Réforme des lycées : La casse sociale organisée

 

L'Éducation Nationale est actuellement l'objet d'une série de "réformes" qui visent à démanteler ce qui restait de l'école républicaine. Sous couvert d'améliorer l'enseignement, il s'agit en fait de prendre des mesures budgétaires. La logique qui prévaut est strictement comptable. Ce qui inspire les mesures que Xavier Darcos entend appliquer est moins le volontarisme politique que l'arithmétique. Il faut savoir qu'entre 2002 et 2012, 140.000 postes auront disparu de l'Éducation Nationale, dont 35.000 entre 2007 et 2009. Xavier Darcos n'a aucun projet politique pour l'école publique : il applique servilement ce que lui dicte sa calculette. Ces réformes concourent, par ailleurs, au même objectif que celles qui sont menées depuis deux décennies. Il s'agit d'aligner le système éducatif français sur le modèle néo-libéral imposé par l'OCDE : décentralisation, mise en concurrence des établissements, évaluation internationale des résultats, toutes ces mesures visent à détruire l'école républicaine afin de libéraliser le marché de l'enseignement. Ce ne sont plus les citoyens qui décident du modèle qu'ils entendent défendre pour leur école, mais une poignée de technocrates, qui considèrent que l'enseignement, pas plus que les autres activités humaines, ne saurait échapper à la logique du marché...

La Cause du Peuple - 4 vidéos

Xavier Darcos - La réforme des lycées - Durée : 3:15

Présentation de la réforme des lycées par le ministre

Pour faire bref, la réforme du lycée c'est :


- la suppression d'un groupe classe (seul 20h de tronc commun)
- la réduction du nombre d'heures de cours (on passe de 31 à 27 heures, c'est bien révélateur de la dégradation de l'enseignement qui va être proposé),
- la disparition progressive de certaines matières qui ne seront pas jugées assez attrayantes ou trop ... gênantes (latin, grec, SES, philo ...),
- la réduction du nombre d'heures de sport (contrairement à ce que le gouvernement fait croire : au lieu de 2 heures par semaine toute l'année, on se retrouve à 3 heures seulement le premier semestre !),
- le renforcement des inégalités (les lycées déjà délaissés ne pourront pas proposer les modules "intéressants" tandis que les lycées plus réputés s'offriront ce qui est le plus demandé : il y aura donc sélection, ce qui est en plus renforcé par la suppression de la carte scolaire),
- des classes surchargées.

Dans l'amphithéâtre de l'école polytechnique - Samedi 15 novembre 2008 - Durée : 6:35

Le point d'étape du ministre Xavier Darcos

Xavier Darcos a présenté à la presse le 21 octobre 2008 un point d'étape sur la réforme du lycée. Dès la rentrée 2009, une nouvelle organisation du temps scolaire s'appliquera à la classe de seconde. L'année scolaire sera articulée en deux semestres. 4 conseils de classe permettront de faire le point sur les difficultés et l'orientation des élèves. Les enseignements de la nouvelle seconde seront organisés en modules : 21 heures d'enseignements généraux de tronc commun, 6 heures d'enseignements complémentaires et 3 heures d'accompagnement personnalisé. « Ce principe d'organisation en modules sera également au cœur de l'organisation des classes de première et de terminale à laquelle nous allons continuer de travailler » a déclaré le ministre.

Avant de commencer ce point d'étape sur la réforme du lycée, je voudrais mettre fin à une idée reçue qui hante depuis trop longtemps les salles de presse, les discours des observateurs et les conversations de nos concitoyens.
On présente trop souvent, en effet, la réforme de l'Éducation nationale comme un parcours initiatique semé d'embûches. Dans cette vision épique de l'activité ministérielle, la réforme du lycée est attendue comme l'épreuve ultime, celle qui réserve aux ministres trop téméraires les périls les plus abominables.
Toute politique a sa part de mythe et l'Éducation nationale n'en manque pas. Le lycée, lui-même, a une force symbolique qui a beaucoup contribué à l'essor de l'idéal républicain. Le rôle d'un ministre n'est ni de briser ces symboles, ni de les confondre avec la réalité, mais de les remettre au service des Français.
C'est pourquoi je vous propose que nous laissions Sisyphe à son rocher et le Minotaure à son labyrinthe, et que nous parlions sans détour des enjeux de la réforme du lycée que je vous présente ce matin.

