L'Argent : Comment vient-il à manquer ?

 

"Si les gens comprenaient réellement le processus de création monétaire, le système ne tiendrait pas plus de 24 heures."
La monnaie est le sang de l'économie et le moteur de l'échange. Dans la dernière décennie, l'Argentine et la Turquie voyaient leurs monnaies se dévaluer dramatiquement. Ces pays dits riches se sont retrouvés au bord de la faillite. Emprisonnés dans une spirale d'endettement, l'Argentine et la Turquie en sont venus à se vider de leurs ressources financières à travers les privatisations et le paiement de leur dette extérieure, précipitant la « dollarisation » de leurs économies. Et si c'était notre tour aujourd'hui ?
Isaac Isitan mène une enquête passionnante et décortique les mécanismes de création et de régularisation du contrôle monétaire à l'échelle nationale et internationale. Prenant comme terrain d'investigation l'Argentine, la Turquie mais aussi l'État de New York, il observe l'émergence d'initiatives communautaires alternatives et de réseaux parallèles de troc, des outils dont se dotent les citoyen(ne)s pour survivre ou pour soutenir et développer les échanges locaux...

La Cause du Peuple - Vidéo 55mn56

L'Argent - Durée : 55:56

La Crise de l'Argentine en 2001

Provoquée par une fuite de capitaux massive pendant les mois d'août, septembre et octobre, la crise est partiellement jugulée par un contrôle drastique des dépôts bancaires, appelé Corralito, basé sur l'obligation d'effectuer toutes les opérations financières à travers les banques et la restriction des retraits d'argent en numéraire. Le gros de la population n'étant pas bancarisé, la perception des rémunérations et salaires devient un véritable casse-tête, ce qui provoque une aggravation drastique de la crise en décembre 2001, provoquant un véritable chaos social, et des émeutes des classes sociales les plus appauvries par la crise. La répression cause 31 morts, le ministre des Finances est relevé de ses fonctions, mais cela ne suffit pas et le président signifie sa démission en s'enfuyant du palais du Gouvernement en hélicoptère. Le gouvernement, le FMI et la parité entre le peso et le dollar américain sont les thèmes les plus critiqués.

En dix jours, quatre présidents se succèdent (Camaño, Rodriguez Saa, Puerta, Duhalde), le gouvernement argentin se déclare en état de cessation de paiement, abroge la loi consacrant l'intangibilité des dépôts bancaires (ce qui provoque l’évaporation des dépôts des classes moyennes qui en avaient mais ne les avaient pas transférés) et, donc, par un approfondissement de la crise économique. Le 6 janvier 2002, le nouveau gouvernement procède à un gel total des avoirs bancaires, appelé Corralón, et une dévaluation officielle du peso de 28 % par rapport au dollar, tandis que dans la rue le dollar se change à 1,60 peso pour atteindre très vite plus de 3 pesos. Le monde entier a été surpris par les évènements de décembre 2001. Les médias ont montré un pays caractérisé par les pillages de magasins et les concerts de casseroles des classes moyennes. Mais ces représentations sont simplistes et plus que subjectives. Les émeutes et les mobilisations ne sont pas nées à la fin de l'année 2001. Dès 1989, une vague de saccages de magasins a eu lieu, conséquence de l'hyperinflation. En décembre 1993, le pays a connu des révoltes, notamment à Santiago del Estero. En 1996, les premiers piqueteros établissaient des barrages à Cutral-Co, dans la province de Neuquen. Mais les médias n'avaient laissé que très peu de visibilité à ces mouvements.

Les protestations de décembre 2001 doivent être analysées en tenant compte des changements que le répertoire de l'action collective a connu ces dernières années en Argentine. Comme l'a expliqué Javier Ayuero, "loin d'être l'explosion d'une citoyenneté paraissant jusqu'alors repliée sur elle-même et incapable d'exprimer son mécontentement, le mois de décembre 2001 représente plutôt le point le plus critique d'un processus de mobilisation populaire datant environ d'une dizaine d'années".

