Franchises sur les soins : interview de Christian Lehmann sur FR 2

 

Franchises sur les soins; interview Christian Lehmann, FR 2 Durée 5:32

Selon une dépêche AFP du 25 mars :

Le président de la République a annoncé en septembre 2007 sa volonté d'engager « un grand débat sur le financement de la santé ».

« Qu'est-ce qui doit être financé par la solidarité nationale, qu'est-ce qui doit relever de la responsabilité individuelle à travers une couverture complémentaire ? Ce débat, qui a déjà eu lieu chez tous nos voisins, je demande au gouvernement de l'organiser », a alors indiqué le chef de l'Etat.

Le gouvernement mène une réflexion sur la prise en charge des soins par l'assurance maladie qui pourrait déboucher sur une loi au « premier semestre 2009 », a indiqué mardi la ministre de la Santé Roselyne Bachelot.

Ce texte, pourrait redéfinir les soins qui relèvent de l'assurance maladie et ceux qui relèvent de la responsabilité individuelle.

Santé : le dépeçage continue

Malgré l'emploi du conditionnel, les choses se précisent. Et le mouvement s'accélère.

Dans la réalité quotidienne des malades, sans concertation, sans communication, sans information, des décisions sont déjà prises. Et appliquées.

C'est le cas des franchises sur les soins, appliquées avec un tel zèle que certaines caisses de Sécurité Sociale continuent de les prélever au-delà du plafond de 50 euros, tandis que des patients renoncent à certains soins, amenant les communicants de la Sécu à vanter cet « effet franchise » qui améliorerait fictivement les comptes... en dégradant l'accès aux soins...

Et pendant ce temps, une nouvelle vague de déremboursements est décidée et appliquée dans la plus grande discrétion, tandis que l'on étudie sérieusement la restriction du cadre des Affections de Longue Durée, évoquant sans honte ni crainte du ridicule l'hypothèse de ne prendre en charge le diabète ou les maladies cardio-vasculaires qu'au stade des complications avérées (tout en pérorant sur la nécessité de mieux impliquer les médecins dans la prévention !).

La suite se profile derrière les arguments comptables déshumanisés du gouvernement et les formules creuses censées nous faire croire qu'il réfléchit, consulte, dialogue, « modernise ».

« Moderniser » serait-il le nouveau synonyme, politiquement correct, de « privatiser » ? Car, sous le pudique euphémisme de « redéfinir les soins qui relèvent de l'assurance maladie et ceux qui relèvent de la responsabilité individuelle », c'est la privatisation qui avance, même plus masquée. Et elle avance vite, espérant prendre le citoyen par surprise.

Dans ce contexte, la mobilisation contre les franchises est emblématique. Elle porte en elle la colère des malades, des professionnels, des citoyens qui refusent le sacrifice de la santé, de notre santé, sur l'autel de la Bourse et du profit.

Le gouvernement nous martèle que le trou de la Sécu est un gouffre insondable...

Mais depuis quand l'actionnariat privé volerait-il au secours d'une action publique qui s'écroule ???

La vérité, c'est que le secteur de la santé est rentable. Extrêmement attractif. Mais pour que les Français, attachés à leur système d'assurance-maladie solidaire, acceptent la privatisation, il faut leur faire croire que celui-ci est à bout de souffle. Il faut aussi qu'il dysfonctionne, en particulier au niveau des remboursements. Et il faut surtout que le citoyen, de lui-même, se tourne vers les assurances privées.

Rien de tel, pour faire accepter une réforme inacceptable, que de la déguiser, aux yeux des citoyens, en réforme nécessaire, de faire en sorte qu'ils y viennent eux-mêmes...

L'instauration des franchises marque, à ce titre, la bascule dans un système de pensée pervers, qui fait porter sur les malades la « responsabilité » du financement de la maladie.
L'étape suivante, le « tri » des malades, ou des pathologies, n'est qu'un pas de plus vers le système du « chacun pour soi ».

Nous ne voulons pas de ce système !

Nous ne voulons pas de ces franchises, qui, au bout de 3 mois, font chaque jour la preuve qu'elles sont un obstacle dans le parcours de soins des malades, des personnes âgées, des personnes à faibles revenus.

