De la servitude moderne : L'esclave dans le système totalitaire marchand
La servitude moderne est une servitude volontaire, consentie par la foule des esclaves qui rampent à la surface de la Terre. Ils achètent eux-mêmes toutes les marchandises qui les asservissent toujours un peu plus. Ils courent eux-mêmes derrière un travail toujours plus aliénant, que l’on consent généreusement à leur donner, s’ils sont suffisamment sages. Ils choisissent eux-mêmes les maitres qu’ils devront servir. Pour que cette tragédie mêlée d’absurdité ait pu se mettre en place, il a fallu tout d’abord ôter aux membres de cette classe toute conscience de son exploitation et de son aliénation. Voila bien l’étrange modernité de notre époque. Contrairement aux esclaves de l’Antiquité, aux serfs du Moyen-âge ou aux ouvriers des premières révolutions industrielles, nous sommes aujourd’hui devant une classe totalement asservie mais qui ne le sait pas ou plutôt qui ne veut pas le savoir. Ils ignorent par conséquent la révolte qui devrait être la seule réaction légitime des exploités. Ils acceptent sans discuter la vie pitoyable que l’on a construite pour eux. Le renoncement et la résignation sont la source de leur malheur...
La Cause du Peuple - Video 52mn20
En premier lieu on la ridiculise ;
en deuxième lieu on s'y oppose violemment ;
enfin on l'accepte comme si elle allait de soi."
Schopenhauer
De la servitude moderne est un livre et un film documentaire de 52 minutes produits de manière totalement indépendante ; le livre (et le DVD qu’il contient) est distribué gratuitement dans certains lieux alternatifs en France et en Amérique latine. Le texte a été écrit en Jamaïque en octobre 2007 et le documentaire a été achevé en Colombie en mai 2009. Il existe en version française, anglaise et espagnole. Le film est élaboré à partir d’images détournées, essentiellement issues de films de fiction et de documentaires.
L’objectif central de ce film est de mettre à jour la condition de l’esclave moderne dans le cadre du système totalitaire marchand et de rendre visible les formes de mystification qui occultent cette condition servile. Il a été fait dans le seul but d’attaquer frontalement l’organisation dominante du monde.
Dans l’immense champ de bataille de la guerre civile mondiale, le langage constitue une arme de choix. Il s’agit d’appeler effectivement les choses par leur nom et de faire découvrir l’essence cachée de ces réalités par la manière dont on les nomme. La démocratie libérale est un mythe en cela que l’organisation dominante du monde n’a rien de démocratique ni même rien de libérale. Il est donc urgent de substituer au mythe de la démocratie libérale sa réalité concrète de système totalitaire marchand et de répandre cette nouvelle expression comme une trainée de poudre prête à incendier les esprits en révélant la nature profonde de la domination présente.
D’aucuns espèreront trouver ici des solutions ou des réponses toutes faites, genre petit manuel de « Comment faire la révolution ? ». Tel n’est pas le propos de ce film. Il s’agit ici de faire la critique exacte de la société qu’il nous faut combattre. Ce film est avant tout un outil militant qui a pour vocation de faire s’interroger le plus grand nombre et de répandre la critique partout où elle n’a pas accès. Les solutions, les éléments de programme, c’est ensemble qu’il faut les construire. Et c’est avant tout dans la pratique qu’elles éclatent au grand jour. Nous n’avons pas besoin d’un gourou qui vienne nous expliquer comment nous devons agir. La liberté d’action doit être notre caractéristique principale. Ceux qui veulent rester des esclaves attendent l’homme providentiel ou l’œuvre qu’il suffirait de suivre à la lettre pour être plus libre. On en a trop vu de ces œuvres ou de ces hommes dans toute l’histoire du XXº siècle qui se sont proposés de constituer l’avant-garde révolutionnaire et de conduire le prolétariat vers la libération de sa condition. Les résultats cauchemardesques parlent d’eux-mêmes.
Par ailleurs, nous condamnons toutes les religions en cela qu’elles sont génératrices d’illusions nous permettant d’accepter notre sordide condition de dominés et qu’elles mentent ou déraisonnent sur à peu près tout. Mais nous condamnons également toute stigmatisation d’une religion en particulier. Les adeptes du complot sioniste ou du péril islamiste sont de pauvres têtes mystifiées qui confondent la critique radicale avec la haine et le dédain. Ils ne sont capables de produire que de la boue. Si certains d’entre eux se disent révolutionnaires, c’est davantage en référence aux « révolutions nationales » des années 1930-1940 qu’à la véritable révolution libératrice à laquelle nous aspirons. La recherche d’un bouc émissaire en fonction de son appartenance religieuse ou ethnique est vieille comme la civilisation et elle n’est que le produit des frustrations de ceux qui cherchent des réponses rapides et simples face au véritable mal qui nous accable. Il ne peut y avoir d’ambigüité sur la nature de notre combat. Nous sommes favorables à l’émancipation de l’humanité toute entière, sans aucune forme de discrimination. Tout pour tous est l’essence du programme révolutionnaire auquel nous adhérons.
Les références qui ont inspiré ce travail et plus généralement ma vie sont explicites dans ce film : Diogène de Sinoppe, Étienne de La Boétie, Karl Marx et Guy Debord. Je ne m’en cache pas et ne prétend pas avoir inventé l’électricité. On me reconnaîtra simplement le mérite d’avoir su m’en servir pour m’éclairer. Quand à ceux qui trouveront à redire sur cette œuvre en tant qu’elle ne serait pas assez révolutionnaire ou bien trop radicale ou encore pessimiste n’ont qu’à proposer leur propre vision du monde dans lequel nous vivons. Plus nous serons nombreux à diffuser ces idées et plus la possibilité d’un changement radical pourra émerger.
