de l'habitat, avec les économies d'énergie, les travaux d'isolation, le recours aux énergies renouvelables pour que chaque citoyen paye beaucoup moins de charges. Il y a là des carnets commande pour des dizaines d'années. C'est tout un cycle économique qui s'ouvre devant nous.
Mais la crise financière détourne les flux d'argent vers autre chose que la satisfaction de ces besoins considérables, qui permettrait de faire progresser l'humanité. Elles existent bien, ces masses financières. Il faut donc une autorité publique nationale, européenne et internationale qui ait le courage politique et la force politique, appuyée sur la volonté des citoyens, de dire : les flux financiers vont aller vers ces filières de développement économique. C'est ainsi que la croissance repartira, que des emplois seront créés, que le pouvoir d'achat augmentera. Vous voyez qu'un nouvel ordre économique est possible. Un nouvel ordre économique tout simplement au service de l'être humain et au service de la protection de la planète.
C'est pourquoi je voudrais vous dire qu'il y a toutes les raisons d'être inquiets si l'on continue à se fier à un modèle financier à bout de souffle. Mais il y a aussi toutes les raisons d'espérer. Moi, je ne veux pas que les citoyens désespèrent. Je veux que l'action politique serve à quelque chose. Je veux que les citoyens pèsent pour que ce nouveau modèle de société se réalise.
Même si, aujourd'hui, nous ne sommes pas aux responsabilités à l'échelle nationale, nous le sommes sur de nombreux territoires et nous pouvons aussi faciliter l'émergence de ce nouveau modèle par une opposition très pressante, très précise, exigeante, en appui sur les citoyens.
Si l'on croit que l'histoire – moi, je le crois – nous donne rendez-vous une nouvelle fois pour faire émerger ce qu'il y a de meilleur dans l'économie, c'est à dire la satisfaction des besoins élémentaires, au premier rang desquels l'éducation, la formation et la sauvegarde de la planète, alors, j'en suis convaincue, chacun trouvera sa place dans ce nouvel ordre qui va additionner les chances plutôt que gâcher les richesses et les talents.
Voilà pourquoi ce sera un ordre juste.
Un ordre économique, social, écologique juste et efficace.
Le devoir des socialistes a toujours été de s'engager pour changer le cours des choses. Aujourd'hui, le devoir des socialistes, c'est d'aider le nouveau monde à émerger.
C'est, pour commencer, de donner à tous, comme j'ai voulu le faire ce soir, l'information indispensable.
Vous le savez, on s'en est même parfois un peu moqué, j'ai toujours défendu la démocratie participative et j'y crois plus que jamais.
Pourquoi est-ce que j'y crois plus que jamais ?
Parce que les puissants ont toujours utilisé l'ignorance et la peur pour que les gens se replient sur eux.
Le combat des socialistes a toujours été un combat contre l'ignorance.
Souvenez-vous de l'éducation populaire, de ce mot magnifique d'éducation populaire. Le Parti Socialiste que j'appelle de mes vœux devra mettre en place des universités populaires pour que tout le monde ait accès aux informations et pour qu'on ne nous dise plus : il y a ceux qui peuvent savoir et il y a ceux qui, de toute façon, n'y comprendront rien. Non ! C'est très simple, au fond, de comprendre. Moi, je veux que chaque citoyen soit un observateur compétent de ce qui se passe, capable de déchiffrer les différentes stratégies. Capable d'en discerner les raisons obscures ou inavouables et de les déjouer. Capable d'en apprécier certaines et de les soutenir. C'est une exigence démocratique essentielle.
Je suis, par exemple, profondément convaincue que si les Français, l'opinion publique française, avaient compris l'année dernière la crise des subprimes, on aurait parfaitement compris que ça allait aussi contaminer les banques françaises. Et on aurait dit : mais pourquoi personne ne bouge ? Qu'est-ce qui se passe ? C'est comme dans l'environnement, quand on nous a fait croire que le nuage de Tchernobyl s'arrêtait aux frontières, vous vous souvenez ? Chaque fois qu'il y a du secret, chaque fois qu'il y a de l'opacité, c'est la même chose.
Regardez le drame de l'amiante. Les victimes de l'amiante sont obligées d'aller manifester pour quémander quelques milliers d'euros pendant que de l'autre côté, dans le système financier, ils s'en sont mis plein les poches. C'est révoltant de voir au même moment à la télévision des gens qui ont perdu leur famille, qui ont perdu leur père, qui ont perdu leur mère à cause de l'amiante dans les usines, qui doivent manifester pour qu'on leur accorde réparation, et, en même temps, des financiers véreux qui sont toujours en place ! Il y a quand même quelque chose qui ne tourne pas rond. Et ça, tous les socialistes le refusent.
Le combat social a ceci de commun avec le combat écologique : chaque fois que quelque chose est caché, chaque fois qu'on nous dit « c'est trop compliqué, c'est technique, vous ne pouvez pas comprendre, on va décider pour vous », en général, ça finit assez mal.
Moi, j'ai toujours cru à l'intelligence des citoyens. Toujours !
Et à leur droit fondamental d'accéder à l'information. Aujourd'hui, cette exigence démocratique, c'est aussi une autre façon d'exercer le pouvoir. Quand les gens sont informés, on est obligé de leur rendre des comptes. On est donc obligé de s'interroger sur la logique de ses propres décisions de responsable politique parce qu'on se dit qu'on va avoir devant soi des citoyens exigeants, qui auront été informés, auxquels on n'aura rien caché, qu'on n'aura pas privés de la compréhension du monde dans lequel ils vivent et de la conscience des éventuels dégâts qu'ils peuvent subir. De plus, ces citoyens sont des contribuables et, par leur travail, ils contribuent à la richesse du pays. La moindre des choses, c'est donc de leur permettre de comprendre ce qui se passe et de les associer aux décisions qui les concernent.
Vous le voyez : jamais le monde n'a eu autant besoin des combats de la gauche et de ses valeurs de justice et de fraternité.
Il n'y a pas si longtemps, on nous disait : « le socialisme ? Mais c'est dépassé ! La gauche, c'est l'inefficacité économique ». Eh bien, il est beau, le résultat de l'idéologie du libéralisme de droite ! On l'a sous les yeux. Alors, ne l'oublions pas de sitôt. Car ce qu'ils vont chercher à faire, quand les choses seront un peu rétablies, c'est que tout cela soit oublié et qu'on ne remette plus en cause leurs fondamentaux. Mais nous sommes là ! Nous sommes vigilants ! Vous êtes nombreux et c'est la vigilance de chacun de vous qui va compter.
Élargissons notre vision : nous voyons alors que le principal danger qui se profile si l'on ne remet pas les choses à l'endroit et dans le bon ordre que j'évoquais tout à l'heure, c'est la guerre économique. Que se passe-t-il, dans une guerre économique ? Il y a la montée des violences. Il y a la montée du chacun pour soi. Il y a la montée de la peur de l'autre. Il y a la montée du désespoir, du rejet de la politique, du gouffre entre, d'un côté, les puissants et les politiques et, de l'autre, le peuple. On sait à quoi cela mène : à la montée des régimes totalitaires, à l'intégrisme, aux terrorismes.
Personne ne pourra dire que l'on ne savait pas. Personne !
On sait, on voit ce qui se passe. On sait qu'il faut réformer radicalement la trajectoire que prend aujourd'hui l'économie et la trajectoire que prend aujourd'hui la planète. On le sait ! Et on a les moyens de modifier cette trajectoire pour peu qu'on change le rapport de force entre, d'une part, le petit nombre de ceux qui profitent du système (tous les dirigeants des banques ont bénéficié du bouclier fiscal, tous, et cela aussi il ne faudra pas l'oublier) et, d'autre part, tous les autres, les plus nombreux. Personne ne pourra donc dire que l'on ne savait pas.