Je veux d'abord répondre à une interrogation qui revient très souvent lorsqu'on évoque la réforme du lycée. Pourquoi réformer le lycée, alors même qu'il a permis à des millions de Français d'accéder au baccalauréat et aux études supérieures ? En quoi a-t-il particulièrement démérité ? Et que peut-on espérer de mieux d'un niveau d'enseignement qui a déjà fait beaucoup pour la démocratisation du savoir ?
Ces questions expriment le lien très fort qui unit les Français à leur lycée, et je partage d'autant plus cet attachement que j'ai consacré au lycée une large partie de ma carrière professionnelle. Je sais la qualité de ses professeurs et la formidable vivacité de ses élèves. Je sais aussi qu'il représente, pour les parents, un moment crucial où se décide l'orientation de leurs enfants, une orientation pour laquelle ils ont formé bien des espoirs au cours des années qui précèdent.
Les Français sont fiers de leur lycée, et ils ont raison de l'être. Aucun autre secteur du système éducatif ne s'est autant transformé au cours des dernières décennies pour permettre de réaliser l'idéal républicain de la démocratisation du savoir.

Pendant près d'un siècle et demi, le lycée est resté l'apanage des classes les plus favorisées de notre société, qui s'en réservaient l'accès. Puis, en quelques décennies, le lycée a opéré un bouleversement qui lui a permis d'accueillir des populations d'élèves toujours plus nombreuses, toujours plus diverses, pour leur permettre d'accéder au baccalauréat.
Cette démocratisation ne doit rien au hasard. Création de la filière économique et sociale, création des séries technologiques, création des lycées professionnels, refonte des filières : le lycée a su s'adapter en permanence pour répondre aux évolutions de la société, sans rien sacrifier de son niveau d'exigence. Si les Français apprécient autant leur lycée, c'est parce qu'il s'est mis progressivement à leur rythme et au service de leurs ambitions.

C'est pourquoi je ne partage pas le sentiment de ceux qui croient qu'on rend service au lycée en le figeant dans son organisation actuelle. Réclamer le statu quo pour le lycée, c'est chercher à briser ce qui fait la force de son lien avec les Français. C'est le rendre sourd aux attentes de la société.
Naturellement, nous devons à tout prix protéger ce qui fait l'essence du lycée républicain. Je pense au socle de culture générale qu'il transmet à tous ses élèves. Je pense aussi au lien particulier qui l'unit à l'Université et dont le baccalauréat, premier grade de l'enseignement supérieur, est le symbole le plus incontestable. Je pense, enfin, à la démocratisation de l'accès aux études supérieures qui continue de reposer, pour une large partie, sur l'équilibre entre les séries de la voie générale et celles de la voie technologique.
Les Français ne demandent pas que l'on revienne sur ces missions qui ont toujours été celles du lycée. Mais ils demandent qu'on donne au lycée les moyens de les accomplir, comme on l'a fait pour l'école primaire en redéfinissant les programmes et les modalités de soutien scolaire, comme on l'a fait aussi au collège avec la généralisation de l'accompagnement éducatif qui transforme le rapport entre le temps de l'école et le temps des familles, et comme on l'a fait dans les lycées professionnels avec la généralisation progressive des baccalauréats professionnels en trois ans.
Et surtout, ils lui expriment de nouvelles demandes : celle d'un meilleur accompagnement des élèves par les professeurs, celle d'un meilleur équilibre entre le temps de l'enseignement et le temps du travail personnel, celle d'un lycée qui sache non seulement instruire ses élèves, mais aussi les accompagner progressivement vers l'âge adulte.
Notre lycée ne manque pas de moyens budgétaires pour répondre à ces demandes. Nous lui consacrons, chaque mois, un milliard d'euros, ce qui représente 22% de plus que la dépense moyenne des pays comparables au nôtre pour leur lycée. Mais c'est son organisation qui l'enferme dans des réponses trop uniformes à des besoins devenus plus complexes.
Nous devons à présent franchir une nouvelle étape dans la démocratisation du lycée : celle de la personnalisation que réclament non seulement les élèves et leurs familles, mais aussi beaucoup d'enseignants. Ce constat est d'ailleurs partagé par tous ceux qui ont signé avec moi les 11 points d'accord sur les objectifs et les principes directeurs de la réforme du lycée qui ont servi de base à la consultation conduite par Jean-Paul de Gaudemar : l'UNL, la FIDL, le SNES-FSU, le SGEN-CFDT, le SNALC-CSEN, le SE-UNSA, le SNEP-FSU et les deux syndicats de chefs d'établissement, le SNPDEN et ID.

Le lycée que je vous présente ce matin reste fidèle à ses objectifs, celui de mieux préparer au baccalauréat et de mieux orienter vers l'enseignement supérieur, mais il se transforme considérablement pour redéfinir la place qu'il accorde à l'élève.
Le signe le plus fort de cette transformation est la nouvelle organisation du temps scolaire qui entrera en vigueur, pour la classe de seconde, dès la rentrée prochaine et dont l'objectif est de favoriser une meilleure répartition des enseignements et de l'accompagnement tout au long de l'année.
Le découpage de l'année scolaire en trimestres, tel que nous le connaissons aujourd'hui, n'est pas satisfaisant. Nous avons tous connu ces années scolaires qui s'effilochent : quatre mois pour le premier trimestre, trois mois pour le second, deux mois à peine de temps effectif pour le dernier trimestre, ce qui entraîne enseignants et élèves dans une course infernale au moment même où chacun voudrait pouvoir prendre le temps nécessaire pour réfléchir à son orientation.

