Journée mondiale contre le sida : Les origines de la maladie
La vingtième journée mondiale contre le sida s'ouvre ce lundi 1er décembre. En 25 ans le virus a tué environ 25 millions de personnes dans le monde. En France, 10.600 tests se sont avérés positifs l'année dernière. C'est l'occasion de remonter sur les origines du SIDA.
Comme vous le verrez dans le petit retour en arrière ci-après, les origines du sida sont objet à controverse. Le VIH (virus du sida) vient du singe. Mais deux possibilités de contact entre le singe et l’homme restent plausibles. Laquelle est la bonne ?
Soit le contact se serait fait par le sang (ex. : un chasseur blessé se contamine avec le sang d’un chimpanzé qu’il vient de chasser). C’est la théorie du transfert naturel, émise en 1999, qui est aujourd’hui largement acceptée par la communauté scientifique.
Soit le contact se serait fait par la vaccination. En effet, les vaccins contre la polio sont fabriqués à partir de reins de singes. Celui du Dr Koprowski aurait été fabriqué à partir de reins de chimpanzés et a été administré à un million d’Africains au Congo belge à la fin des années 50. Et c’est l’hypothèse qui dérange...
La Cause du Peuple - Vidéo 91mn
Reportage de la RTBF et france 2 sur la théorie des origines possibles du SIDA par le vaccin Polio à la fin des années 50 composé à partir de reins de chimpanzés.
Une mise en lumière intéressante sur l'attitude des grands laboratoires Pharmaceutiques.
(voir depris.cephes.free.fr)
La productrice de ce documentaire - « Les origines du sida » - a d’ailleurs pris son travail à cœur : il aura fallu « trois ans d’une enquête ardue » et « de constantes remises en question ». « Nous sommes conscients du fait que notre film va déranger. Mais nous avons décidé de faire ce film pour tous ceux qui, justement, ne font pas partie d’un comité d’experts, mais qui ont toutes les raisons de poser la question. C’est-à-dire nous tous. Nous avons donc fait un film d’investigation sur un problème que nous estimons aussi politique que scientifique. Avons-nous le droit de questionner ? Avons-nous le droit de savoir ? Et avons-nous le droit de demander des comptes ? », interroge-t-elle.
Un documentaire exceptionnel
Le vaccin contre la polio est le premier vaccin à être fabriqué à partir de reins de singes. Comment le fabrique-t-on ? Quels sont les différents types de vaccins anti-polio ?
Pour faire un vaccin, on commence par faire une culture à partir de reins de singes puis il faut :
- Prélever un morceau de tissu rénal et le diviser avec une paire de ciseaux
- Laisser reposer cette suspension pour faire une monocouche de cellules
- Ajouter le virus de la polio
- Prélever ensuite le liquide de ces cultures
- Filtrer pour enlever le reste des cellules
On obtient alors une suspension de virus. Soit on l’inactive avec du formol, soit on l’affaiblit par des passages successifs dans des cultures de cellules.
Il existe deux types de vaccins :
1) Le vaccin inactivé et injecté de Jonas Salk. Il contient des particules de virus de la polio qui ont été tuées dans du formol. L’immunité qu’il confère est temporaire et nécessite trois injections successives. Pour fabriquer son vaccin, Jonas Salk utilise des reins de macaques Rhésus.
2) Les vaccins vivants atténués de Albert Sabin et de Hilary Koprowski. Ils contiennent des particules de virus de la polio qui sont vivantes, mais affaiblies au cours d’un long processus où l’on passe le virus dans des cultures de cellules, jusqu’à ce que sa capacité à déclencher la maladie disparaisse. Ce vaccin est administré par la bouche et est efficace dès la première prise. Les notes de laboratoires d’Albert Sabin attestent qu’il utilisait des reins de macaques Rhésus ou de macaques synomolgus. Hilary Koprowski a « perdu » toute documentation permettant de prouver l’espèce de singe qu’il a utilisée. Il nie avoir utilisé des chimpanzés.
La course au vaccin
Dans les années 50, les États-Unis sont en guerre contre la polio, ce fléau qui attaque les enfants. C’est le début d’une course au vaccin entre les plus grands scientifiques : Jonas Salk, Albert Sabin et Hilary Koprowski.