Alors, j'ai envie de vous dire : bougeons-nous ! Bougeons-nous !
Pour que nos enfants et les générations qui viennent ne puissent pas dire : mais comment, ils n'ont rien vu venir ? Ou, pire encore : ils ont vu venir et ils n'ont rien fait. Je ne veux pas de cela ! Nous ne voulons pas de cela parce que, oui, nous voyons les choses venir. Oui, nous avons parfaitement identifié ce qui ne va pas. Oui, nous savons parfaitement comment il faut changer les choses.
Puisque nous savons, puisque nous sommes des citoyens responsables et engagés à gauche, nous avons la chance de pouvoir agir et nous avons le devoir d'inventer ce nouveau monde qui ne demande qu'à naître. Voilà la tâche éminente des socialistes et de la gauche.
Pour terminer, j'ai trouvé pour vous une très jolie phrase de Jean-Marie Le Clézio qui vient d'obtenir le Prix Nobel de littérature et qui, d'ailleurs, parlait beaucoup de littérature métissée, de la rencontre de l'ici et de l'ailleurs. Le Clézio a écrit ceci en 1978, dans un très beau livre qui s'appelle « L'inconnu sur terre » : « Contre l'avidité des marchands, contre l'ignorance et la méchanceté des nantis, contre la stupidité guerrière des nations qui organisent les tueries et les famines, les peuples pauvres ont cet invincible pouvoir : le silence, la lumière ».
Alors ce soir, j'ai envie de vous dire qu'être socialiste, c'est donner à tous - non seulement aux peuples pauvres mais à tous les peuples et à tous les citoyens, au-delà du silence qui dit parfois beaucoup de choses, Le Clézio a raison - la force de prendre la parole, d'imposer un autre rapport de forces et un autre monde, de sorte qu'il ne puisse y avoir qu'un seul vainqueur : le progrès de l'humanité.
Source : Désirs d'Avenir
Interview de Ségolène Royal par le Nouvel Observateur
En pleine crise financière, vous réclamez qu’on interdise les licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices. Dérapage ? – Non seulement ce n’est pas un dérapage, mais je le fais déjà en Poitou-Charentes ! J’ai été la première présidente de région à interdire aux entreprises qui font des bénéfices de licencier ou de délocaliser, sous peine de devoir rembourser toutes les aides que la région leur a versées. C’est beaucoup plus moderne et plus efficace qu’une interdiction administrative. En France, toutes les entreprises bénéficient d’aides publiques, ne serait-ce que sous la forme d’exonérations de charges : la collectivité y consacre quand même 65 milliards d’euros chaque année. Tout le monde réclame aujourd’hui un retour aux règles, y compris ceux qui fustigeaient hier encore toute tentative d’intervention de l’État. Pourquoi, limiter la régulation à la seule finance ?
Vous ne faites pas confiance aux solutions évoquées au plan international ? – Je pense qu’il y a un déficit démocratique et de transparence grave qui d’ailleurs explique une partie de la crise. Les pseudo-compétents, les super-diplômés, le fin du fin de la finance internationale, tous ceux qui ont conduit le système à sa perte en s’en mettant plein les poches et qui nous ont envoyés dans le mur savaient que le système était devenu fou. Or ils voudraient aujourd’hui qu’on les laisse faire sans exiger qu’ils rendent des comptes. Ce sont pourtant des centaines de milliards d’euros qui sont mis en jeu par le contribuable.
Il ne fallait pas le faire ? – Si bien sûr, mais pour l’instant ces décisions relèvent essentiellement du court terme. Les États injectent des sommes pour sauver les banques sans mettre de conditions sur le modèle de société que nous voulons. Si on éteint l'incendie, mais que le feu continue à couver sous la cendre, c'est-à-dire si le système se rétablit tel qu'il est, alors la crise à venir sera beaucoup plus violente et beaucoup plus profonde. Et on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Donc il y a une obligation de réforme en profondeur. Regardez ! Même le mode de rémunération des traders n’a pas été revu. Je crains que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Ça va recommencer et certains experts viendront nous expliquer qu’il faut à nouveau colmater les brèches. Eh bien non ! Les Français méritent autre chose.
Le Medef a pourtant promis de s’attaquer aux parachutes dorés… – Je ne fais aucune confiance au Medef et à tous les banquiers qui y siègent pour établir des codes de bonne moralité ! Puisque Nicolas Sarkozy a parlé à juste titre de sanctions, ce qui est attendu, c’est que tous les responsables bancaires qui ont fauté soient interdits de profession bancaire. Sinon tout n’est qu’incantation.
Les Français sont-ils résignés ou en colère ? – Les Français sont ébahis : le pouvoir d’achat plonge, nous découvrons un nouvel impôt tous les mois… Et soudain des milliards d’euros pleuvent pour sauver les banques alors qu’on nous dit depuis des mois qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses. Encore une fois, je ne conteste pas la nécessité de ces plans de sauvetage. Mais j’attends par exemple que la puissance publique reste durablement dans le capital des banques sauvées, pour garantir un nouvel ordre économique juste et efficace.
Que préconisez vous ? – La page du libéralisme est tournée. Mettons la finance au service de l’économie productive et pas au service d’elle-même ; et l’économie au service du développement humain et écologique. Je propose de réglementer les reventes de créances douteuses parce que c’est ce qui a mis le feu au système. Il faut également créer une véritable banque publique pour financer durablement les PME et relancer l’économie : sous couvert de crise, on ne peut pas laisser le gouvernement accentuer la rigueur, privatiser les services publics et la Poste, et ce, alors que le pouvoir d’achat et le chômage sont les premiers problèmes des Français... Je pense que la création d’un ministère franco-allemand du développement économique destiné à financer la croissance verte serait formidable : il préfigurerait les grands travaux que l’on pourrait lancer au niveau européen. La Banque centrale européenne doit également pouvoir jouer un rôle de vrai gendarme auprès des banques. Il faut enfin s’attaquer au problème des paradis fiscaux et du secret bancaire pour de bon. Et c’est vrai que les questions récurrentes posées sur le Luxembourg, la Suisse ou le Liechtenstein mériteraient d’être résolues … Ce serait une belle preuve de courage et de discernement !
Propos recueillis par Matthieu Croissandeau
Source : "Haro sur les banquiers fautifs" - Saint-Denis d'Avenir
Un militant socialiste donne une interview choc sur Ségolène Royal
Ségolène Royal est contestée au PS et de nombreux observateurs lui prédisent un congrès difficile.
Le problème du Parti socialiste n'est pas Ségolène Royal, mais la formidable mauvaise foi de ceux qui lui contestent sa légitimité. Voilà une personnalité qui a été désignée démocratiquement par 60% des militants, menée campagne quasiment seule (avec l'appui des militants et des élus locaux), qui a effacé le souvenir douloureux de 2002 et réussi à faire bonne figure au second tour. Et qu'est-ce qu'on entend ? Qu'elle ne serait pas légitime à diriger le PS. La mauvaise foi est d'autant plus flagrante que ni Mitterrand ni Jospin (qui ont tous deux échoué à deux reprises à l'élection présidentielle) n'ont subi un tel procès.