Source : Wikipedia

Les origines de la crise économique en Argentine

Article de Arnaud Zacharie* écrit en 2003

L'Argentine est connue pour être un des élèves privilégiés du FMI (Fonds monétaire international). Le pays a depuis les années 80 appliqué rigoureusement les lettres d'intentions des experts de Washington. L'objectif des programmes est désormais bien connu : désendetter le pays et l'ajuster structurellement au marché mondial, afin de rompre définitivement avec les politiques « dirigistes » du passé, responsables de la crise de la dette du début des années 80.
Suivant la théorie néolibérale, on a ainsi « dégraissé » la puissance publique, vendu les entreprises aux capitaux étrangers, ouvert les frontières économiques aux capitaux internationaux et aux multinationales. Aujourd'hui, alors que 90% des banques et 40% de l'industrie sont aux mains de capitaux internationaux, la dette extérieure du pays a quasiment quadruplé entre 1983 et 2000, la santé et l'éducation sont en lambeaux et le salaire moyen vaut la moitié de ce qu'il valait en 1974. L'échec est dramatique, autant économiquement que socialement, et la crise qui explose aujourd'hui va encore dégrader la situation. La raison est, bien que peu souvent invoquée, évidente : le FMI et les gouvernements argentins n'ont pas répondu aux véritables problèmes et ont au contraire appliqué des mesures les aggravant.

Aux origines de la crise d'endettement argentine : un mécanisme bien huilé de décapitalisation

Des preuves existent désormais, fruit d'une enquête judiciaire de 18 ans faisant suite à une procédure déposée par un journaliste, Alejandro Olmos, dès 1982 : la crise de la dette argentine a pour origine un mécanisme de dilapidation et de détournements de fonds mettant en scène le gouvernement argentin, le FMI, les banques privées du Nord et la Federal Reserve américaine. C'est pourquoi la Cour Fédérale argentine a, en juillet 2000, déclaré « illégitime » la dette contractée par le régime Videla, car contraire à la législation et à la Constitution du pays. Le Tribunal a recommandé au Congrès d'utiliser cette sentence pour négocier l'annulation de cette dette odieuse.

Retour sur les faits : en 1976, la junte militaire de Videla prend le pouvoir et instaure une dictature qui durera jusqu'en 1983. Durant cette période, la dette extérieure argentine est multipliée par cinq (passant de 8 à 43 milliards de dollars), alors que la part des salaires dans le PNB (produit national brut) passe de 43 à 22%. La dictature mènera à la crise de la dette puis à l'entrée officielle du FMI aux commandes financières du pays.

La sentence du Tribunal argentin, lourde de 195 pages, retrace l'histoire de cet endettement originel. Divers types d'acteurs sont mis en présence : côté argentin, on trouve dans les rôles principaux le président Videla, le ministre de l'économie « offert » par le Conseil des chefs d'entreprise, Martinez de la Hoz, et le directeur de la banque centrale, Domingo Cavallo (celui-là même qui a démissionné le 20 décembre 2001).

On trouve ensuite le FMI, qui octroie un important prêt à l'Argentine dès 1976, apportant par là la garantie aux banques occidentales que le pays est un endroit privilégié pour recycler leurs surplus de pétrodollars. Mais le rôle du FMI ne s'arrête pas là, puisqu'on retrouve tout au long de la dictature Dante Simone, cadre du FMI au service du régime. Le FMI se justifie en affirmant qu'il avait octroyé un congé à Dante Simone et que celui-ci s'était mis à la disposition de la banque centrale du pays (p. 127 de la sentence). Cette dernière payait ainsi les frais de séjour et de logement de l'expert. Reste à savoir qui payait le salaire et si le congé était payé par le FMI…