Source : Christian Lehmann et Bruno-Pascal Chevalier

Liens relatifs : Appel contre la franchise, Grève des soins, Collectif d'organisation contre les franchises

Articles relatifs : La franchise médicale selon Sarkozy, Franchise médicale : grève des soins de Bruno-Pascal Chevalier

Liberté, égalité, individualité.

Bonjour à tous !

Il est toujours revigorant de découvrir un nouveau site de lutte. Cela nous rappelle que nous ne sommes pas seul, et en ces temps troublés c’est plutôt nécessaires…

Très bonne analyse de la triste situation en devenir de notre système de santé qui, rappelons-le, est considéré par l’ensemble de la planète, comme un des meilleurs du monde. Je retiendrais une réflexion qui, chez moi en a déclenché une autre : « L’instauration des franchises marque, à ce titre, la bascule dans un système de pensée pervers, qui fait porter sur les malades la « responsabilité » du financement de la maladie. ».

Je crois, pour ma part, que c’est plus grave que ça. On en vient à vouloir responsabiliser le malade. Responsabiliser : Pour ce gouvernement cela revient à dire que si la personne est malade, c’est de sa responsabilité. Le faible, l’indigent, la personne accidentée doit assumer elle-seule les conséquences de son destin. Un peu comme si chaque individu sur cette terre était prédéterminé et qu’il devait assumer seul ce déterminisme sans en soulager une partie du poids sur les autres. On peut également y voir la main invisible d’une puissance supérieure qui châtie les individus en les accablant de maux divers… S’ils sont malades, c’est que quelque-part, ils le méritent. Alors pourquoi s’en mêler ?

Dans l’esprit même de cette réforme je détecte de l’injustice. Car alors, seuls les nantis pourront être à même d’assumer leur santé. L’argent deviendra le moyen par lequel le déterminisme s’exprime. Il n’y aura plus que ceux qui peuvent se soigner parce qu’ils ont de l’argent, et les autres. Les autres, ceux qui n’ont pas été bénis, ou qui sont nés sous une mauvaise étoile ou dans un mauvais quartier… Chacun pour soi et Dieu reconnaitra les siens !

Cela revient donc à nier l’interaction entre les êtres humains. Le mutualisme, la solidarité, le fait que personne n’est à l’abri d’un coup du sort, tout cela n’a donc plus de sens.


C’est bien triste et révoltant.


Liberté, égalité, individualité.

L'état = mauvais payeur

Savez-vous qu'en cas de non-paiement de l'URSSAF à l'échéance, votre patron devra payer une pénalité ?
L'état-patron, lui, se fout royalement (le terme a été choisi !) de payer ses dettes au titre de l'assurance maladie.

- 1 milliard d'euros au titre de l'AME (Aide Médicale d'Etat destinée aux plus démunis dont les ressources sont inférieures à 598 euros par mois pour une personne seule) --> http://www.trt-5.org/article124.html

- 6,2 milliards d'euros au titre de la dette cumulée pour la sécurité sociale sur les exonérations de charges sociales --> http://www.sdbio.fr/html/modules.php?op=modload&name=News&file=article&s...

- 17 milliards d'euros de dette reprise par la CADES (calcul sur le déficit 1999-2004) --> http://www.senat.fr/rap/l03-424-1/l03-424-14.html

« Ces dettes de l’Etat contribuent elles-mêmes à creuser le trou : sans la dette cumulée du FSV et les créances des organismes sociaux sur l’Etat, le solde de trésorerie de l’Acoss, Agence centrale des organismes de sécurité sociale, aurait été positif d’environ 3 milliards d’euros au 1er janvier 2006, alors qu’il dépasse 6 milliards d’euros de déficit »

. --> http://www.viva.presse.fr/article.php3?id_article=5841

Après ça, on veut nous faire gober que le trou de la sécu est du aux dépenses excessives des malades !
Que l'état paye ses dettes d'abord, avant de faire payer les pauvres, les malades, les petits.

En fait, dans ce gouvernement sarko-populo-vichyiste, le réflexe est d'abord de pointer du doigt la partie fragile de la population pour la jeter ensuite à la vindicte de l'autre partie ! Diviser pour mieux régner et, ainsi, s'en mettre plein les fouilles.

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