Quelles sont les forces et les faiblesses de Ségolène Royal ? - Ségolène Royal est une personnalité charismatique dont l'image est bien installée dans le pays et notamment dans les couches populaires où elle réalise ses meilleurs scores en terme de popularité. Elle a gagné la bataille de l'incarnation. Oui, elle incarne une certaine gauche, optimiste, volontaire, métissée, décomplexée sur un certain nombre de sujets et qui n'hésite pas à briser les codes, à innover. Cependant elle souffre encore d'un déficit de présidentiabilité. Elle n'a pas encore gagné sa stature de femme d'État, malgré ses efforts et ses nombreux déplacements à l'étranger. Le facteur machiste n'explique pas tout. Elle doit s'améliorer au niveau de la connaissance des dossiers et montrer plus d'assurance dans ses options politiques.
Bertrand Delanoë et Martine Aubry la devancent désormais très nettement dans les sondages, notamment chez les sympathisants socialistes. Est-ce le début de la fin de l'astre Royal ? - Il n'y absolument là rien de surprenant. Elle a tout de même perdu l'élection présidentielle! A l'inverse, Bertrand Delanoë et Martine Aubry ont été brillamment réélus à la tête de leurs villes qui sont deux grandes métropoles. Il y en quelque sorte la prime aux vainqueurs. Cependant si regardez les choses de plus près, vous remarquez que Ségolène Royal résiste finalement assez bien, dans la mesure elle n'a pas du tout le soutien du parti et qu'elle subit quand même des attaques quasi quotidiennes de ses camarades qui sont moins pressés de demander des comptes à Lionel Jospin sur son lamentable échec de 2002 qu'à réclamer la tête de l'ex candidate. Sa détermination à vouloir exister politiquement au sein et en dehors du PS est même impressionnante. J'y vois là une remarquable force de caractère.
Revenons au congrès. Pensez-vous qu'elle a encore une chance de s'imposer et de devenir première secrétaire ? - Contrairement à ce que j'entends ici là, les jeux sont loin d'être faits. Ségolène Royal reste populaire chez les militants et l'hostilité folle des éléphants à son endroit a soudé son camp. Sa motion est en tête des signatures (loin devant celles de Bertrand Delanoë et de Martine Aubry), les réunions publiques animées par les tenants de sa motion sont celles qui rassemblent le plus de militants. Je pourrai multiplier les exemples. Aussi je vous invite à ne pas tomber dans le piège de l'intox et des sondages qui sont loin de refléter la réalité du terrain. Allez assister aux meetings de Bertrand Delanoë ou de Martine Aubry. Vous serez frappé par le faible nombre de militants qui y participent. Même Vincent Peillon, l'un des proches de Ségolène Royal, attire à lui tout seul plus de monde. La tentation de manipuler l'opinion est d'ailleurs très forte chez certains médias, surtout en cette période d'avant-congrès. Les articles de Libération sont d'ailleurs, sur ce point, très édifiants. Que ce journal de gauche affirme son soutien à Bertrand Delanoë, cela ne me choque pas. Mais qu'il nous ponde quasiment tous les jours un article dénigrant Ségolène Royal, on peut légitimement s'interroger sur la tentative d'influer sur le choix des militants. Par ailleurs il faut bien admettre que les autres ténors ont l'avantage de s'appuyer sur le poids de l'appareil et des cadres. Ce qui n'est pas négligeable, compte tenu du réflexe légitimiste que l'on peut observer dans certaines fédérations et chez certains militants.
Concernant le poste de premier secrétaire, je pense que Ségolène Royal a fait l'impasse. Elle n'y voit finalement que des avantages à ne pas y aller. Les échéances électorales qui attendent le PS s'annoncent difficiles. Les européennes risquent de tourner à la débâcle et il est presque certain qu'il ne conservera pas les 20 régions sur 22 qu'il détient. En outre, le congrès risque de ne pas dégager une majorité claire. Donc on risque d'avoir un premier secrétaire obligé de composer et d'amadouer les autres courants. Ce dont Ségolène Royal se sent totalement incapable. C'est un personnage qui aime avoir les coudées franches et qui a un goût prononcé pour l'autorité. Or il s'avère qu'elle ne veut pas simplement rénover le PS, en changeant deux ou trois choses, mais elle le veut le révolutionner complètement pour en faire une véritable machine de guerre, capable de concurrencer fortement l'UMP, quitte à y introduire un élément bonapartiste inconnu dans la culture de gauche. Pour ma part, je n'y suis pas contre tant que ça rend le parti à nouveau offensif et attractif.
En tout cas il est sûr que si sa motion arrivait très largement en tête au soir du 6 novembre (jour du vote) - ce qui n'est pas à exclure, mais difficilement envisageable en l'état actuel - je ne vois pas pourquoi elle ne ressortirait pas sa candidature du « frigo ».
En cas de défaite au congrès que pensez-vous qu'elle va faire ? - Elle va continuer à travailler, à voyager à l'étranger et à sillonner la France. Elle a prouvé que c'était une femme endurante et extrêmement déterminée. Le danger pour elle serait qu'elle voit fendre ses derniers soutiens au sein de la direction et qu'elle soit fortement marginalisée. Mais gageons qu'elle saura transformer cette marginalisation en force si jamais les divisions et les conflits d'égo reprenaient de plus belle au parti. Le fait d'être en retrait pourrait même la servir. Rusée qu'elle est, elle a déjà commencé à sillonner ses terres de Poitou-Charentes et à préparer sa réélection, histoire d'être en position de force en 2011, date de la désignation du candidat socialiste par les militants.
Finalement qu'est-ce qui distingue Ségolène Royal des autres ténors socialistes et comment jugez-vous l'attitude de Bertrand Delanoë et de Martine Aubry à son endroit ? - Sur la forme, Ségolène Royal est une personnalité qui - comme je l'ai dit plus haut - ai dotée d'un fort charisme. Un charisme qui irradie l'endroit où elle apparaît. Ce n'est pas de la poésie, c'est un constat. Il est tout à fait incontestable que cette femme - au demeurant très belle - dégage quelque chose de particulier. Ce qui n'est pas le cas des autres. Notamment de Bertrand Delanoë, de Martine Aubry ou même de DSK qui nous renvoient une image assez classique et - disons le franchement - soporifique du parti socialiste. Mais c'est surtout une personnalité qui a réussi - c'est à mettre à son crédit - le miracle de réveiller un parti socialiste que François Hollande a maintenu dans un terrible état de léthargie et de paresse intellectuelle. Allez dans les sections et écoutez les réactions passionnées qu'elle provoque. Ca ne s'est jamais vu au PS! La radicalité des sentiments qu'elle suscite est incroyable. Ségolène Royal fascine ou irrite, mais ne laisse personne indifférente. C'est à la fois une force et une faiblesse. François Mitterrand a su en faire une force. Et l'histoire présidentielle montre que les Français n'aiment pas élire des candidats trop consensuels, trop lisses (Edouard balladur, Lionel Jospin peuvent en témoigner). Ils ont plutôt tendance à consacrer des candidats qui clivent (Nicolas Sarkozy étant le dernier en date).
C'est aussi le Zénith (j'y étais) : une rupture radicale avec les messes socialistes habituelles, qui a aussi bien marqué les esprits qu'il a été vilipendé par les médias (à l'exception de Marianne qui a su garder son calme dans cette affaire et analysé l'évènement avec objectivité) et qui d'ores et déjà s'apprête à être un objet d'étude.
Sur le fond, elle a défendu des thèmes dont j'affirme - sans l'ombre d'un doute - qu'ils sont porteurs : la démocratie participative, l'ordre juste, la France métissée, l'encadrement militaire des primo-délinquants, les jurys citoyens, etc. Allez dans les quartiers populaires et demandez aux gens s'ils sont contre la démocratie participative, contre l'ordre juste (surtout en ce temps de crise financière et de crise économique), contre la France métissée, contre l'encadrement militaire des primo-délinquants, contre les jurys citoyens. Tous ces thèmes font mouche auprès de l'électorat populaire (tout le défi pour Ségolène Royal étant de les traduire en un corps de doctrine plus dense, plus travaillé, plus cohérent et qui insiste puissamment sur la dimension aussi bien sociale que sociétale).