Avec ce découpage, les bilans qui sont proposés à l'élève viennent ou trop tôt, à la fin du premier trimestre au cours duquel l'élève a parfois mis un peu de temps à démarrer son année, ou trop tard, à la fin du deuxième trimestre, lorsque l'élève est déjà très avancé dans son année.
Dès la rentrée prochaine, la nouvelle seconde comportera deux semestres, ce qui nous permettra d'organiser quatre rendez-vous annuels avec l'élève au lieu de trois aujourd'hui : deux conseils de mi-semestre, qui permettront aux enseignants de faire avec les élèves un point sur leurs difficultés, et deux conseils de fin de semestre, où sera notamment abordée l'orientation de l'élève.
Cette organisation semestrielle, qui ne modifiera pas le caractère hebdomadaire du travail des enseignants, donnera plus de temps aux élèves à la fois pour progresser dans les différentes matières qu'ils étudient et pour commencer à déterminer l'orientation qu'ils souhaitent poursuivre. Elle permettra aussi à l'élève de faire un véritable bilan personnalisé en cours d'année et de recevoir les conseils et le soutien nécessaires pour progresser là où cela pourra lui être utile.
A cette fin, une période de bilan et d'orientation sera organisée sur une semaine entre le premier et le second semestre.
Cette période pourra aussi être consacrée à l'expression orale, exercice que les élèves redoutent et qu'ils ont souvent peu l'occasion de pratiquer avant de se présenter au baccalauréat.

Cette période d'une semaine viendra prolonger les trois heures hebdomadaires qui seront désormais consacrées, dans l'emploi du temps de tous les élèves, à un accompagnement personnalisé.
Il s'agira, selon les besoins des élèves, de leur proposer un soutien scolaire personnalisé, une aide méthodologique, un conseil d'orientation, un travail interdisciplinaire ou, pour ceux qui sont le plus à l'aise, un travail d'expertise.
Je ne veux plus qu'un élève puisse rentrer chez lui à la fin de la semaine en se disant « je n'ai rien appris, je n'ai rien compris, l'école n'est pas pour moi ». Je ne veux pas non plus qu'un élève se dise « j'aurais bien aimé approfondir ce que j'ai vu en cours mais on ne m'en a pas laissé le temps ». Le lycée doit savoir apporter des réponses différentes à des besoins différents.

Dès la rentrée prochaine, une nouvelle organisation des enseignements s'appliquera à la classe de seconde.
Elle comportera trois grands ensembles : des enseignements généraux de tronc commun, sur une durée totale de 21 heures, 6 heures d'enseignements complémentaires proposés sous forme de modules ainsi qu'un accompagnement personnalisé de 3 heures hebdomadaires dont je viens de préciser les objectifs.
J'ai entendu beaucoup de contre-vérités circuler sur le contenu de ces enseignements généraux, comme si on pouvait imaginer qu'un ministre de l'Éducation nationale puisse proposer de rendre optionnel l'enseignement d'histoire et géographie ou l'enseignement des sciences expérimentales.

