Censures françaises : Le journaliste Richard Labévière licencié de RFI

 

À titre d'Éditorialiste, Grand reporter, Rédacteur en chef et animateur de l'émission "Géopolitique", Richard Labévière couvre depuis longtemps pour RFI l'actualité du Proche-Orient, dont notamment le conflit israélo-palestinien. S'il est toujours attentif à respecter les faits, il n'hésite toutefois pas à exprimer certaines positions pro-arabes et à révèler les quelques vérités politico-historiques qui fâchent Israël. Cela lui vaut d'être dans la ligne de mire des militants sionistes qui, depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, disposent désormais d'un vaste réseau d'influence dans les grands médias français, qu'ils soient publics ou privés, de droite comme de gauche.
Richard Labévière n'a donc pas échappé à l'actuelle chasse aux sorcières visant à écarter de la profession, le plus souvent sous de très nauséabonds procès en antisémitisme, tout journaliste ne diffusant pas la propagande pro-israélienne officielle...

La Cause du Peuple - Vidéo 5mn57

Censures françaises - Richard Labévière Durée : 5:57

Radio France Internationale licencie son journaliste pro-arabe Richard Labévière

Richard Labévière est journaliste à Radio France Internationale (RFI) et auteur de plusieurs ouvrages sur le Proche-Orient : Les Dollars de la terreur (1999), Bethléem en Palestine (avec Pierre Péan, 2000), Oussama Ben Laden (2002) et Le grand retournement (2006). On lui doit aussi d'avoir participé à la rédaction du Dictionnaire Mondial de l'Islamisme et, plus récemment, d'avoir co-écrit avec le philosophe Bruno Jeanmart un Bernard-Henri Lévy ou La règle du Je (2007).

À titre d'Éditorialiste, Grand reporter, Rédacteur en chef et animateur de l'émission "Géopolitique", Richard Labévière couvre depuis longtemps pour RFI l'actualité du Proche-Orient, dont notamment le conflit israélo-palestinien. S'il est toujours attentif à respecter les faits, il n'hésite toutefois pas à exprimer certaines positions pro-arabes et à révéler les quelques vérités politico-historiques qui fâchent Israël. Cela lui vaut d'être dans la ligne de mire des militants sionistes qui, depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, disposent désormais d'un vaste réseau d'influence dans les grands médias français, qu'ils soient publics ou privés, de droite comme de gauche.

Richard Labévière n'a donc pas échappé à l'actuelle chasse aux sorcières visant à écarter de la profession, le plus souvent sous de très nauséabonds procès en antisémitisme, tout journaliste ne diffusant pas la propagande pro-israélienne officielle. Il n'a en effet pas fallu longtemps à la nouvelle holding de l'audiovisuel extérieur mise en place ce printemps par l'Elysée, France Monde, dont les rênes ont été confiées au publicitaire Alain de Pouzilhac et à la journaliste Christine Ockrent - compagne à la ville du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner - pour faire taire la voix non-conforme de Richard Labévière.
Après huit années de service, il vient purement et simplement d'être licencié de Radio France Internationale pour « faute grave ».

Quelle faute ? La diffusion, non-autorisée par la direction de la rédaction, selon les dires de celle-ci, d'une interview exclusive de Bachar al-Assad réalisée à Damas juste avant la venue en France du président syrien. Pour RFI, c'est en effet une grave faute professionnelle d'obtenir un entretien exclusif avec un chef d'État.

Richard Labévière n'accepte pas ce licenciement qu'il juge abusif, d'autant qu'il semble avoir été décidé arbitrairement par Alain de Pouzilhac sans même la tenue normale d'un Conseil de discipline. Pour le journaliste, qui a déjà été écarté de certaines de ses fonctions à RFI après avoir soutenu son collègue Alain Ménargues - auteur de deux livres anti-israéliens (Les Secrets de la guerre du Liban et Le Mur de Sharon) et contraint du coup à la démission sur ordre de l'ambassadeur d'Israël en France -, il s'agit ni plus ni moins d'un « licenciement politique » pour « délit d'opinion ».