Enfin quant à l'attitude de Bertrand Delanoë et de Martine Aubry, elle est symptomatique d'un Parti socialiste qui joue plus que jamais sur l'effet zapping. Les deux n'ont pas de divergences idéologiques avec la première. Ce sont tous des sociaux démocrates pro-européens. La vraie divergence est, en réalité, plus triviale: ni le maire de Paris ni la maire de Lille ont digéré la désignation de Ségolène Royal à la candidature présidentielle et d'avoir coiffé sur le poteau leurs ambitions (qu'ils n'ont jamais eu le courage d'assumer). Bertrand Delanoë, depuis son élection à la mairie de Paris, rêve d'un destin élyséen, même s'il a beau s'en défendre derrière une langue de bois sophistiquée. Quant à Martine Aubry, elle considère - à tort ou raison - que l'honneur d'être la première femme à représenter le PS à l'élection présidentielle aurait dû lui revenir, ne serait-ce qu'en raison de son passé ministériel et de sa filiation avec un grand nom de l'histoire du PS, Jacques Delors. C'est cela la vraie divergence - qui prend les allures d'un véritable règlement de compte - entre ceux qui incarnent les héritiers de la jospinie et celle qui n'aurait pas dû être là où elle se trouve. Aussi je ne peux m'empêcher de rire quand j'entends dire qu'il y a un problème de leadership au PS. Le PS a un leader, mais les autres ténors et les médias font comme si il n'existait pas. Ce leader porte un nom : Ségolène Royal. L'argument est tellement martelé que les militant ont fini par se laisser convaincre. D'où l'état d'éclatement actuel du PS. On peut d'ailleurs remercier François Hollande qui a tout fait pour diluer ce leadership (qui aurait tout naturellement dû revenir à l'ex-candidate, comme cela fut le cas pour Lionel Jospin) en maintenant vaille que vaille le calendrier du congrès, alors qu'un message fort aurait dû immédiatement être délivré à la population après la défaite aux présidentielles et aux législatives. Une fois de plus les considérations d'appareil et de carrière ont pris le pas sur la raison. Et maintenant on a droit à un feuilleton quotidien (et télévisé) où le PS donne à l'opinion l'image épouvantable de ses divisions, de ses combats d'égo, de la guerre de chef. Soyez certains que c'est François Hollande qui se réjouit du spectacle. Lui qui espère tirer ses marrons du feu et préserver ses propres ambitions présidentielles. Et il est - pour le coup - étonnant, étrange que soit Bertrand Delanoë qui vienne cautionner et légitimer cette attitude mortifère en faisant alliance avec ce dernier et en revendiquant son héritage. A t-il pensé lui aussi à sa carrière personnelle ou à l'avenir du parti ? Je pose la question.
Quant à Martine Aubry, son alliance surprenante avec les fabiusiens (qui incarnent soit disant l'aile gauche), les strauss-kahniens et les amis d'Arnaud Montebourg (qui n'a d'amis que lui-même car ses troupes l'ont quasiment toutes abandonné) ne repose sur aucun fond idéologique (quoi de plus différent qu'un strauss-kahnien et un fabiusien), mais sur un seul objectif (qui constitue le seul dénominateur commun) : empêcher Ségolène Royal de prendre la tête PS. Bref, un véritable combat d'arrière-garde, avec la détestation d'une personnalité du parti comme source de motivation. C'est tout simplement effrayant. Et je crains que les militants sincères qui soutiennent cette démarche soient les dindons de cette sinistre farce.
Finalement le seul qui est plus ou moins cohérent dans son opposition à Ségolène Royal , c'est le jeune Benoît Hamon (qui est un jeune cadre brillant et plein d'avenir). Lui soulève des vraies divergences idéologiques qui sont autrement plus intéressantes que le désir de Bertrand Delanoë de prendre la place de l'ex-candidate dans le cœur des militants ou des envies de revanche de Martine Aubry. En tout cas, il est de loin le plus respectable (avec Jean Luc Mélenchon) dans son opposition à Ségolène Royal.
Pour conclure quel avenir voyez-vous à Ségolène Royal ? - Je ne suis pas devin. Mais je pense qu'elle n'a pas fini de nous surprendre et que ses rivaux feraient une lourde erreur de vouloir l'écarter un peu trop vite de la vie du PS. C'est une personnalité qui compte dans le paysage politique français et dont l'influence morale demeure forte. Ce qui n'est pas forcément le cas de ceux qui lui contestent actuellement le leadership.
Si Ségolène Royal continue de travailler, donne une densité et une clarté bienvenues à sa pensée politique, gagne en présidentiabilité, ne se coupe pas de la base et conforte son image auprès des militants socialistes et de l'électorat de gauche, elle peut parfaitement réussir son pari de rempiler pour une deuxième tentative présidentielle en 2012. Je ne vois pas qui pourrait alors lui barrer la route. C'est en tout cas mon souhait.
Interview accordé à un journaliste de BFM (mais non diffusée) par Freddy PAMBOU, un militant socialiste de base.
Source : lepost.fr
Biographie de Ségolène Royal
Ségolène Royal, née Marie-Ségolène Royal le 22 septembre 1953 à Dakar, au Sénégal (à l'époque AOF), est une femme politique française membre du Parti socialiste et l'ancienne compagne de François Hollande.
Ancienne députée, ancienne ministre des gouvernements Bérégovoy et Jospin, elle est actuellement toujours présidente du conseil régional de Poitou-Charentes. Elle est également la première femme à avoir accédé au second tour de l'élection présidentielle, qu'elle a perdu face à Nicolas Sarkozy, le 6 mai 2007.
Ségolène Royal, de son vrai nom Marie-Ségolène Royal, naît le 22 septembre 1953, à Dakar (arrondissement de Ouakam en AOF). Elle est la fille de Jacques Royal (1920 - 1981), lieutenant-colonel d'artillerie de marine, adjoint au maire de Chamagne (Vosges), chevalier de la Légion d'Honneur, lui-même fils du général de brigade Florian Royal (1891 - 1975), polytechnicien (X 1912), officier de la Légion d'Honneur, et d'Hélène Dehaye, qui eurent huit enfants en neuf ans (Marie-Odette, Marie-Nicole, Gérard, lieutenant-colonel à la DGSE (protagoniste de l'affaire du Rainbow Warrior), Marie-Ségolène, Antoine, Paul, Henry et Sigisbert).
Sa famille habite la Martinique pendant trois ans en raison d'une autre affectation de son père en 1960. Elle est alors élève du pensionnat Saint-Joseph de Cluny à Fort-de-France. À son retour en métropole, la famille Royal s'installe dans le village de Chamagne, près d' Épinal, dont elle est originaire.
Elle effectue ses études primaires et secondaires à Charmes (Vosges), puis intègre le lycée privé Saint-Joseph d'Épinal en 1968 et obtient le baccalauréat B, en sciences économiques. Elle est jeune fille au pair à Dublin (Irlande) pendant l'été 1971. Après une licence de sciences économiques à l'Université Nancy II, elle est diplômée de Sciences Po en 1978. Cette année-là, âgée de 25 ans, elle assigne son père en justice et gagne, car ce dernier refusait de financer les études de ses enfants.
Elle intègre ensuite l'École nationale d'administration, promotion Voltaire. Pendant sa scolarité, elle fait un stage en Martinique en 1978. Elle en sort en 1980 (95e de sa promotion), et choisit un poste de magistrat au tribunal administratif de Paris. En 1994, elle passe l'examen d'avocat au barreau de Paris tout en siégeant à l'Assemblée nationale et au conseil général des Deux-Sèvres, et entre au cabinet Teitgen.