Je crois évidemment ces deux champs disciplinaires absolument essentiels à la formation du jugement et à la compréhension du monde par les élèves et c'est la raison pour laquelle ils figurent parmi les enseignements généraux que devront suivre tous les élèves de la nouvelle seconde, au même titre que le Français, les mathématiques, l'éducation physique et sportive et les langues vivantes, au pluriel puisque l'apprentissage d'une deuxième langue sera désormais obligatoire au lycée.
Des modules d'enseignement complémentaires viendront enrichir ce tronc commun. Les élèves devront en effet désormais choisir quatre modules parmi les domaines suivants : humanités, sciences, sciences de la société et technologies.
Cette organisation présente au moins deux avantages. Elle incite, d'une part, les élèves à conserver en seconde une certaine variété des enseignements qu'ils reçoivent, afin qu'ils ne s'enferment pas trop tôt dans des filières dont ils ne pourront plus sortir. Elle leur donne, d'autre part, un droit au changement s'il s'avère à la fin du premier semestre qu'ils se sont manifestement trompés dans leur choix. Cette plus grande souplesse et cette plus grande variété de la classe de seconde est la condition d'une orientation réussie en classe de première.
Mon objectif est d'ailleurs très clair : trop d'élèves, 15% environ, redoublent aujourd'hui la classe de seconde, notamment pour des raisons d'orientation. C'est de la responsabilité de l'École de permettre à ces élèves de trouver la voie qui correspond à leurs capacités et à leurs goûts.
Ce principe d'organisation en modules sera également au cœur de l'organisation des classes de première et de terminale à laquelle nous allons continuer de travailler avec les organisations syndicales d'enseignants et de chefs d'établissement et les représentants des lycéens au cours des prochains mois.
Vous connaissez déjà les objectifs qui animent ma démarche pour le cycle terminal : je veux qu'il soit plus efficace à la fois dans la préparation des élèves au baccalauréat mais aussi dans leur accompagnement vers l'enseignement supérieur. Je n'oublie pas que près d'un étudiant sur deux qui entre à l'Université n'obtient pas de diplôme au bout de trois ans.
Sans vouloir empiéter sur les conclusions de ce travail, je voudrais cependant d'ores et déjà affirmer deux principes qui semblent, à mes yeux, s'imposer.
D'abord, le cycle terminal comportera naturellement des dominantes clairement identifiées. Je ne veux pas d'un lycée unique dans lequel chacun suivrait les mêmes enseignements, précisément parce que c'est au lycée que l'élève doit pouvoir affiner ses goûts et réaliser ses choix.
D'autre part, nous conserverons la voie technologique à partir de la classe de première et nous offrirons à tous les élèves en classe de seconde la possibilité de choisir des modules d'exploration dans le domaine des technologies.
Enfin, je rappelle que cette nouvelle organisation du lycée n'implique pas de réforme du baccalauréat, qui restera l'examen national auquel les Français sont si attachés.

Je voudrais dire un mot à présent de la méthode. J'ai voulu que cette réforme soit bâtie sur la concertation la plus large possible et je remercie Jean-Paul de Gaudemar de l'admirable travail d'écoute, de synthèse et de proposition qu'il a accompli au cours de ces derniers mois pour recenser tous les scénarios d'évolution possibles.
On me dit cependant qu'il existe mille raisons de ne pas faire de réforme du lycée. On me dépeint des lycéens particulièrement irritables et des syndicats d'enseignants particulièrement intraitables dès qu'il s'agit de faire évoluer le lycée. C'est une caricature, et je compte le démontrer car je sais que les points d'accord sur une évolution du lycée sont beaucoup plus nombreux que les points de division.

Je veux dire aux syndicats d'enseignants et de chefs d'établissement que notre discussion n'est pas achevée. Je ne crois pas, notamment, que le SNES puisse rester durablement absent d'une discussion qui va permettre de dessiner le nouveau lycée et dans laquelle je veux aussi aborder la question de la revalorisation morale et matérielle des enseignants du lycée.
Je veux discuter avec les lycéens, dont je recevrai les élus en novembre, des attentes qui sont les leurs, notamment en matière d'orientation.
Je serai également attentif à ce qu'un effort particulier soit mené pour accompagner les lycées dans lesquels les besoins sont les plus forts, comme j'ai déjà commencé à le faire cette année dans les 200 lycées qui présentent les plus grandes difficultés. Je rappelle en outre que 600 emplois de professeurs supplémentaires ont été inscrits dans cet objectif dans le projet de loi de finances pour 2009.

Mesdames et Messieurs les Journalistes,

La réforme que je vous présente ce matin est celle d'un nouveau lycée républicain, un lycée qui ne renie rien des idéaux qui l'ont conduit jusqu'à nous, mais qui sait aussi répondre aux nouveaux défis que lui adresse la société. La discussion que je mènerai au cours des prochaines semaines avec les lycéens, les enseignants et les chefs d'établissement sera l'occasion d'en préciser le fonctionnement.

Je vous remercie.

Xavier Darcos
Source : education.gouv.fr

L'Éducation Nationale en danger : Pour une vraie formation des enseignants - Durée : 6:53

L'Éducation Nationale en danger

Ces mesures se traduisent d'abord par une réduction drastique des postes. Ces suppressions de postes vont de pair avec un dégraissage des heures d'enseignement, conformément à cette logique comptable. Après la diminution du nombre d'heure d'enseignement à l'école primaire consécutive à la suppression des cours du samedi, la réforme du lycée général et technique que prépare actuellement Xavier Darcos implique d'ores et déjà une diminution du volume horaire en classe de seconde (975 heures au lieu de 1100), diminution dont les effets seront aggravés par la semestrialisation et la modularisation de l'enseignement. Sous couvert de donner aux élèves la liberté de construire leur propre parcours, le gouvernement organise la mise en concurrence des disciplines et transforme le lycée en un vaste marché où les « usagers » pourront, au gré de leurs envies, choisir des matières qui ne devront leur survivance qu'au succès qu'elles emporteront. Il s’agit moins de garantir aux élèves les conditions d’une instruction solide que de « gérer les flux » à moindre coût, de la seconde jusqu’au baccalauréat, en réduisant l'enseignement à une juxtaposition aléatoire de compétences.