Dans cette vidéo diffusée sur internet, Richard Labévière dénonce l'actuelle « orwellisation de la presse française » ainsi que « la volonté d'imposer une lecture unique, néo-conservatrice et inconditionnellement pro-israélienne des crises et des relations internationales ». [...] « Défendre la liberté d'expression et les droits de l'homme face à leurs violations caractérisées en Chine ou ailleurs, c'est bien, à condition de s'appliquer à soi-même ces beaux principes et de commencer par balayer devant sa porte », ajoute-t-il.

Un comité de soutien dénonce aussi cette nouvelle atteinte au pluralisme journalistique. Une pétition de soutien (http://www.ipetitions.com/petition/Labeviere2008/) a été lancée et le Conseil des Prudhommes a été saisi du dossier.

Après le licenciement du caricaturiste Siné par Charlie-Hebdo, l'affaire Richard Labévière illustre le climat de « Maccarthisme » pro-israélien qui règne désormais au sein des rédactions. Nombreux sont en effet les journalistes menacés de voire leur carrière brisée s'ils abordent les questions du Proche-Orient de façon trop indépendante. Certains d'entre eux ont même été menacés de mort par les ligues juives extrémistes qui flirtent maintenant ouvertement avec la droite raciste la plus réactionnaire et la plus violente tout en bénéficiant d'une étonnante tolérance du Ministère de l'Intérieur. Et la terreur fonctionne puisque l'inquisition, la diffamation, la censure et la désinformation la plus éhontée sont désormais de mise sur les questions israélo-arabes dans l'ensemble de la presse française dite « de référence ». Outre la placardisation des journalistes récalcitrants, de nombreux intellectuels - de Pascal Boniface à Edgar Morin en passant par Alain Badiou, Alfred Grosser, Pierre Péan, Philippe Cohen, Jacques Bouveresse, José Bové, Sami Naïr, Daniel Mermet, Charles Enderlin, Noam Chomsky, Pierre Bourdieu, Danièle Sallenave, Rony Brauman, Michel Wieviorka, etc... - sont aussi régulièrement traînés au banc d'infamie simplement pour avoir osé critiquer la désastreuse politique d'Israël.

Le temps où les intellectuels juifs menaient des combats éclairés, contestant l'idée même d'un « État juif » et défendant ardemment la liberté d'expression et d'opinion, est bel et bien révolu.

Source : La République des Lettres, vendredi 22 août 2008

« Licencié à cause… d’une interview » ?

Ancien rédacteur en chef de RFI, Richard Labévière dirigeait « géopolitique », une émission hebdomadaire de débat sur cette même radio. A ce titre, il a obtenu un entretien du président syrien pour préparer le lancement de l’Union pour la Méditerranée qui s’est tenue à Paris à la mi-juillet. Obtenir un entretien exclusif avec le très controversé Bachar el-Assad est un bon coup pour un journaliste. L’interview, réalisée à Damas, a d’abord été diffusée sur TV5 Monde le 09 juillet 2008 et le 12 juillet dans l’émission « géopolitique » sur RFI.

Nous avons visionné l’entretien télévisé qui dure une vingtaine de minutes. Pas grand chose à en dire, sinon que le journaliste n’est pas très mordant face à quelqu’un qui est considéré par certains comme un dictateur à l’origine de nombreux crimes : une interview qu’on peut qualifier de classique, voire convenue. Mais d’habitude en France, on ne vire pas les journalistes quand ils réalisent une interview un poil complaisante. Selon le journaliste, la direction a prétexté un différend sur les conditions d’exclusivité de cette interview pour le licencier. « Elle (l’interview) se transforme en sanction pour faute grave, sur un dossier totalement vide, […] pour essayer de faussement justifier ce licenciement », prévient-il.