Quoi qu'il en soit, Dante Simone a rédigé un rapport adressé à Domingo Cavallo de la banque centrale argentine (on a retrouvé un double au FMI), rapport assurant que d'importantes marges existaient en matière d'endettement avant qu'un danger économique majeur ne survienne (p. 31 de la sentence). Et le rôle de M. Simone a clairement été de rechercher d'importants et discrets financements externes…

Ces financements externes n'étaient de toute façon guère difficile à trouver, tant les banques occidentales, regorgeant de pétrodollars impossibles à placer suite à la crise dans les pays riches du Nord, étaient avides de débouchés nouveaux. L'enquête montre ainsi que la banque centrale argentine a pu réaliser des placements discrétionnaires auprès des banques américaines, ceci sans passer par l'accord du ministre de l'économie, mais en s'appuyant sur le généreux intermédiaire de la Federale Reserve américaine !
L'entente entre ces différents protagonistes sera telle que des prêts bancaires octroyés à l'Argentine ne prendront jamais la direction du pays, mais seront directement détournés par les banques dans des paradis fiscaux au nom de sociétés-écrans. La dette n'a ainsi pas profité aux populations locales, mais bien au régime dictatorial et aux banques du Nord, apportant au passage un important soutien d'ingénierie financière.

Le reste des fonds furent dilapidés dans de généreuses subventions aux grands groupes privés amis du ministre Martinez de la Hoz.

De l'eldorado…

Le gouvernement Alfonsin qui succéda à la dictature Videla n'arrivera pas à reconstruire le pays, rongé par l'hyperinflation et la corruption (stigmate de la dictature Videla). L'arrivée au pouvoir de Carlos Menem en 1989 et la signature d'un Plan Brady au début des années 90 sortent enfin le pays de sa léthargie économique.

Les réformes appliquées par le gouvernement Menem sont parmi les plus radicales du continent : privatisation des entreprises publiques (y compris du secteur pétrolier, contrairement au Mexique), hausse des taux d'intérêt, libéralisation de l'économie (y compris du secteur agricole) et, surtout, instauration d'une nouvelle monnaie liée au dollar, le peso (1 peso valant 1 dollar, à l'image du real brésilien). A la barre du « super-ministère » de l'économie, on retrouve à nouveau Domingo Cavallo.

Les réformes ont raison de l'inflation et entraînent une reprise des investissements étrangers. Après des années de marasme financier, l'Argentine enregistre en trois années une croissance de 25% de son PIB !

Fin 1994, l'enthousiasme pour ce développement rapide est général. Les marchés ont confiance et les capitaux internationaux affluent.

…aux crises financières à répétition

La seconde partie des années 90 sera tragique pour l'Argentine, puisque la crise mexicaine et son « effet téquila » vont entraîner le pays dans une crise financière brutale, les flux de capitaux internationaux refluant massivement à partir de 1995.

Le déficit courant, inexistant avant les réformes de Menem, n'a cessé de se creuser parallèlement à l'endettement extérieur. Le pays doit alors débourser des sommes sans cesse croissantes pour rembourser sa dette (le service annuel de la dette passant de 6 à 21 milliards !), alors que les revenus gouvernementaux se font dramatiquement rares (l'évasion fiscale est démentielle) et que le peso se retrouve surévalué.

Le problème est que la libéralisation totale de l'économie facilite les rapatriements de bénéfices et la fuite frauduleuse des capitaux locaux : l'évasion fiscale, qui s'élève en 1998 à quelque 40 milliards de dollars, prive l'Etat de la moitié des recettes fiscales qu'il devrait normalement encaisser. Ainsi, seuls 17% des hauts revenus paient un impôt sur le revenu !
Parallèlement, l'impôt sur les bénéfices des entreprises est faible (33% pour 45% aux États-Unis). Ce sont en réalité, comme un peu partout dans le Tiers Monde, les populations pauvres qui supportent la majorité de la pression fiscale : la TVA est passée de 14 à 21%, ce qui frappe de plein fouet ceux qui consacrent la majorité de leur revenus aux besoins de première nécessité - c'est-à-dire les plus pauvres.