Cette logique comptable à laquelle l'éducation nationale est soumise affecte également l'université. Pour parachever la destruction de l'école publique, il fallait aussi toucher aux concours de recrutement des professeurs. C'est chose faite : la « mastérisation » des concours de recrutement des enseignants va permettre de faire l'économie de postes supplémentaires. Contrairement à ce qu'affirme le gouvernement qui présente cette mesure comme une façon d'élever les qualifications, la mastérisation va abaisser le niveau des futurs professeurs. Cette mesure est technique. Aussi elle est peu médiatisée. Il importe cependant que l'opinion publique en soit informée : elle ne peut que diminuer les compétences des futurs professeurs et elle affectera par conséquent la qualité de l'enseignement.

Les professeurs étaient jusqu'ici recrutés à l'issue de concours nationaux exigeants dont la finalité était d'évaluer les compétences disciplinaires des candidats. A l'issue de ces concours, les jeunes professeurs bénéficiaient d'une année de stage rémunérée : ils pouvaient ainsi faire l'expérience de la classe tout en se formant à la pratique de leur métier. La mastérisation fait voler en éclats ce dispositif qui avait le mérite d'articuler théorie et pratique, maîtrise disciplinaire et expérience de la classe. Les futurs enseignants perdront sur les deux tableaux : non seulement cette mesure réduit la partie disciplinaire de la formation des professeurs à sa portion la plus congrue, mais elle supprime également l'année de stage. Les professeurs nouvellement recrutés devraient être ainsi envoyés devant les élèves directement et à plein temps (ce qui permet de faire l'économie de postes supplémentaires). Ils perdront ainsi le bénéfice d'une année de formation rémunérée. Défavorable aux étudiants issus des couches populaires, la mastérisation est finalement synonyme de paupérisation pour tous les futurs enseignants. Cette mesure retarde en effet l'entrée des étudiants dans la vie active et allonge la durée de cotisation pour la retraite. Au vu de l'âge élevé des recrutés actuels, il y a fort à croire que peu d'enseignants pourront atteindre dans de telles conditions le nombre d'annuités suffisantes pour bénéficier d'une retraite à taux plein.

Source : ufal

Manifestations du printemps 2008 à Grenoble - Durée : 30:30

Pendant les manifestations lycéennes du printemps 2008, Grenoble aura été la ville la plus mobilisée en province.
Ce documentaire, filmé par Patrice Jamet, nous plonge au cœur des affrontements entre les jeunes manifestants et les CRS.

Contre la réforme des lycées annoncée par Xavier Darcos

Par Marie Perret, L'UFAL
Dimanche 12 octobre 2008

Contre la démolition de l’école républicaine

L’UFAL dénonce la politique de rentabilité et d’obscurantisme du ministère libéral Sarkozy-Fillon-Darcos.
Réduction drastique et programmée des moyens alloués à l’école publique :

Après 11.200 suppressions de postes à la rentrée 2008, le projet de budget en prévoit 13.500 pour 2009, 15.000 pour 2010. Ces suppressions devraient se poursuivre au moins jusqu'en 2012. Le ministre prétend les compenser par des heures supplémentaires et divers artifices : coupes sombres dans les postes de RASED, réintégration de MAD (mis à disposition), etc. Donc, alourdissement de la charge des enseignants avec baisse de la qualité de leur travail, dégradation de l’accompagnement des élèves en difficulté et affaiblissement des organismes qui participent aux missions d’enseignement, d’éducation et de culture.

À l’école primaire, diminution des horaires par la suppression de la classe du samedi matin :
Les élèves les plus fragiles, qui sont aussi le plus souvent ceux qui vivent dans un milieu anxiogène, ont besoin de temps et de sécurité pour étudier à l’école. La suppression d’un jour de classe aggrave les déterminations sociales liées au milieu familial. Les heures de soutien, surchargeant les jours de classe restants, ne pourront guère réparer un échec scolaire qu’on entretient ainsi.
La réforme du lycée :

Au lycée, c’est la désorganisation de l’enseignement qui est annoncée avec le lycée modulaire, approuvé par Philippe Meirieu (Les Échos, 18.07.08) : le savoir y serait découpé en modules offerts au choix de l’élève transformé en consommateur, avec bien entendu réduction des horaires.

Il ne sert à rien de mettre en avant l’exemple de la Finlande, où les conditions sociales et culturelles sont différentes, où les moyens sont importants et où le lycée modulaire est préparé en amont. C’est plutôt le modèle anglo-saxon ultralibéral qui inspire la politique du ministère.