À la fin des années 1970, elle rencontra François Hollande lors d'une soirée de l'École nationale d'administration. Sorti de l'ENA à la Cour des comptes, il est depuis 1997 premier secrétaire du Parti socialiste. Ils ont eu quatre enfants : Thomas (1984), qui s'est occupé de la campagne sur le web de sa mère et du site Segosphere.net, Clémence (1985), Julien (1987) et Flora (1992). Il conclurent un PACS en 2001. La rupture entre Ségolène Royal et François Hollande a été annoncée sur le site de l'hebdomadaire Marianne, ainsi que par la diffusion d'un extrait d'une interview exclusive sur la station de radio "France Inter" le soir du 17 juin 2007, jour du second tour des élections législatives françaises de 2007.
Études
Elle effectue ses études secondaires à Charmes (Vosges) avant d'intégrer le lycée privé Saint-Joseph d'Épinal en 1968. Après le baccalauréat, elle obtient une licence de sciences économiques à l'Université de Nancy II puis est diplômée de Sciences-Po en 1978. Elle intègre ensuite l'École nationale d'administration dont elle sort diplômée en 1980 (95e de la promotion Voltaire) et choisit une affectation de magistrat au tribunal administratif. En 1994, elle passe le concours d'avocat au barreau de Paris tout en siégeant à l'Assemblée nationale et au conseil général des Deux-Sèvres, et entre au cabinet Teitgen.
Carrière politique
Conseillère de tribunal administratif en disponibilité, elle est remarquée par Jacques Attali, et devient de 1982 à 1988 conseillère technique au secrétariat général de la présidence de la République, chargée d'abord de la jeunesse et des sports, puis des affaires sociales. En 1983, elle souhaite s'implanter électoralement à Villers-sur-Mer (Calvados), commune de résidence de sa mère. Cependant, devant le refus du maire d'alors, si l'on en croit les propos de Micheline Vincent, elle s'éloigne de quelques kilomètres et rejoint la liste d'« Union de la gauche » de Trouville-sur-Mer, menée par Gilbert Hurel (PS). La liste battue, elle devient conseillère municipale d'opposition. Elle démissionne de ce poste fin 1985.
En 1988, elle est « parachutée » par François Mitterrand dans les Deux-Sèvres, où, après une campagne vigoureuse, « expliquant aux paysans qu'elle allait leur donner des cours d'anglais dans les villages pour qu'ils puissent exporter leur chabichou », elle est élue députée de la 2e circonscription, celle de Saint-Maixent-l'École. Commentant son succès, elle déclare : "Pour un parachutage, l'atterrissage est réussi". En 1995, elle obtient l'investiture du Parti socialiste pour l'élection à la mairie de Niort mais échoue face au maire socialiste sortant Bernard Bellec qui avait refusé de se retirer.
Elle a annoncé en 2006 qu'elle ne se représenterait pas au poste de députée. Le PS a investi Delphine Batho pour lui succéder.
Actions et postes majeurs
Ministre de l'Environnement :
Du 3 avril 1992 au 29 mars 1993, elle est ministre de l'Environnement du Gouvernement Bérégovoy. Durant son ministère, elle s'attache aux questions du traitement et du recyclage des déchets, des nuisances visuelles et sonores et aux problèmes liés à l'eau. Elle fait voter une loi sur le traitement et le recyclage des déchets (loi de juillet 1992), avec un soutien aux technologies innovantes pour le traitement et la collecte des déchets.
Contre les nuisances, elle fait voter une loi de lutte contre le bruit (loi-cadre de décembre 1992) avec la prévention du bruit des transports, dans les bâtiments publics (les cantines scolaires par exemple), les lieux de travail, etc. Elle fait ensuite voter une loi sur la « reconquête des paysages » (loi de janvier 1993), suivie de la labellisation de cent paysages et de leurs produits (opération « Sauvons nos paysages, savourons leurs produits »).
Elle s'attache aux problèmes liés à l'eau en travaillant à l'application de la loi sur l'eau votée peu de temps avant sa prise de fonction, à l'initiative de son prédécesseur, Brice Lalonde : création d'une Direction de l'eau au sein du ministère, lancement des schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), augmentation du budget des agences de l'eau, réforme de la police des eaux (coordination internationale de la gestion de l'eau).
Ministre déléguée à l'Enseignement scolaire :
Du 4 juin 1997 au 27 mars 2000, elle est ministre déléguée à l'Enseignement scolaire du Gouvernement Jospin auprès du ministre de l'Éducation nationale Claude Allègre. Elle abandonne alors son mandat de député qu'elle reconquiert en juin 2002. Durant son mandat, elle s'attache à l'aide aux enfants défavorisés ou en difficultés scolaires avec la relance des zones d'éducation prioritaire, la création de fonds sociaux pour les élèves (comme le fond social pour les cantines scolaires), la création des heures de soutien scolaire ou encore la création des classes et des premiers internats-relais.
En matière d'éducation, elle fait de la maîtrise des langages la priorité à l'école maternelle. Elle s'attache à la rénovation de la pédagogie au collège avec notamment l'instauration des « itinéraires de découverte » et à l'aménagement du temps de l'enfant avec la création des contrats éducatifs locaux et l'éducation à la citoyenneté. Elle instaure la « Semaine des parents à l'école » et soutient une campagne nationale pour les élections des représentants de parents d'élèves. Enfin, elle met en œuvre des « Initiatives citoyennes » pour apprendre aux enfants à vivre ensemble et rend l'éducation civique obligatoire au brevet des collèges.
En matière de sécurité, elle s'attache à la défense des droits de l'enfant et à la lutte contre la violence à l'école (loi de juin 1998 relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles ainsi qu'à la protection des mineurs). Elle fait voter également la loi de juin 1998 contre le bizutage, soutient des campagnes de sensibilisation contre le racket et met en place le numéro SOS Violences. Enfin, dans le domaine de la santé, elle s'attache à la revalorisation du rôle des infirmières scolaires et rend disponible gratuitement la pilule du lendemain dans les lycées.
Ministre déléguée à la Famille et à l'Enfance :
Du 27 mars 2000 au 27 mars 2001, elle est ministre déléguée à la Famille et à l'Enfance du Gouvernement Jospin auprès de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité, brièvement Martine Aubry puis Elisabeth Guigou. Ensuite, du 28 mars 2001 au 5 mai 2002, elle est ministre déléguée à la Famille, à l'Enfance et aux Personnes handicapées du Gouvernement Jospin auprès de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité Elisabeth Guigou. C'est comme Ministre déléguée à la famille et à l'enfance dans le gouvernement Jospin qu'elle se fit ainsi connaitre du plus grand public : renforcement du soutien aux parents d'enfants handicapés, loi sur l'autorité parentale, création du congé paternité, soutien à l'adoption internationale, loi contre la pédopornographie, etc.
Lois et réformes importantes à ce ministère
Réforme de la loi sur l'autorité parentale :
- Possibilité pour une famille monoparentale de déléguer l'autorité parentale à un tiers. Cette loi permet, entre autre, à des couples homosexuels d'assumer ensemble tout ou partie de l'autorité parentale. Toute délégation est cependant soumise à une décision de justice qui agit dans l'intérêt de l'enfant ;
- Création d'un livret de paternité qui souligne la place et le rôle du père tant sur des aspects juridiques que pratiques ;
- Création du congé de paternité : le nouveau père peut ainsi prendre 11 jours de congé payé (18 jours en cas de naissances multiples) ;
- Reconnaissance légale de la garde alternée de l'enfant, garde déjà actée dans la pratique ;
- Protection des mineurs contre la prostitution : le recours à la prostitution ainsi que le proxénétisme à l'égard d'un mineur de 15 ans à 18 ans sont punis pénalement par la loi (précédemment, il ne s'agissait que de peines indirectes) ;
- Incrimination de la détention de documents pédopornographiques (le recel était déjà punissable).