La crise économique, sociale et politique a révélé la faillite patente du système totalitaire marchand. Une brèche est ouverte. Il s’agit maintenant de s’y engouffrer sans peur mais de manière stratégique. Il faut cependant agir vite car le pouvoir, parfaitement informé sur l’état des lieux de la radicalisation de la contestation, prépare une attaque préventive sans commune mesure avec ce que nous avons connu jusqu’à maintenant. L’urgence des temps nous impose donc l’unité plutôt que la division car ce qui nous rassemble est bien plus profond que ce qui nous sépare. Il est toujours très commode de critiquer ce qui se fait du côté des organisations, des individus ou des différents groupes qui se réclament de la révolution sociale. Mais en réalité, ces critiques participent de la volonté d’immobilisme qui tente de nous convaincre que rien n’est possible. Il ne faut pas se tromper d’ennemis. Les vieilles querelles de chapelle du camp révolutionnaire doivent laisser la place à l’unité d’action de toutes nos forces. Il faut douter de tout, même du doute.
Jean-François Brient et Victor León Fuentes
Source : De la Servitude Moderne
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J'aime le fond ! C'est un
J'aime le fond ! C'est un constat qui me semble juste. Les différentes classes se reproduisent entre-elles, et nous sommes en effet des esclaves de ce monde. Mais je crois que tout n'est pas si noir. Il reste nous reste l'amour et la haine, elles, inaliénables.
J'aime moins la forme: Pourquoi ne pas avoir légendé les différentes images ? Celles des films peuvent servir votre approche (1984, Fight Club). Celles des building immondes etc.
Continuez !
C'est en effet une vision néo-situationniste de la société
C'est en effet une vision néo-situationniste de la société. Mais la noirceur décrite n'est-elle pas conforme à la réalité ?
Pour autant, la fin du film nous ouvre des perspectives d'avenir. Elles commencent bien sûr par la révolte, individuelle d'abord, mais surtout collective car "nous sommes plus nombreux qu'eux". Ce film est surtout une prise de conscience qu'il est urgent de diffuser partout (le film est libre de droits et est téléchargeable).
Pour les plans-séquences, la liste des films utilisés pour réaliser ce documentaire figure à la fin dans le générique. Sur la fin, bon nombre des images sont tirées du film "The Take" qui figure dans notre article : La prise : Autogestion en Argentine après la crise de 2001.
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L'éveil se fait doucement
L'éveil se fait doucement mais surement. On est des millions, on a la force et les savoirs, la motivation et l'inspiration. Lisez, écrivez, regardez, écoutez, parlez, chantez, hurlez votre rage, votre haine ou votre joie, savourez, forniquez, faites confiance à l'univers, dites merci, fumez et picolez, faites attention a vous et aux autres autour, aidez et supportez ceux en qui vous croyez, vous en premier, envoyez chier le système et n'écoutez pas ceux qui vous disent que vous ne valez rien, formez vous, informez vous, vérifiez et faites circulez, éduquez les plus jeunes parce qu'ils seront les combattants de demain, battez vous pour vos convictions, amusez vous, créez, voyagez, travaillez pour vous-même, reposez vous, faites la fête, respectez la Pacha Mamma, elle est votre mère, mais aussi celle des autres, RÉSISTEZ, soyez votre propre patron, faites vous entendre et n'ayez pas peur de passer pour des dingues, si au moins une personne sur cent est touchée, c tout ce qui compte ; il n'est jamais trop tard pour la prise de conscience. "Qu'elle soit active, passive, violente ou qu'elle complote, ta réaction sera un tout au moment du choc"
C'est une développement qui
C'est une développement qui nous doit paye avec ces tristesses. C'est la système qui doit changer mais c'est très difficile jusqu'à impossibilité, même les chefs de cette monde soufre d'une auto peur par concurrence or leur morte qui vient sans doute dans une moment ou l'autre.
Encore un film qui dénonce le
Encore un film qui dénonce le système planetaire actuel, mais...
...les solutions, elles sont ou ?
Une musique d'extrême gauche très entrainante, avec des images de casseurs qui ont l'air heureux - totale oppositions au gens malheureux qu'on a cessé de voir depuis le début. Vous utilisez les armes de vos adversaires, comme dans une pub : on présente un problème, on trouve la solution miracle, on montre des gens heureux et on sort une phrase facile a retenir. Est-on plus heureux qu'avant, vous dites que non...
J'espère être un jour convaincu par un reportage de ce genre, mais qui au lieu de proposé une révolte qui aboutie au nihilisme nous proposeras une révolte spirituel, intelligente, et mieux : propose un avenir pour chaque humain !
PS : @1tox : Fight Club est une oeuvre a prendre au second degrés. Elle ne vente en rien toute acte de Nihilisme ou de destruction de la société...
Un début de solution
En réponse à PsyX
allez voir sur les sites suivant : Vénus project ou encore the zeitgeist movement ou encore Le Blog du Gwen ou encore sur La grande farce dans Blogger qui vous met en relation avec tous les autres. Certaines personnes ont déjà des réponses et pas des moindres, faudrait-il les écouter !
PS :Fight Club est une oeuvre à prendre sur plusieurs facettes puisqu'il s'agît de dédoublement de la personnalité, de schizophrénie engendrée par cette société malade. Et ce film ne vante pas le nihilisme ou la destruction, et ce n'est pas non plus un film de baston comme on entend souvent, mais un film qui prône le passage à l'action dans une société qui maintient le statu quo par la peur !
Je ne peux que répondre aux
Je ne peux que répondre aux personnes soucieuses de solutions d'aller voir "The Venus Project".