Pour l’UFAL, l’école doit d’abord former l’homme libre et le citoyen. Comme la liberté est impossible à l’ignorant, elle doit dispenser aux enfants, quelles que soient leurs origines, les savoirs émancipateurs (langue, littérature, mathématiques, physique, histoire, langues anciennes, etc.) qui lui permettent d’exercer son jugement critique en même temps qu’ils le rendront apte à l’exercice d’un métier. Ces savoirs ne doivent pas être cloisonnés et morcelés : répartis en disciplines, mais articulés en une cohérence encyclopédique au vrai sens du terme, ils doivent être acquis progressivement et patiemment, selon un cheminement raisonné.

Le projet de réforme prévoit au contraire une instruction au rabais. La physique disparaîtrait du tronc commun obligatoire en seconde. Or à travers la physique l’élève prend conscience de la façon dont la raison, aidée des mathématiques, peut appréhender les lois de la nature. La suppression de la physique obligatoire est une prime accordée à l’irrationnel et aux pressions religieuses, surtout pour les élèves les plus fragiles.
De même, l’histoire cesserait d’être obligatoire en première et terminale, alors qu’elle est indispensable à la formation du citoyen.
Le ministre dément ces projets de suppression, mais un ballon d’essai a été lancé, auquel il est essentiel de réagir.

Pratiquement, le lycée modulaire semestriel signifie la complication des emplois du temps, du travail des enseignants, la réduction des conseils de classe à deux par an, donc moins de bilans sur le travail des élèves. En outre, le poste des professeurs dont la discipline ne figurera pas dans le tronc commun sera tributaire du succès qu'ils remporteront auprès des élèves. On expose ainsi l'enseignement aux phénomènes de modes, aux parcours pour initiés et au risque de la démagogie. En arrière-plan, c’est la redéfinition du service des enseignants, voués à des fonctions d’animateurs sociaux plus que de dispensateurs de savoirs.

Enfin, cette réforme rend l'avenir du baccalauréat très incertain : on voit mal comment Xavier Darcos pourra éviter d'introduire dans cet examen une dose importante de contrôle continu. Dire, comme il le fait, que « le bac n'est pas le principal problème », c’est sous-entendre qu’il ne manquera pas de s’en occuper.

Ce qu’il faudrait faire :

En réalité, on sait très bien d’où viennent les difficultés des lycéens et des bacheliers à l’université : non pas d’un manque liberté de choix, mais du fait que l’enseignement dispensé en amont ne leur a pas donné les bases suffisantes ; cela en raison d’une politique menée depuis longtemps et qui, par touches successives, porte atteinte à l’efficacité de l’école républicaine :

* faute de moyens pour une lutte de grande ampleur contre l’échec scolaire en contrebalançant les pressions de la société, mais aussi à cause des réductions d’horaires dans des disciplines fondamentales (un élève sortant du collège a reçu depuis le début de sa scolarité 800 heures de français de moins qu'en 1976)
* à cause de programmes et instructions obscurantistes qui ont enlevé à l’enseignement sa progressivité méthodique (suppression de l’enseignement systématique de la grammaire, refus de l’enseignement de la chronologie, abandon de la notion de démonstration, etc.) et, sous prétexte de faire construire son propre savoir par l’enfant, l’ont livré à la perplexité et ont refusé aux plus défavorisés ce que les autres trouvaient dans leur milieu d’origine.

Aujourd’hui le ministre prétend reconstruire en revenant à des programmes qui remettent à l’honneur le savoir. Mais c’est un pur effet d’annonce : à quoi servent des programmes ambitieux quand les horaires et même les structures ne sont plus là ?

Pendant que s’organise ainsi la faillite de l’enseignement public, les officines de soutien scolaire fleurissent, subventionnées par nos impôts, et l’école privée recueille les enfants dont les parents, même sans religion, veulent qu’ils étudient. C’est la « réforme de velours » qui prépare la privatisation de l’école, en attendant la mainmise sur elle des pouvoirs religieux.

Source : ufal

On lâche les chiens policiers sur les élèves dans les classes

Lundi 17 novembre 2008, 10h. 30,

Descente musclée de la gendarmerie dans les classes. Je fais cours quand, tout à coup, sans prévenir, font irruption dans le lieu clos de mon travail 4 gendarmes décidés, accompagnés d'un maître-chien affublé de son animal. Personne ne dit bonjour, personne ne se présente. Sans préambule, le chien est lancé à travers la classe. Les élèves sont extrêmement surpris. Je pose des questions aux intrus, demande comment une telle démarche en ce lieu est possible. On ne me répond pas, j'insiste, on me fait comprendre qu'il vaut mieux que je me taise. Les jeunes sont choqués, l'ambiance est lourde, menaçante, j'ouvre une fenêtre qu'un gendarme, sans rien dire, referme immédiatement, péremptoirement.