La réforme de l'accouchement sous X :
- Création du Conseil national pour l'accès aux origines personnelles ;
- Le soutien à l'adoption internationale : facilitation et encadrement plus poussé de l'adoption d'un enfant étranger ;
- Renforcement de l'accueil de la petite enfance : mesures pour la formation des éducateurs et des assistants, création de 15000 à 20000 places en crèches ou halte-garderie sur un projet initial de 30 à 40 mille places ;
- Harmonisation par le haut des aides au logement à travers la création d’un barème unique (correspondant à une aide supplémentaire de 6,5 millions de francs) ;
- Le congé et allocation de présence parentale pour enfant malade ;
- L'allocation d'éducation spéciale (parents d'enfants handicapés) ;
- La lutte contre les violences en institution (renforcement du SNATEM) ;
- La création du collectif « Enfance et média », contre la violence dans les médias ;
- Le lancement d'une grande campagne télévisée de sensibilisation et de prévention des violences sexuelles ;
- La rénovation des COTOREP (structures pour personnes handicapées) ;
- Le développement du parc de logement adapté pour les personnes handicapées ;
- La création du plan Handiscol pour la scolarisation et l'intégration des enfants et des adolescents handicapés à l'école ;
- L'aménagement en matière de transport collectif et particulier pour les personnes handicapées ;
- La création du label « tourisme et handicap ».
Présidente du conseil régional de Poitou-Charentes
En mars 2004, elle remporte la présidence de la région Poitou-Charentes face à son prédécesseur Élisabeth Morin (UMP).
Ségolène Royal fait de l'éducation une de ses priorités (la région, comme d'autres en France, consacre près de la moitié de son budget à la formation, l'apprentissage, l'éducation et l'enseignement supérieur). Elle met ainsi en place des aides à la formation (10.000 en 2005) et à la reconversion pour les femmes ayant des métiers sans débouchés. A l'intention des jeunes, elle utilise la taxe sur les permis de conduire pour financer la gratuité du permis pour les diplômés du CAP (300 bénéficiaires en 2005 et 1.500 prévus pour 2006), lance un portail Internet pour « répondre aux questions des jeunes au quotidien » et met en place une aide au logement visant à la prise en charge de la caution par la Région (pour les jeunes ne bénéficiant pas d'une autre aide publique). Les « bourses de la découverte » permettent d'aider des jeunes (3.240 entre 2004 et 2005) à effectuer des stages à l'étranger (obligatoires dans certains cursus scolaires) alors que les aides pour l'achat des livres scolaires sont affectées à 45.000 familles en 2005. Enfin, elle soutient la recherche en faisant signer à la Région des contacts de 3 ans avec de jeunes chercheurs en doctorat (80 en 2005, 120 prévus en 2006).
Comme la plupart des régions françaises, la région Poitou-Charentes a fortement augmenté les impôts en 2005 (+14,5 % pour une moyenne nationale de +21%). L'effort est principalement venu des taxes industrielles ou patronales et des biens fonciers. Le président de l'Association des régions de France a imputé cette hausse à la loi sur la décentralisation de Jean-Pierre Raffarin, ce que le gouvernement a fortement réfuté. En 2005, elle stabilise également la dette publique (augmentation inférieure à 2% en 2006) qui n'avait cessé de croître depuis 2001 et fait passer la taxe foncière de 2,97% à 3,32% (première augmentation depuis 2001 ; la moyenne nationale est de 3,17%).
En matière économique, la région met en place une charte d'engagements réciproques qui engage les entreprises touchant des aides de la région à ne pas délocaliser, à ne pas licencier (si elles font des bénéfices) et à respecter la loi en matière d'environnement. En 2005, les 182 chartes signées auraient créé 832 emplois et permis 1.415 formations. Elle soutient les programmes de recherche appliquée (10 millions d'euro) et utilise les commandes publiques pour soutenir des « productions locales d'excellence » (comme les installations pour les énergies renouvelables). Elle met en place les « bourses tremplins » pour l'emploi qui auraient participé à la création de 2000 entreprises (dont la moitié pour les jeunes) et les « emplois tremplins » pour les jeunes qui en deux ans auraient créé 2.900 emplois (dont 1.560 dans le secteur associatif). Elle favorise l'accompagnement des salariés licenciés par la création d'une plate-forme de conversion à Châtellerault et le développement des « comités de bassins d'emploi ». Elle accorde également des aides pour les projets de reprise d'entreprises par les salariés ou un repreneur. Enfin, elle met en place une aide pour les jeunes agriculteurs (35 installations aidées en 2005) et à la production agricole de qualité et respectueuse de l'environnement (687 exploitations ont bénéficié des Contrats régionaux d'exploitation en 2005).
Ségolène Royal s'attache à la défense de l'environnement et du patrimoine de la région Poitou-Charentes et notamment du Marais poitevin (dont elle a soutenu la restauration dans le cadre des Grands travaux du président Mitterrand).
En matière de santé, la région créé un fonds social régional pour assurer la gratuité d'accès à la contraception pour les jeunes filles des lycées professionnels et des centres de formation des apprentis de Poitou-Charentes.
Enfin, en matière d'infrastructure et de technologie, la région soutient, dans la continuité de ses prédécesseurs, le développement des TER (achat de 27 nouveaux train pour 100 millions d'euros), crée l'opération « TER à un euro » et défend les lignes de trains Corail menacées de fermeture. Via Arantis, la région équipe 500 petites communes en ordinateurs reliés à Internet et propose une aide à la création de site Internet pour les entreprises et les agriculteurs de la Région.
Présidentielle de 2007
En 2006, le parti socialiste organise des élections primaires pour choisir un candidat à l'élection présidentielle française de 2007. Ségolène Royal déclare sa candidature, tout comme Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. Plusieurs sondages menés au début de l'année 2006 indiquaient qu'elle pouvait remporter cette investiture, ainsi que l'élection présidentielle. Finalement, Ségolène Royal a obtenu 60,60% des voix contre 20,81% pour Dominique Strauss-Kahn et 18,59% pour Laurent Fabius. La participation a été de 82,03%, soit 178.000 votants pour près de 218.000 militants inscrits.
Positionnement politique :
Les commentateurs ont largement relevé ses prises de position fermes en matière d'ordre intérieur, souvent comparées aux positions de Nicolas Sarkozy.
Après une période d'écoute qu'elle qualifie de « diagnostic partagé », Ségolène Royal commence à exposer plus précisément ses prises de positions à partir du printemps 2006. Toutefois, ses détracteurs l'accusent toujours de ne pas avoir de programme clairement défini et de se situer dans l'aile droite du parti, ce qui est contesté par ses partisans.
Féminisme :
Elle veut faire de la défense des femmes sa première priorité et déclare ainsi que "La première loi qui sera déposée sur le bureau de l'assemblée nationale si je suis élue sera une loi contre la violence faite aux femmes". Elle a par le passé vivement critiqué la pornographie, la publicité et en 2003 le port du string : "Aux yeux des garçons, le string réduit les jeunes filles à leur postérieur [...] Après, on s'étonne que les adolescentes soient victimes d'attouchements ou de violences sexuelles".
Économie :
En matière économique, Ségolène Royal explique dans les Échos être favorable à une nouvelle donne économique (« un bon deal ») alliant performance économique et justice sociale.
