Bil’in : Un village contre le mur d'apartheid en Palestine

 

Bil’in est un village de Palestine qui veut continuer à exister, qui lutte pour sauvegarder sa terre, ses oliviers, ses ressources, sa liberté. En annexant près de 60% des terres de Bil’in pour y construire le mur de séparation, l’état d’Israël étouffe le village, le détruit chaque jour un peu plus en emmurant ses habitants dans une prison à ciel ouvert.
Soutenus par des activistes israéliens et internationaux, les habitants de Bil’in manifestent pacifiquement tous les vendredis devant le chantier de la honte depuis 2005. Et tous les vendredis l’armée donne pour seule réponse la violence, aussi bien physique que morale.
Il s’appelait Bassem, ce qui signifie sourire, et c’est la façon dont il saluait tout le monde. Mais tous l'appelaient « Phil », éléphant, parce qu’il avait le corps de la taille d’un éléphant. Mais Bassem avait un cœur d’enfant...

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Bassem Abu Rahma (Phil), L’ami de Tous

Il aimait tout le monde et, à cause de sa douceur et de son aptitude à nous faire rire, tout le monde l’aimait. Bassem était l’ami de tous. Les enfants racontent comment il jouait avec eux : il leur faisait peur pour finalement les faire rire. Il prenait soin du jardin de la cour de récréation, apportait des jouets et des livres au jardin d’enfants. Les vieilles femmes du village racontent qu’il avait pour habitude de leur rendre visite, pour prendre de leurs nouvelles et voir si elles avaient besoin de quelque chose. Dans le village, il semblait être partout à la fois. Il passait dire bonjour, prenait une bouffée de narguilé, puis partait pour sa prochaine « étape ». Le matin où il a été tué, il est allé chez Hamis dont le crâne a été fracturé lors d’une manifestation trois mois plus tôt par une grenade lacrymogène, la même arme qui allait tuer Bassem.

Bassem a réveillé Hamis et lui a donné ses médicaments, puis il est allé rendre visite à un autre ami du village qui souffrait d’un cancer. Il a alors rencontré une petite fille qui voulait un ananas, mais il n’en a pas trouvé à l’épicerie du village. Il est donc parti à Ramallah chercher un ananas ; il est revenu avant midi pour la prière du vendredi et la manifestation hebdomadaire contre le vol de nos terres par le mur d’apartheid. Phil ne manquait jamais une manifestation, il a participé à toutes les activités et actions créatives à Bil’in. Il parlait toujours aux soldats comme à des êtres humains. Avant d’être frappé par la grenade, il demandait aux soldats d’arrêter de tirer, car il y avait des chèvres près du mur et il s’inquiétait pour elles. Puis une femme devant lui a été touchée. Il a hurlé au commandant d’arrêter de tirer, car une personne était blessée. Il s’attendait à ce que les soldats comprennent et arrêtent de tirer. Au contraire, ils lui ont aussi tiré dessus.

Des gens de tous les villages environnants sont venus à l’enterrement de Bassem parce qu’ils l’aimaient autant qu’il les avait aimés. Mais nous, de Bil’in, nous le cherchions des yeux en nous attendant à ce qu’il marche avec nous.

Phil, tu étais l’ami de tous. Nous avons toujours su que nous t’aimions tous, mais avant de te perdre nous n’avions pas réalisé à quel point tu nous manquerais. Comme Bil’in est devenu le symbole de la résistance populaire de la Palestine, tu es le symbole de Bil’in. Très cher Phil, repose en paix, nous marcherons sur tes traces.

Source : lachaine.ch

Bil’in, un exemple de l’injustice vécue en Palestine

Pour mémoire, il est important de savoir que la situation de Bil’in représente bien ce qu’il se passe dans toute la Palestine :

* L’occupation de la Palestine par les forces armées israéliennes est condamnée par la résolution 242 des Nations Unies ainsi que par la Cour Internationale de Justice (CIJ).
* La colonisation, qu’elle soit légale ou illégale selon Israël, a également été condamnée par les résolutions 242 et 338.
* La construction du mur, l’annexion de terre pour en faire des zones militaires, sont aussi condamnées par l’ONU, et par la Cour Internationale de Justice (CIJ).
* La présence armée en territoire étranger comme la vit le village de Bil’in, est une situation illicite selon l’ONU, punissable d’une intervention armée internationale (c.f. Koweit 1991), ainsi qu’une violation de la 4ème convention de Genève.
* La répression armée durant les manifestations de Bil’in, également interdite par toutes les cours et instances internationales, est une violation des droits de l’homme, ainsi qu’une violation de la 4ème convention de Genève.
* Toutes formes de punitions collectives sont punissables selon la 4ème convention de Genève, et considérées comme crime de guerre selon l’ONU.

Source : Bil'In, un village en Palestine

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