Pendant ce temps, les capitalistes locaux achètent les obligations et profitent en même temps que les créanciers internationaux de la situation…

La parenthèse De la Rua ou le changement dans la continuité

Alors que les crises asiatiques et russes focalisent l'attention des analystes, le Brésil sombre à son tour dans une crise financière qui éclate au grand jour en janvier 1999 : le real et l'économie s'effondrent. Or, le Brésil aspire 30% des exportations argentines.
Ce manque à gagner est dramatique pour l'Argentine. Pourtant, on l'a vu, sous les deux mandats de Carlos Menem, le pays a suivi à la lettre les programmes d'ajustement du FMI et de la Banque mondiale : les richesses nationales sont privatisées, tandis que des centaines de milliers de fonctionnaires ont été licenciés et que l'éducation a été sacrifiée.

Le 24 octobre 1999, Fernando de la Rua succède à Carlos Menem et hérite d'un pays en proie à la récession. Les finances du pays sont en ruine et sur les 36 millions d'Argentins, 14 millions vivent officiellement sous le seuil de pauvreté.

Au cours de l'année 1999, la dette argentine augmente encore de 12 milliards de dollars et le pays est celui dont la dette à l'égard des marchés financiers augmente le plus - plus des trois quarts de sa dette est alors due aux marchés financiers (des proportions semblables à celles constatées au Brésil, au Mexique ou en Corée du Sud).

Mais cette politique d'emprunts massifs sur les marchés financiers ne suffit pas à rembourser les dettes et le pays signe un accord avec le FMI (7,2 milliards) le contraignant à réduire son déficit fiscal de 7,1 à 4,7 milliards en un an - ce qui implique une coupe de 2,5 milliards dans le budget 2000.

L'assistance de la Banque mondiale est également sollicitée : fin 1999, l'Argentine émet une obligation en six tranches de 250 millions de dollars couverte par la Banque mondiale. Ce système de couverture permet aux marchés financiers d'éviter tout défaut de paiement sur leurs investissements argentins, puisqu'en cas de défaillance de l'Argentine, la Banque mondiale avancera l'argent nécessaire (l'Argentine remboursant la Banque plus tard avec intérêts).
Mais une nouvelle fois, tous ces artifices censés rendre confiance à des marchés instables par nature se révèleront une fuite en avant inefficace.

En décembre 2000, la pression est au plus fort et le gouvernement argentin épuise ses réserves en tentant de maintenir le lien fixe entre le peso et le dollar établi depuis 1991. Les avantages d'une telle parité étaient multiples à l'époque : juguler l'inflation, éviter tout risque de change sur les prix des matières premières (libellés en dollar pour la plupart) et inspirer confiance aux investisseurs étrangers quant à la valeur en dollar de leurs investissements argentins.
Mais lorsque plusieurs voisins importants ont dévalué leur monnaie (comme le Brésil), l'Argentine s'est retrouvée avec une monnaie surévaluée pour la région, ce qui a rendu plus cher ses exportations par rapport à plusieurs pays latino-américains et a aggravé son déficit courant.

Aussi, le choix se révèle délicat : faut-il dévaluer sa monnaie et risquer d'entraîner une panique irrationnelle faisant plonger le peso dans des abîmes incontrôlées (comme cela a été le cas au Mexique, en Thaïlande, en Russie ou au Brésil auparavant) ? Ou est-il préférable de conserver la parité avec le dollar et tabler sur la confiance des investisseurs étrangers, censés boucher le trou du déficit courant ?

Fin décembre 2000, le second choix est confirmé et le FMI concocte un paquet d'aide de 39,7 milliards de dollars. Evidemment, cette nouvelle ligne de crédit n'est pas sans condition : libéralisation du système de soins de santé, dérégulation de secteurs clés comme l'énergie et les télécommunications, contraction des importations, flexibilisation du marché du travail, renforcement des privatisations, etc.
Durant l'été 2001, le gouvernement annonce en outre une coupe de 13% dans les salaires de la fonction publique.