Elle envisage, entre autres, d'instaurer un statut fiscal incitatif pour les investissements dans la recherche, l'innovation et l'environnement. Elle n'est également pas opposée à des assouplissements concertés sur le code du travail (modulation du temps de travail, 35 heures, etc.) à condition que le CDI reste une référence et que de nouvelles sécurités soient trouvées pour compenser une plus grande flexibilité. Elle se pose comme objectif de réduire les déficits par une politique économique favorable à la croissance, mais également de réduire le train de vie de l'État (éviter les gaspillages, éliminer les doublons, etc.).
Pour réduire le coût du travail (causé par les charges selon elle), elle propose de transférer les cotisations maladie et famille sur la fiscalité. Enfin, elle se prononce pour une augmentation du Smic et insiste sur le fait que personne ne doit être payé à ne rien faire.
Ségolène Royal est de plus opposée à l'indépendance de la BCE (Banque centrale européenne) dans la conduite de sa mission. Elle a en effet déclaré vouloir que « la Banque centrale européenne soit soumise à des décisions politiques ». Cette position va donc à l'encontre du traité de Maastricht, qui avait été soumis par référendum au peuple français en 1992, et qui prévoit que, si la mission de la BCE lui est bien dictée par les États de l'Eurogroupe, la conduite de sa mission se fait de manière indépendante. Ségolène Royal fait là écho aux positions de certains opposants au TCE (Traité pour l'Établissement d'une Constitution pour l'Europe).
En matière fiscale, François Hollande a dévoilé une série de mesures qui seraient prise en cas de victoire de la candidate à l'élection présidentielle de 2007. Sont notamment prévues une hausse de l'impôt sur le revenu sur les dernières tranches du barème, la suppression du bouclier fiscal ainsi que la création d'une nouvelle contribution pour financer les retraites (sorte de « CSG-retraite ») payée par les entreprises et les salariés.
Institutions :
Ségolène Royal s'est prononcée pour le non-cumul des mandats (prévu dans le projet du Parti socialiste) et par souci de « cohérence » elle a décidé de ne pas poser sa candidature au renouvèlement de son mandat de député des Deux-Sèvres qu'elle cumulait avec la présidence du conseil régional de Poitou-Charentes depuis 2004.
Invitée par Arnaud Montebourg le 20 août 2006 à Frangy-en-Bresse, elle se prononce pour une nouvelle république et pour le partage du pouvoir actuellement concentré entre les mains du chef de l'État.
Le 22 octobre 2006, elle déclare qu'elle souhaite limiter à deux le nombre de mandats pour le Président de la République et limiter dans le temps celui de tous les élus.
Pour impliquer les citoyens dans les processus politiques, elle émet l'idée de faire évaluer l'action des élus par des jurys citoyens. Cette proposition a soulevé immédiatement de vives réactions à droite comme à gauche d'hommes politiques et d'éditorialistes la comparant à « Mao », aux « sans-culotte de 1793 », à Boulanger, Déroulède, Pétain, « Pol Pot », aux « soviets », d'être une mesure qui « confine à la stupidité » ou lui reprochant d'« épouser un populisme qui ferait le jeu de l'extrême droite » ainsi que des critiques de l'Association des maires de France.
Immigration :
Elle est en accord avec les positions officielles du Parti Socialiste sur les questions d'immigration. Elle est donc favorable aux dispositifs administratifs d'intégration et de naturalisation des personnes immigrées arrivées légalement ou clandestinement sur le territoire national.
Elle se prononce contre le principe même d'« immigration choisie » voulue par Nicolas Sarkozy, estimant « insupportable » que la France aille « piller la matière grise de ces pays après avoir pillé pendant des années et des années leurs matières premières en tant que pays colonisé » et prône le codéveloppement des pays en voie de développement.
Politique étrangère et Europe :
Voici certaines prises de positions le 20 août 2006, à Frangy-en-Bresse, à propos de la politique étrangère
Elle critique la politique étrangère effacée de la France alors qu'elle est membre du Conseil de sécurité et que sa géographie et son histoire la mettent au contact de l'Afrique, de l'Asie et du Moyen-Orient, d'où viennent certes des menaces, mais aussi de solides amitiés. Elle a honte du classement international de la France en matière d'aide au développement au 18e rang sur 21 pays. Elle dénonce, sans citer de pays, qu'une partie de cette aide irait à des pays peu démocratiques. Elle ironise sur la performance de la France concernant les ventes d'armes aux dictatures.
La politique étrangère semble être le point faible de la candidate du PS. Si la presse étrangère la voit comme « celle qui peut sauver les socialistes », de plus en plus de critiques se font jour, dans les quotidiens de tous bords. Pour le très conservateur quotidien espagnol ABC, « Royal est une personnalité vide d'idéologie, un pur produit marketing disant à chacun ce qu'il a envie d'entendre, sans autre objectif que de grappiller des voix, et qui n'a guère de scrupules à proposer plusieurs solutions contradictoires au même problème ».
Europe :
Concernant le Traité établissant une Constitution pour l'Europe : elle fixe l'horizon, d'une Europe sociale, politique, de l'environnement et de la recherche comme chantiers majeurs. Elle exclut que les socialistes proposent à nouveau la ratification d'un traité constitutionnel que le peuple français a rejeté. Le projet socialiste prévoit de proposer l'élaboration d'un texte court, visant à mieux organiser, démocratiser et responsabiliser les instances européennes. Ce texte, une fois négocié, serait soumis à un référendum populaire. Ségolène Royal défend depuis son discours du 11 octobre 2006 une « Europe par la preuve ». Cette vision est très critiquée par les fédéralistes européens.
Concernant la question de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, Ségolène Royal a déclaré qu'elle se rangerait à l'avis des Français. Cette phrase, prononcée lors de sa conférence de presse à l'Assemblée Nationale le 11 octobre 2006, a laissé sur leur faim les observateurs politiques.
Moyen-Orient :
Concernant la « guerre contre le terrorisme » déclarée par les États-Unis, elle estime que les guerres préventives aggravent plus les problèmes qu'elles prétendent traiter, qu'il n'y a plus que George W. Bush pour penser que le monde est plus sûr depuis l'occupation de l'Irak et que le conflit au Liban vient de confirmer l'expérience de l'impuissance de la force. Elle qualifie de « simpliste » la théorie de l'Axe du Mal avancée par George W. Bush et considère la peur comme une mauvaise conseillère.
D'autre part elle s'oppose à ce que l'Iran développe, même pour un usage civil et énergétique, une capacité nucléaire, arguant du fait que l'Iran ne se conforme pas aux demandes d'inspection de ses sites et que de fait il perd tout droit garanti par le traité de non-prolifération nucléaire.
Une polémique, à laquelle contribuent certains membres de l'UMP, est née suite à son passage au Liban début décembre 2006 où après une conversation avec le député du Hezbollah Ali Ammar, elle dit ne pas avoir entendu que celui-ci faisait un parallèle entre l'État d'Israël et le nazisme. Cette version est confirmée par l'ambassadeur de France au Liban.
Lors d'une conférence de presse à Jérusalem, elle déclare à propos du « mur de séparation » : "Quand c'est nécessaire pour la sécurité, je crois qu'effectivement une construction est sans doute justifiée. Encore faut-il que les choses se fassent dans une bonne entente et qu'en particulier le problème du tracé de ce mur puisse être résolu". Les critiques portent aussi sur d'autres points abordés lors du voyage. Pierre Lellouche pointe ainsi la contradiction suivante : elle défend le survol par Israël du Liban au motif que « ces survols sont liés à la défense de la sécurité d'Israël », après les avoir condamnés quelques heures plus tôt lors de son passage à Beyrouth : "Je crois que les survols doivent cesser parce que c'est à la fois l'intérêt d'Israël et l'intérêt du Liban. Il faut respecter le mandat de l'Onu, le mandat de la Finul et donc il faut que ces survols cessent". Il note également sa proposition d'une conférence internationale sur le Liban alors même qu'une telle conférence est déjà prévue le 24 janvier 2006 (à l'initiative de Jacques Chirac) et son plaidoyer pour la reprise de l'aide économique aux Palestiniens bien que celle-ci soit en fait déjà reconduite (et en augmentation sur l'année précédente).