Le chien court partout, mord le sac d'un jeune à qui l'on demande de sortir, le chien bave sur les jambes d'un autre terrorisé, sur des casquettes, sur des vêtements. La bête semble détecter un produit suspect dans une poche, et là encore on demande à l'élève de sortir. Je veux intervenir une nouvelle fois, on m'impose le silence. Des sacs sont vidés dans le couloir, on fait ouvrir les portefeuilles, des allusions d'une ironie douteuse fusent.

Ces intrusions auront lieu dans plus de dix classes et dureront plus d'une heure. Une trentaine d'élèves suspects sont envoyés dans une salle pour compléter la fouille. Certains sont obligés de se déchausser et d'enlever leurs chaussettes, l'un d'eux se retrouve en caleçon. Parmi les jeunes, il y a des mineurs.

Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l'élève en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu'il peut toujours porter plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l'hosto ! »

Il y a des allées et venues incessantes dans les couloirs, une grande agitation, je vois un gendarme en poste devant les classes. J'apprendrais par la suite qu'aucun évènement particulier dans l'établissement ne justifiait une telle descente.

La stupeur, l'effroi ont gagné les élèves. On leur dira le lendemain, dans les jours qui suivent qu'ils dramatisent. Ils m'interrogent une fois la troupe partie, je ne sais que dire, je reste sans voix. Aucune explication de la direction pour le moins très complaisante. Je comprends comment des gens ont pu jadis se laisser rafler et conduire à l'abattoir sans réagir : l'effet surprise laisse sans voix, l'effet surprise, indispensable pour mener à bien une action efficace, scie les jambes.

Ensuite, dans la journée, je m'étonne de ne lire l'indignation que sur le visage de quelques collègues. On se sent un peu seul au bout du compte. Certains ont même trouvé l'intervention normale, d'autres souhaitable.

Je me dis qu'en 50 ans (dont 20 comme prof), je n'ai jamais vu ça. Que les choses empirent ces derniers temps, que des territoires jusque là protégés subissent l'assaut d'une idéologie dure.

Ce qui m'a frappé, au-delà de l'aspect légal ou illégal de la démarche, c'est l'attitude des gendarmes : impolis, désagréables, menaçants, ironiques, agressifs, méprisants, sortant d'une classe de BTS froid-climatisation en disant : « Salut les filles ! » alors que, bien sûr il n'y a que des garçons, les félicitant d'avoir bien « caché leur came et abusé leur chien ». A vrai dire des marlous, de vrais durs n'auraient pas agi autrement. C'est en France, dans une école, en 2008. Je me dis que ces gens-là, les gendarmes, devraient accompagner les gens, les soutenir, qu'ils devraient être des guides lucides et conscients. Au lieu de ça, investis d'un drôle de pouvoir, ils débarquent, on dirait des cow-boys, et terrorisent les jeunes.

Mercredi 19 novembre 2008

http://www.ladepeche.fr/article/2008/11/20/495235-Les-gendarmes-traquent...

Descente de police dans le collège de ma fille

J’ai eu cette semaine un mail concernant une descente de police dans un lycée du Gers ...On a pu entendre aussi le témoignage sur France inter. J’étais absolument abasourdi par les méthodes utilisées....Mais vous savez parfois on se dit que les gens exagèrent dans leur témoignage....

Bref je reste interrogateur !

Mais voilà que ce WE, j’accueille ma fille Zoé -elle a 13 ans- de retour du collège de Marciac.... Elle me raconte son mercredi au collège....colère à l’intérieur de moi.... révolte...... que faire ???

J’ai demandé à Zoé d’écrire ce qu’elle me disait là. Elle a accepté.

Voici donc son témoignage, avec ses mots à elle :

« Il nous l’avait dit, le CPE, que des gendarmes allaient venir nous faire une prévention pour les 4ème et les 3ème.

Ce mercredi là (19/11/2008), toutes les classes sont entrées en cours comme à leur habitude, en suivant les profs.

A peine 10 minutes plus tard - nous étions assis-, deux gendarmes faisaient déjà le tour de la salle où nous étions. La prof avec qui nous étions, les regardait en nous disant « Ils font leur ronde !?? » . Elle n’était à priori au courant de rien bien sûr. Soudain , la porte s’est ouverte, laissant entrer deux gendarmes... Enfin non, pas exactement !!! Il y avait un monsieur chauve habillé en militaire ( le dresseur de chien en fait !) et un gendarme très gros.