Mais la spirale est inexorable : la libéralisation financière et la fiscalité inique imposées par le FMI permettent une évasion fiscale de plusieurs dizaines de milliards de dollars par an, tandis que l'État argentin surendetté est contraint, pour boucler ses fins de mois, d'emprunter à des taux insoutenables sur les marchés internationaux - la prime de risque atteint 40% fin 2001 !
Le gouvernement De la Rua devient ainsi dépendant d'un prêt de 1,2 milliards de dollars du FMI, que ce dernier conditionne à une politique de « déficit zéro », ce qui débouche sur les émeutes de la faim, la chute du gouvernement et l'effondrement d'un pays possédant pourtant d'importantes richesses économiques et humaines.

Que va-t-il ressortir du chaos ?

Aujourd'hui, la crise de la dette argentine éclate au grand jour, tandis que le pays est dans un véritable chaos. Dans un pays où pratiquement toutes les forces industrielles et financières ont été vendues aux capitaux internationaux, où les salariés de la fonction publique ont été massivement sacrifiés, où l'éducation et la santé sont réservés aux rares personnes solvables et où la pauvreté et les inégalités n'ont cessé de croître, que proposeront les stratèges du FMI, maintenant que le pays a été vendu dans sa totalité, à des populations laminées par des crises financières à répétition ? Et, par extension, que proposeront les futurs gouvernements argentins à leurs citoyens avec une telle charge d'endettement à assumer ?

On sait que la nouvelle n°2 du FMI, Anne Krueger, prône l'établissement d'un système de protection des faillites des États similaire à la loi américaine sur les faillites (le chapitre 11). Elle désire par là limiter le rôle du FMI comme prêteur en dernier ressort et laisser le secteur privé régler le problème de leurs dettes. Mais cette mesure possède un double tranchant : ce système place les débiteurs et les créanciers sur un même pied et permet à l'endetté de décréter un moratoire gelant le remboursement de ses dettes… ce qui pourrait aboutir à une procédure d'insolvabilité et à une annulation au moins partielle de la dette argentine. Or, l'Argentine possède une sentence déclarant la dette de la dictature Videla illégitime... Evidemment, Anne Krueger ne va pas jusque là dans sa démonstration.

Mais une autre question va maintenant se poser : l'Argentine va-t-elle entraîner dans sa chute le Brésil et déclencher, en créant une augmentation généralisée des primes de risque, un jeu de domino sur les marchés émergents, déjà privés de leurs principaux marchés d'exportation (les États-Unis et le Japon) suite à la crise au Nord ?

* Chercheur au CADTM (Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde)

Source : Les origines de la crise économique en Argentine

« Conseils pratiques »

Un article qui date du 25/09/08.
Je n'ai pu résister au plaisir de vous livrer cet article pessimiste à souhaits - à l'attention des anxieux sans doute - vous prodiguant quelques « conseils minimums qui pourraient se révéler utiles dans les prochaines heures et jours ».

Le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn a conseillé mardi aux Européens de "se préparer au pire scénario" dans la suite de la crise financière.

Le risque le plus immédiat étant sans doute lié à la crise financière. Le Président Bush ne fait pas mystère que la situation est particulièrement grave. Toutefois, on peut observer qu'à cette heure les marchés boursiers restent extaordinairement et bizarrement stables voire même haussiers. Stabilité dans l'immédiat pour le pétrole, la paire euro/dollar. Allez comprendre ! Je crois que les investisseurs y croient à fond. Ont-ils raison ? On le verra dans les prochaines heures. Mais attention !! Une annonce d'un échec partiel, d'une divergence sérieuse de point de vue ou un retard qui résulteraient des prochaines réunions sur le « sauvetage bancaire US » pourraient engendrer en quelques heures des réactions en chaîne d'une amplitude rarement vue par nos générations. Et comme d'habitude, nous avons les yeux braqués sur nos téléviseurs qui nous parlent des USA mais c'est en Europe que cela pourrait secouer fort. Donc, mieux vaut se préparer un minimum (sans pour autant tomber dans la panique, bien sûr).