Chronologie
27 février 1950 : Hilary Koprowski est le premier à tester son prototype de vaccin oral, à base de virus vivant atténué, sur un enfant américain de Letchworth village.
12 avril 1955 : Le vaccin de Jonas Salk est homologué. C’est un vaccin qui utilise un virus inactivé, autrement dit « tué » et qui nécessite trois injections. Une campagne de vaccination de masse suit cette homologation aux Etats- Unis. 90 millions d’Américains seront vaccinés.
23 avril 1955 : Drame autour de la vaccination antipoliomyélite : 260 enfants ayant reçu le vaccin Salk tombent malades, onze d’entre eux meurent. Des lots de vaccins provenant des laboratoires Cutter (en Californie) étaient défectueux : ils contenaient encore du virus vivant.
Mai 1955-1960 : Ce drame relance la course au vaccin entre Albert Sabin, au Children’s Hospital Research Foundation (Cincinnati), et Hilary Koprowski, d’abord au Laboratoire Lederle (Pearl River, État de New York) puis au Wistar Institute de Philadelphie.
1958-1959 : Albert Sabin teste son vaccin oral, à base de virus vivant atténué, sur 6 millions d’enfants en URSS.
1957-1960 : Hilary Koprowski teste son vaccin expérimental « CHAT » sur 1 million d’Africains du Congo belge.
Novembre 1958 : Albert Sabin analyse le vaccin « CHAT » de Hilary Koprowski et découvre qu’il est instable et contaminé par un virus inconnu.
Novembre 1958 : L’OMS désapprouve dans une lettre confidentielle les campagnes de vaccinations de masse menées par Hilary Koprowski au Congo belge.
Printemps 1960 : Le vaccin oral d’Albert Sabin est homologué et utilisé dans le monde entier pour les campagnes de vaccinations de masse.
Durant l’été 1955, Hilary Koprowski et Ghislain Courtois, virologue et directeur du laboratoire médical de Stanleyville (Congo belge), se rencontrent lors d’un colloque au Kenya et décident de créer un camp d’élevage de chimpanzés pour faire officiellement des recherches sur l’hépatite et la polio. Chronologie.
Hilary Koprowski et le Congo belge
1er mai 1956 : Le projet aboutit : ouverture du Camp Lindi, situé en retrait de Stanleyville. Ghislain Courtois en est le directeur.
Janvier 1957 : Plus de 200 chimpanzés sont déjà arrivés au Camp Lindi.
Février 1957 : Ghislain Courtois reçoit Hilary Koprowski pour la première fois au Camp Lindi. Ils immortalisent cette visite par une photo « officielle » devant la pancarte du camp.
Mars 1957 : Premières vaccinations de 4228 personnes avec le vaccin oral expérimental « CHAT » de Hilary Koprowski à Stanleyville.
1er mai 1957 : Hilary Koprowski quitte les laboratoires Lederle à Pearl River dans l’État de New York (Etats-Unis) avec son vaccin oral expérimental « CHAT ». Il devient directeur du Wistar Institute à Philadelphie.
1er octobre 1957 : Inauguration en présence de Hilary Koprowski, Ghislain Courtois et toute l’équipe des médecins belges du nouveau laboratoire médical de Stanleyville (Congo belge). Ce laboratoire est immense et possède la technologie de pointe de l’époque.
26 décembre 1957 : Deux ans et demi après l’ouverture du camp, Gilbert Rollais, le chasseur officiel du camp et son équipe de Pygmées ramènent le 401e chimpanzé au Camp Lindi.
1er février 1958 : Fritz Deinhardt, spécialiste en cultures de tissus au Children’s Hospital de Philadelphie arrive à Stanleyville pour, officiellement, faire des recherches sur l’hépatite.
Du 24 février au 10 avril 1958 : En l’espace de six semaines, 215 504 personnes sont vaccinées avec le vaccin « CHAT 10A11 » dans la vallée de la Ruzizi, frontière entre le Congo belge, le Rwanda et le Burundi.
Novembre 1958 : L’OMS désapprouve les campagnes de vaccinations de masse menées par Hilary Koprowski au Congo belge.
1959 : Dans le cadre de leurs recherches, Joseph Vandepitte et Arno Motulsky font le tour du Congo belge et collectent 2000 échantillons de sang humain.
En 1985 : le chercheur André Nahmias découvrira que l’un de ces échantillons est positif au VIH...