Quelle est donc la vraie raison de son départ ? Richard Labévière, cigare à la main, toujours dans son interview, va droit au but. Il parle « d’une suite de harcèlements professionnels » exercés par la direction de RFI depuis quatre ans. « […] J’ai été relevé de l’éditorial international en 2005 à la demande de l’ambassadeur d’Israël en France Nissim Zvili qui a demandé ma tête […] », précise-t-il. Une information démentie par l’ambassade d’Israël en France qui nous a répondu par mail: « l’accusation de Monsieur Richard Labévière est sans aucun fondement. […] En ce qui concerne l’intervention de l’ancien ambassadeur d’Israël en France, M. Nissim ZVILI auprès de la direction de RFI, celle-ci n’a jamais eu lieu ». C’est donc parole contre parole.

« Une orwellisation des médias »

Le journaliste évoque également « plusieurs menaces verbales et physiques » et annonce le dépôt d’une « plainte pour menaces de mort » sur son lieu de travail, « après avoir reçu des menaces vraisemblablement du Betar avec des complicités internes à RFI ».
L’accusation est forte. Le Betar est un mouvement de jeunesse proche de l’extrême droite israélienne.
Paranoïaque, Richard Labévière ? Pour lui, la direction de RFI tente d’« intimider des journalistes qui sortent du discours officiel pro-israélien » qu’elle chercherait à imposer. La nomination de Christine Ockrent et d’Alain de Pouzilhac à la tête de l’Audiovisuel Extérieur de la France (qui regroupe France 24, RFI et TV5 Monde) ne serait qu’une coïncidence. Il parle encore d’une « mise au pas des médias publics pour imposer une lecture conservatrice sur les questions proche-orientales ».

Un journaliste isolé

Jointe par téléphone, la direction de RFI nous a affirmé que cette affaire était « une décision disciplinaire interne » et a refusé tout autre commentaire.

De son côté, la rédaction est étrangement silencieuse. Pas de pétition de soutien, et les journalistes rechignent à s’exprimer. En insistant et sous couvert d’anonymat, ils parlent d’une histoire « trop complexe » pour prendre parti. Ils décrivent Richard Labévière comme un « personnage solitaire », voire un « journaliste peu objectif ». Seul Raphaël Reynes, le délégué syndical CFDT, soutient le journaliste licencié et a accepté de répondre aux questions de la TéléLibre. Selon lui, « ce licenciement révèle une volonté de nuire à Richard Labévière, un contentieux ancien avec la direction ». La CFDT soutient que la direction a évité toute explication « soit par incompétence, soit pour ne pas aborder le fond du dossier ».

Dans un entretien téléphonique le 27 août, Richard Labévière persiste et signe. A défaut de s’exprimer dans la presse française – selon lui, l’AFP et le Monde refusent de relayer un communiqué et une tribune - il s’est adressé directement aux médias arabes. « J’ai participé à une conférence de presse organisé par le syndicat de la presse au Liban le 26 août. J’ai répondu à plusieurs interviews notamment sur les chaînes de télévision al-Manar (proche du Hezbollah) et Future TV, qui appartient à la famille Hariri. J’ai répondu à plusieurs médias libanais, de la majorité, comme de l’opposition », raconte-il. Le journaliste réfute toute position de victime. « Je ne me pose pas en martyr. Mais je suis en colère donc je me défends. Je demande que la décision de la direction de RFI soit cassée et suspendue pour me réhabiliter professionnellement », ajoute-t-il.

Un référé prudhommal doit être rendu le 22 septembre.

Kelly Pujar

Source : LaTéléLibre.fr

SIGNEZ LA PÉTITION POUR LA CAMPAGNE DE SOUTIEN A RICHARD LABÉVIÈRE :
http://www.ipetitions.com/petition/Labeviere2008/index.html

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