Nous nous mettons ici dans l'hypothèse qu'une grave crise survienne et en espérant bien sûr que cela ne se produira pas, même si la situation paraît plus difficile que jamais.

Dès qu'une mauvaise nouvelle sera être lancée au niveau des médias grand public du monde entier, les bourses vont être les premières à réagir. Les (grands et petits) investisseurs en bourse sont extrêmement sensibles aux informations politiques et financières, de ce fait les gros joueurs disposent de système de veille et de réseaux d'informations qui leur permettent de réagir à la seconde et avant que le public soit averti. De plus, les gros joueurs peuvent appuyer leurs ordres sur des systèmes informatiques qui permettent de passer des milliers d'ordres de vente ou d'achat en un temps très court. C'est surtout vrai sur le marché des devises où l'on peut vendre et acheter jour et nuit notamment sur le FOREX et où les parités bougent des paires (euro/dollar- Yen/dollar - etc.) déjà toutes les secondes jusqu'à 5 chiffres derrière la virgule en temps normal. Bref, nous assisterions à des mouvements financiers gigantesques, tout cela dans un créneau temporel hyper contracté. Cela se jouera alors en secondes, voire en minutes ...

Vous en tant que simples citoyens vous seriez alors pris « dedans » sans plus pouvoir anticiper le mouvement global. Vous ne pourriez que subir.

SANS CÉDER A LA PANIQUE, et sans vouloir aggraver la situation (NDLR : Ha, Ha, ha !!!), voici quelques modestes conseils (à vous de juger) :

1. LIQUIDITÉS

La première chose à faire est sans nul doute de disposer d'un minimum de liquidité à mettre à l'abri dans un endroit sûr chez soi, mais pas sur votre compte bancaire. les banques de « distribution » auxquelles les particuliers ont leur compte en banque seraient progressivement et rapidement prises d'assaut au fur et à mesure que les nouvelles tombent, s'enchainant les unes aux autres pour créer ainsi rapidement un état proche de la panique dans la population. Au bout d'un moment, même les gens les plus confiants dans le système financier ou les moins vigilants vont s'interroger et ils vont être tentés de succomber à l'effet d'entrainement. Donc tout le monde risque de se présenter au guichet de sa banque en « même temps ». Les banques ne pouvant pas ou plus répondre à une très forte hausse de la demande de liquidité, elles ne vont plus pouvoir servir tout le monde. Ce qui va encore aggraver la situation et la perception que tout dérape. Les distributeurs de billets pourraient être durement sollicités et être vidés très rapidement. A mon sens, IL EST INUTILE DE VOULOIR RETIRER TOUT SON ARGENT DE LA BANQUE (je parle ici pour ceux qui ont de gros montants en banque) car il est évident que si une telle situation devait arriver des mesures gouvernementales SPÉCIALES entreraient rapidement en vigueur.
Quelles mesures ? Par exemple, interdire la monnaie papier et obliger les gens à ne faire des transactions que par banque. Autre exemple, une telle débâcle obligerait les dirigeants financiers, politiques et économiques à prendre des mesures internationales urgentes et synchronisées. On pourrait alors aller jusqu'à assister à un changement de monnaie afin d'obliger les gens à rentrer leurs billets et pièces. (ça c'est déjà vu dans l'histoire contemporaine récente,cfr. GUT). Ne pensez pas que cela n'est pas prévu dans les plans d'urgence des gouvernements. Ce serait une fausse idée et plus particulièrement aux states qui disposent d'une administration dédiée aux situations d'urgence avec des plans bien pensés longtemps à l'avance - en ce compris les révolutions civiles intérieures -, je parle ici de la FEMA (beaucoup à dire sur la FEMA mais ce n'est pas le sujet, voir sur Google).