Juin 1960 : Indépendance du Congo belge. La situation politique entraîne la fermeture du Camp Lindi dans lequel il reste 50 chimpanzés.
Au total, un million de personnes ont reçu le vaccin expérimental.
Science sans conscience ?
Les origines du sida
Où, quand et comment le sida est-il apparu ? Bien qu'à ce jour aucune réponse ne puisse être apportée avec certitude, un scénario gagne cependant la faveur de la communauté scientifique.
C'est en analysant les virus du singe mangabey que les virologistes ont constaté une homologie d'environ 90% avec le virus du sida humain de type VIH2.
L'émergence d'une nouvelle maladie pose inévitablement la question de son origine. En particulier, lorsque celle-ci, comme le sida, connaît une véritable explosion épidémique: selon Bernard Kouchner, secrétaire d'État à la Santé, 16.000 personnes seraient contaminées chaque jour dans le monde. Connaître l'origine de la maladie pourrait peut être aider à comprendre le phénomène épidémique. Aujourd'hui, grâce aux travaux d'une équipe dirigée par le docteur David Ho (Aaron Diamond Center, université Rockefeller, New York), on en sait un peu plus sur la date d'apparition du sida chez l'homme. Bien que les premiers cas de cette maladie aient été enregistrés au début des années 80, ces chercheurs montrent qu'en fait le VIH1, l'un des deux types de virus d'immunodéficience humaine responsable du sida, était déjà présent en 1959 chez un homme vivant au Congo belge, à Léopoldville (actuelle Kinshasa, en République démocratique du Congo). De plus, ils situent dans les années 40 la première contamination humaine par l'ancêtre de la plupart des VIH1 actuels. Une datation purement spéculative, basée sur des calculs mathématiques et « donc à prendre avec une extrême prudence », nous confie le professeur Françoise Barré-Sinoussi, chef de l'unité de biologie des rétrovirus à l'Institut Pasteur. Quoiqu'il en soit, ces travaux, en situant dans l'ex-Zaïre le plus ancien cas connu d'infection à VIH, confirment l'hypothèse que le sida serait apparu pour la première fois en Afrique centrale.
Du singe à l'Homme
Mais comment cette maladie a-t-elle été transmise à l'homme ?
D'après Françoise Barré-Sinoussi, « l'hypothèse la plus probable est que l'homme a été contaminé par des singes d'Afrique, peut-être à la suite de morsures ». Une hypothèse que partage d'ailleurs la majorité des virologistes, arguments scientifiques à l'appui. En effet, les chercheurs ont noté que plusieurs espèces de singes d'Afrique étaient infectées par des virus apparentés aux VIH. Ainsi, les virus du singe mangabey présentent, d'après l'analyse de leur patrimoine génétique, une forte homologie (jusqu'à 90%) avec les virus humains de type VIH2. De plus, la zone d'épidémie du VIH2 est sensiblement identique à celle habitée par le singe mangabey (forêts tropicales et marécages d'Afrique de l'Ouest). Il est donc logique de penser que l'infection à VIH2 puisse être la conséquence d'une transmission inter-espèces entre ce singe et l'homme.
Pour le VIH1, la situation est moins évidente. L'hypothèse qui prévaut actuellement est que la contamination a eu lieu à partir du chimpanzé. En effet, les virus retrouvés chez cette espèce sont ceux qui présentent le plus d'homologies avec les virus humains de type VIH1.
Mais, malheureusement, ces données ne reposent, comme nous le précise François Simon, praticien hospitalier dans le laboratoire de virologie de l'hôpital Bichat-Claude Bernard, que sur l'analyse de trois chimpanzés séropositifs... « On s'interroge donc encore sur le lien entre les virus du chimpanzé et les VIH1. Il est possible qu'il manque un maillon entre le chimpanzé et l'homme », souligne Françoise Barré-Sinoussi. Pour François Simon, « ces passages inter-espèces doivent exister depuis des millénaires ». Mais, seule la conjonction de plusieurs facteurs aura, en Afrique, permis aux virus du sida de diffuser dans l'espèce humaine: urbanisation, développement de la prostitution, campagnes de vaccination (avec probablement l'utilisation multiple de seringues souillées). Les mouvements de population et l'ouverture au tourisme feront le reste, favorisant la dissémination des virus à l'ensemble de la planète.
Source : cite-sciences.fr
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