Franchise médicale : grève des soins de Bruno-Pascal Chevalier
Le 8 janvier 2008 : chez la Ministre
Avec le maire de Morsang sur Orge Marjolaine Rauze, nous avons donc rencontré, suite à sa demande, Mme BACHELOT. Au début de l'entretien Madame le ministre m'a demandé de mettre sa fonction de côté et d'entendre sa voix de mère, de femme et son conseil de reprendre mes soins. Je lui ai répondu que mon combat ne se limitait pas à ma petite histoire mais que celui-ci est le combat de milliers de malades et de leurs familles qui ne peuvent plus aujourd'hui se soigner à cause de la remise en cause de la sécurité sociale, des remboursements de soins, des franchises.
Mme Bachelot avoue qu'en effet les malades à 100% sont remboursés à 91 % et les autres à 78 %...
Après lui avoir fait connaitre les témoignages des personnes en situations sociales difficiles, Mme Bachelot est restée malgré tout sur sa position : « Nous avons le meilleur système de santé, il faut bien, pour être solidaire au regard du viellissement de la population, demander une participation plus importante et réduire les dépenses de santé...»
Je lui ai dit et elle l'a reconnu, que le prix fixé pour les médicaments et validé par l'Etat étaient souvent exorbitants et disproportionnés. Je l'ai averti que notre mouvement grandissait et que des malades se reconnaissaient dans ce combat car il parle d'eux et qu'au-delà des malades, un grand mouvement de solidarité se met en place pour dire non à cette loi.
Poursuivons le combat, faisons une grande chaine, créons des réseaux et des formes originales de communication pour faire entendre nos voix.
Que va être la réponse de M. Sarkozy ?
Réponse du président par courrier :
Le Président de la République à M. Bruno-Pascal CHEVALIER - Le 14 janvier 2008
Vous indiquez que les franchises médicales mises en place le 1er janvier 2008 vont entraîner des renoncements aux soins.
En premier lieu, je veux vous rappeler que j'ai évoqué la création des franchises lors de ma campagne. J'ai donc fait ce que j'ai dit, sans prendre personne par surprise. Pourquoi ai-je voulu les franchises ? Ma responsabilité est de dire la vérité : lorsque la situation de l'assurance maladie est dégradée, les nouveaux besoins en matière de santé supposent de nouveaux financements. La politique de santé que je veux conduire a pour objectif d'assurer pour tous une meilleure qualité de soins. Les franchises ne sont qu'un des premiers instruments de cette politique mais un instrument indispensable. Les franchises vont permettre de mieux prendre en charge les millions de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, du cancer, ou en soins palliatifs. Le vieillissement de la population et l'apparition de nouvelles pathologies exigent des investissements importants. Ce serait une faute de renoncer à nous préparer collectivement à affronter l'avenir. Au fond, les franchises sont l'expression à la fois de notre responsabilité et de notre solidarité.
En outre, les franchises ne privent pas de soins les plus vulnérables. Les plus démunis en sont exonérés, ainsi que les enfants et les femmes enceintes, soit 15 millions de personnes au total. La contribution est plafonnée à 50 euros par an, afin de protéger les plus malades. Ces derniers auront donc à débourser, par déduction sur des remboursements ultérieurs, l'équivalent de 4 euros par mois. C'est une somme qui reste modique et toutes les objections faites à ce dispositif me semblent occulter la réalité. De surcroît, les franchises sont assurables par les organismes complémentaires dans le cadre des contrats responsables, ce qui offre un niveau de protection supplémentaire.
En espérant avoir apporté un éclairage nouveau à votre réflexion, je vous prie...
Nicolas Sarkozy
La réponse de AIDES : Un séropositif en grève de soins face aux franchises : la réponse indécente du Président de la République
15 janvier 2008 - La réponse de Nicolas Sarkozy à Bruno-Pascal Chevalier, en grève des soins, est indécente. Alors que Bruno-Pascal a annoncé publiquement que la mise en place des nouvelles franchises médicales le conduisait à renoncer aux soins, le président de la République ressasse les mêmes faux arguments pour justifier une mesure qui lui tenait tant à cœur, en dépit de l’hostilité marquée de 70% des français.
Il dit vouloir « assurer pour tous une meilleure qualité des soins ». Mais comment entend-il atteindre cet objectif en compromettant gravement la santé publique (et donc les finances de l’assurance maladie) par les renoncements ou les retards de soins nécessairement induits par les franchises ?
Il « témoigne [auprès de Bruno-Pascal Chevalier] de [son] soutien et des [ses] encouragements » : comment peut-il alors continuer à culpabiliser tous les malades en invoquant à nouveau la « responsabilité » des assurés ?
Il parle d’une « somme modique », mais sait-il que 50 euros représentent un effort énorme, parfois insupportable, pour les personnes atteintes par une maladie chronique ou une pathologie grave sur lesquelles pèsent déjà un lourd reste à charge ?
Près de la moitié des personnes séropositives vit avec moins de 760 euros par mois, la priorité est alors de se loger, de manger : de survivre. Pourtant, ces mêmes personnes doivent déjà payer de leurs poches au moins 500 euros par an pour pouvoir se soigner (déremboursements de médicaments essentiels pour leur qualité de vie ou leur santé, les dépassements d’honoraires et les actes non reconnus à la nomenclature de l’assurance maladie, auxquels il faut ajouter notamment le forfait hospitalier, le forfait à 1 euro par consultation et le forfait de 18 euros sur les actes hospitaliers lourds). Face à cette longue liste de « restes à charge » bien au-delà de 50 euros, les nouvelles franchises, pour la plupart des malades représente la mesure de trop.
Le Président dit que « les franchises ne privent pas de soins les plus vulnérables » et de rappeler les exonérations pour les bénéficiaires de la CMU, les enfants et les femmes enceintes. Mais que fait-il des personnes disposant de ressources juste au-dessus du seuil de la CMU comme beaucoup de personnes atteintes d’une maladie grave ou d’un handicap ? Quel sort réserve-t-il à ceux qui n’ont pas les moyens d’avoir une mutuelle ou s’ils en ont une, c’est avec un panier de soins restreint et certainement pas sous couvert d’un « contrat responsable » ?
Une grève des soins est une décision grave. En ce qui concerne Bruno-Pascal, elle a été prise en conscience, de manière ultime lorsque les autres moyens d’actions se sont avérés vains face à l’entêtement gouvernemental. A quel geste extrême faut-il en venir pour alerter l’opinion publique et ouvrir les yeux du président ?
Les malades ne sont pas coupables. Parce qu’elles sont dangereuses, injustes et inacceptables, AIDES exige que les franchises soient abrogées.
AIDES
COMMUNIQUÉ :
MA GRÈVE DE SOINS PREND FIN A PARTIR DU 16 MAI 2008
POUR ME PERMETTRE DE CONSACRER TOUTE MON ENERGIE
DANS LA CONSTITUTION D'UN NOUVEAU MOUVEMENT D'USAGERS,
DE PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ,
D'ORGANISMES ET TRAVAILLEURS SOCIAUX.
Mon nouveau site :
http://www.ensemblepourunesantesolidaire.fr/
...et pour signer la pétition, c'est ici
MERCI A TOUTES CELLES ET A TOUS CEUX QUI M'ONT SOUTENU
Source : Bruno-Pascal Chevalier
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