Retirer des liquidités n'est utile que dans une période de court terme.
Il est utile de disposer de liquidité pour faire face à vos besoins de base pendant une période de 30 à 60 jours. Bien sûr, chacun fera selon ses moyens.

2. L'OR

Une autre solution consiste à acquérir des pièces d'or. Même si l'or n'est plus une valeur refuge (du moins c'est que l'on nous a mis en tête depuis la fin des accords de Bretton Woods), il est très possible que l'or fasse sa réapparition dans une économie refondée et qu'il revienne à son statut d'étalon monétaire qu'il a perdu, car il faudra bien instituer une référence de valeur monétaire entre les nations. Dans ce cas, il est fort probable, à moyen et long terme, que détenir de l'or deviendra illégal. Je pense, que c'est toujours le cas aux USA (sauf erreur de ma part). Vous devez aussi savoir que pour l'instant, le cours de l'or est manipulé car ce cours provient d'échange « papier » sur le marché boursier des futures notamment. On vend et on achète pour l'instant plus d'or sur les marchés que ce qui en est produit et disponible. C'est un signe révélateur de sa manipulation. Notez aussi qu'il y a pour l'instant une certaine différence de prix entre l'or physique, et spécialement le prix des pièces qui ont un statut « monétaire », et celui du cours en bourse. Ce phénomène pourrait s'amplifier en cas de problèmes financiers au niveau mondial. Les pièces d'or résistent mieux à la valeur que les lingots.

On dit qu'elles ont une prime « monétaire » mais attention !!!
Je ne parle pas ici des pièces de collection numismatique. Je parle des pièces d'or qui ont une valeur monétaire dont le prix de la pièce est fortement lié au prix de l'or, c'est le cas, par exemple, du Krugerrand.

3. ALIMENTATION, MÉDICAMENTS, CONSOMMABLES

Il est utile dans la mesure du possible d'envisager quelques provisions. On fera chacun ses provisions selon la perception de gravité de la situation que nous avons. Je ne vous pousse pas à dévaliser les magasins dès aujourd'hui mais faire du stock pour 2 à 3 semaines serait prudent. N'oubliez pas qu'en cas de crise grave, les réseaux de distribution pourraient connaître des problèmes. Le transport, la fabrication et la distribution des marchandises pourraient en être affectés. Je ne parle même pas ici des prix qui pourraient subitement s'envoler avec une hausse phénoménale de la demande : tout ce qui est rare est cher.

S'organiser en réseau avec des gens de la famille, des amis, des voisins (comités de quartier) peut se révéler très utile. Bref, se préparer en groupe.

Surtout si vous réagissez tardivement. Un défaut d'organisation et de prévoyance pourrait alors s'avérer lourd de conséquences.On peut désigner ceux qui font les courses, ceux qui vont à la banque, ceux qui préparent des locaux de stockages et des aménagements, ceux qui s'occupent des enfants et des personnes seules, ceux qui s'occupent de la sécurité, etc. Cette crise pourrait remettre la solidarité à la mode.

Pour les médicaments, il est utile de prévoir à moyen et long terme. Cela dépend évidemment directement de votre état de santé existant au départ.

N'oubliez pas de prévoir des trousses de premières urgences et des alicaments naturels comme le charbon de bois, l'argile, etc. Beaucoup de produits naturels peuvent être utilisés pour soulager ou pour prévenir des infections, des maladies.

Gardez en tête que si une crise grave survenait, elle pourrait affecter beaucoup de choses que nous considérons comme acquises dans notre vie bien réglée d'européen. Par exemple : les services de secours pourraient être affectés, la distribution de l'électricité (à plus long terme), la distribution du fioul et de l'essence, des médicaments, les transports, etc.

A suivre...

Pour ceux qui veulent aller plus loin dans leur préparation voici le site d'Eva. Vous y trouverez de très larges listes et recommandations de choses à effectuer dans un contexte beaucoup plus dramatique. A vous de juger.
Source : Le veilleur

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