Le chauve nous a dit : « Nous allons faire entrer un chien ! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas ! Quand il mord, ça pique ! »

Enfin il a dit ça, à peu près... Je me rappelle surtout du « Quand il mord, ça pique ! »

Après, il est sorti deux minutes et est revenu avec deux autres gendarmes et le chien. Les gendarmes se sont placés aux deux extrémités de la classe tandis que le dresseur regardait son chien déjà à l’œuvre. Le chien s’appelait Bigo. Bigo s’est acharné sur plusieurs sacs, en mordant et arrachant tout ce qui dépassait. Quand à la prof, elle restait derrière son bureau bouche bée.

Le chien s’est attaqué au sac de mon amie, à coté de moi. Le dresseur a claqué des doigts en disant : « Sortez mademoiselle, avec toutes vos affaires ! » Elle a rangé son sac, s’est levée et s’est apprêtée à sortir mais le dresseur l’a repris vite : « Et ton manteau ! »
Elle a rougi et emporté aussi son blouson.

Plusieurs personnes de la classe sont ainsi sorties. Le chien vient alors sentir mon sac. Voyant que le chien ne scotchait pas, que rien ne le retenait là, le dresseur lui a fait sentir mon corps avant de s’empresser de me faire sortir. Dehors m’attendait une petite troupe de gendarmes... Enfin, non, pas dehors : nous étions entre deux salles de classe.

Me voyant arriver, ils se dépêchèrent de finir de fouiller une autre fille. Mon amie était déjà retournée dans la classe. Quand ils eurent fini, ils s’emparèrent de mon sac et le vidèrent sur le sol. Un gendarme me fit vider les poches du devant de mon sac. Il vérifia après moi. Je n’étais pas la seule élève. Avec moi, il y avait une autre fille qui se faisait fouiller les poches par une gendarme.

Ils étaient deux gendarmes hommes à la regarder faire. Le Gendarme qui fouillait mon sac vida ma trousse, dévissa mes stylos, mes surligneurs et cherchait dans mes doublures.

La fille qui était là fouillée elle aussi, se fit interroger sur les personnes qui l’entouraient chez elle. Elle assurait que personne ne fumait dans son entourage. Ils la firent rentrer en classe.
C’était à mon tour ! La fouilleuse me fit enlever mon sweat sous le regards des deux autres gendarmes.....

Je décris : Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures. Le gars qui nous regardait, dit à l’intention de l’autre gendarme : « On dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier ! On ne sait jamais... » Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle ! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte ! Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste mais ce ne fut pas mon cas !!!!!!

Je dis à l’intention de tous « C’est bon arrêtez, je n’ai rien !!!! »

La fouilleuse s’est arrêtée, j’ai remis mon sweat et mon fouilleur de sac m’a dit : « tu peux ranger ! ».

J’ai rebouché mes stylos et remis le tout dans mon sac et suis repartie en classe après avoir donner le nom du village où j’habite.

De retour en classe, la prof m’a demandé ce qu’ils ont fait. Je lui ai répondu qu’ils nous avaient fouillé. Je me suis assise et j’ai eu du mal à me consacrer au math !

Tout ça c’est ce que j’ai vécu mais mon amie dans la classe à coté m’a aussi raconté.

Le chien s’est acharné sur son sac à elle et elle a eu le droit au même traitement. Mais ses affaires sentaient, alors ils l’ont carrément emmené à l’internat où nous dormons. Le chien s’est acharné sur toutes ses affaires m’a t-elle dit. Le gendarme lui a demandé si elle connaissait des fumeurs de hash, vue qu’ils ne trouvaient rien. Elle leur a simplement répondu que le WE dernier elle a assisté à un concert !

Le CPE l’a ramené ensuite au collège et elle m’a raconté.

Après les cours, le principal a rassemblé tous les élèves et nous a dit que bientôt allait avoir lieu une prévention pour tout le monde.

Une prévention ? Avec des chiens ? Armés comme aujourd’hui ?

Une élève de 4ème nous a dit que le chien s’est jeté sur son sac car il y avait à manger dedans. Elle a eu très peur.

Les profs ne nous en ont pas reparlé....Ils avaient l’air aussi surpris que nous !

Tous les élèves de 3ème & 4ème ont du se poser la même question :
Que se passe t il ?

Et tous les 6ème et 5ème aussi même si ils n’ont pas été directement concernés ! »

Zoé.D.R

Qu’en pensez vous ? Que dois je faire ? Qui parle de violence ?

Il me semble important d’écrire ici que ni personne du collège a juger important de communiquer sur ces faits( ???). Nous sommes lundi 24/11/2008, il est 15h30 et si Zoé ne m’en avait pas parlé, je n’en saurais rien. Combien de parents sont au courant ?

Les enfants « victimes » -et je pèse ce mot- de ces actes sont en 4ème et 3ème.
Ils ont donc entre 12 et 14 ans ! Je n’en reviens pas....

Frédéric
http://www.ladepeche.fr/article/2008/11/27/499588-Auch-Polemique-sur-les...