Société :
Ségolène Royal n'est pas favorable à une dépénalisation du cannabis qui serait selon elle, « un signal qui consisterait à banaliser l'usage de la drogue ». Quant à la question de la légalisation de la prostitution (sur le modèle allemand), elle se dit contre ce qu'elle appelle « la vente des corps » et qu'elle considère contraire à la charte internationale des droits de l'Homme.
Elle a de plus estimé que « le mariage, c'est une institution bourgeoise ».
Homosexualité et homoparentalité :
Ségolène Royal s'est par le passé opposée au mariage homosexuel puis en 2006 a changé de position en émettant simplement des réserves sur ce sujet : "Je me suis toujours refusée à instrumentaliser les questions de société pour faire « dans le coup ». Je préfère le mot union à celui de mariage pour ne pas bousculer les repères traditionnels, la famille c'est un père et une mère". Néanmoins, depuis juin 2006 et un entretien paru dans le magazine Têtu, elle a déclaré qu'elle appliquerait le programme du Parti socialiste qui comprend le mariage des couples de même sexe et de leur droit à l'adoption en promettant leur mise en place en cas de victoire socialiste.
Sécurité :
En juin 2006, Ségolène Royal révèle certaines des solutions qu'elle envisage pour « tarir la source de la délinquance ». Elle surprend jusque dans son camp par un discours de fermeté, proposant notamment de placer « dans un service à encadrement militaire à vocation humanitaire ou pour apprendre un métier » les mineurs de plus de 16 ans dès « le premier acte de délinquance ». A l'occasion de la campagne pour l'investiture socialiste à l'automne 2006 elle insiste sur le fait que toutes les alternatives à la prison doivent être développées et que des camps humanitaires encadrés par des militaires peuvent permettre à un mineur délinquant de « reconquérir l'estime de soi ». Elle reconnait cependant que tous ne pourront en profiter pour des raisons matérielles.
Elle évoque également la « mise sous tutelle des allocations familiales au premier acte d'incivilité de l'enfant » pour « responsabiliser » les parents et propose la création d'« écoles de parents » où seraient tenus de se rendre les parents d'enfants ayant commis des incivilités répétées. Enfin, elle propose la création de « tuteurs de collèges » qui permettraient à certaines classes d'être encadrées par deux adultes.
Elle déclare par ailleurs qu'elle souhaite l'amnistie des faucheurs volontaires d'OGM.
Travail :
Elle vante le travail en tant que valeur le 20 août 2006 à Frangy-en-Bresse et se déclare pour un syndicalisme de masse ("Les Français ne sont pas fâchés avec la valeur du travail mais profondément insatisfaits des conditions dans lesquelles ils travaillent. (...) La France doit sortir de l'archaïsme de ses relations sociales. J'ai vu, en Suède, un autre état d'esprit et des pratiques bien différentes, grâce à un syndicalisme de masse").
Elle considère que les 35 heures ont été un progrès pour une majorité de salariés, mais une régression pour d'autres. Le deuxième chapitre du livre édité sur son site Internet, intitulé les désordres du travail, développe cette idée, s'inspirant notamment des travaux de La République des idées qui a démenti tout lien avec Ségolène Royal.
Éducation :
Lors du second débat télévisé de la campagne d'investiture, elle propose d'instituer un soutien scolaire gratuit, dans le cadre des établissements scolaires.
Au cours de cette campagne, est apparue sur Internet une vidéo de Ségolène Royal, filmée à son insu en janvier 2006, dans laquelle elle y propose notamment que les enseignants effectuent 35 heures de présence au collège pour améliorer le soutien scolaire, ce qui représenterait un doublement de leur astreinte actuelle.
Association « Désirs d'avenir » :
« Désirs d'avenir » est le nom de l'association de soutien à Ségolène Royal, présidée par Christophe Chantepy, dans sa « candidature à la candidature » au Parti socialiste en vue de l'élection présidentielle de 2007.
« Désirs d'avenir » est aussi le nom d'un vaste « forum participatif » qu'elle a lancé sur Internet mi-février 2006. Le site se veut une illustration de la « démocratie participative » prônée par Ségolène Royal. Plusieurs débats sont ouverts à la participation des citoyens internautes sur divers sujets (justice, prison, école, téléchargement, etc.). Les remarques et commentaires apportés par les internautes doivent, normalement, faire ensuite l'objet de synthèses (a priori sous forme de livres) où Ségolène Royal note les idées qu'elle a retenues de ces échanges. Des modérateurs contrôlent les messages, les moins constructifs et certains émettant des critiques sur les propositions de Royal ne sont pas diffusés.
Le principe a fait école et tout au long de 2005 se sont ouverts des blogs « Désirs d'avenir » départementaux, voire communaux.
Mandats et fonctions
Fonctions ministérielles :
- 3 avril 1992 au 29 mars 1993 : ministre de l'Environnement du Gouvernement Bérégovoy ;
- 4 juin 1997 au 27 mars 2000 : ministre déléguée à l'Enseignement scolaire du Gouvernement Jospin auprès du ministre de l'Éducation Nationale Claude Allègre ;
- 27 mars 2000 au 27 mars 2001 : ministre déléguée à la Famille et à l'Enfance du Gouvernement Jospin auprès de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité, brièvement Martine Aubry puis Elisabeth Guigou ;
- 28 mars 2001 au 5 mai 2002 : ministre déléguée à la Famille, à l'Enfance et aux Personnes handicapées du Gouvernement Jospin auprès de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité Elisabeth Guigou.
Mandats politiques nationaux :
- 13 juin 1988 au 2 mai 1992 : députée des Deux-Sèvres (démissionne pour entrer dans le gouvernement Bérégovoy) ;
- 2 avril 1993 au 21 avril 1997 : députée des Deux-Sèvres ;
- 1er juin 1997 au 4 juillet 1997 : députée des Deux-Sèvres (démissionne pour entrer dans le gouvernement Jospin) ;
- depuis juin 2002 : députée de la 2e circonscription des Deux-Sèvres (élue au 2e tour).
Mandats politiques locaux :
- 1983-1986 : conseillère municipale de Trouville-sur-Mer (Calvados). Elle quitte son poste en 1986, attitude justifiée par elle par des fonctions d'importance croissance à l'Élysée, mais il semble qu'elle ait quitté le Calvados parce qu'elle se serait rendu compte qu'elle ne serait pas investie par le PS local pour les législatives de 1986 ;
- 13 mars 1989 au 18 juin 1995 : conseillère municipale de Melle (Deux-Sèvres) ;
- 18 juin 1995 au 18 mars 2001 : conseillère municipale de Niort (Deux-Sèvres) ;
- 2 avril 1992 au 23 mars 1998 : conseillère générale des Deux-Sèvres ;
- 23 mars 1992 au 3 avril 1992 : conseillère régionale de Poitou-Charentes (démissionne pour entrer dans le gouvernement Bérégovoy) ;
- depuis le 2 avril 2004 : présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes ;
Présidente du syndicat mixte du Parc interrégional du Marais Poitevin, 2004-2006.
Source : Wikipédia


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