Décroissance : Volem Rien Foutre Al Pais
Dans cette guerre économique qu'on nous avait promise il y a bien des années et qui avance comme un rouleau compresseur, existe-t-il encore un sursaut d'imagination pour résister ?
Mis en demeure de choisir entre les miettes du salariat précaire et la maigre aumône que dispense encore le système, certains désertent la société de consommation pour se réapproprier leur vie.
« Ni exploitation, ni assistanat ! » clament-ils pour la plupart. Ils ont choisi une autre voie, celle de l'autonomie, de l'activité choisie et des pratiques solidaires...
Un film de Pierre Carles (2007)
La Cause du Peuple Vidéo 107mn28 NOUVELLE VIDÉO AVEC SOUS-TITRES !
Le film vu par Jordi Vidal
Il existe un cinéma documentaire de résistance qui, partant simultanément d’un constat ou d’un refus, tente de les documenter en les soumettant à l’expérience du réel. Ici, la forme de l’enquête s’apparente à un art du questionnement où les réalisateurs assument les fonctions de témoins à charge et à décharge, d’accusés et parfois même de victimes. Au départ de l’expérience « Volem rien foutre al païs », Pierre Carles, Stéphane Goxe et Christophe Coello, savent ce qu’ils refusent mais n’imaginent sans doute pas ce qu’ils vont découvrir et qui les changera durablement en retour. Ce n’est pas sans danger qu’on part à la recherche de nouvelles armes pour s’attaquer à un monde qui nous maltraite si durement, sans que certaines de ces armes ne se retournent contre soi. C’est de la pensée, de la légitimité de ces armes et de la validité de leur usage que témoigne le film.
Activité contre Travail
La première qualité de « Volem rien foutre al païs », c’est qu’il nous transforme, que nous soyons réalisateurs ou « regardeurs ». Comme nous transforment certains livres et amours, quelques rencontres et de rares aventures historiques. Sans vraiment modifier le sens de nos convictions, il peut durablement modifier notre conception de la résistance. Des réflexions sur la réappropriation de la technique nous apparaissent évidentes et nécessaires et nous poussent vers de nouvelles pratiques. « Volem rien foutre al païs » n’est pas seulement le survol sans concession du camp de l’anti-travail. Il n’est pas non plus la suite attendue d’Attention Danger Travail, sinon sur un mode subtilement contradictoire assumant l’ambiguïté du titre : on y parle effectivement du droit à la paresse mais en s’activant sans cesse. Le film recense un ensemble d’expériences urbaines et rurales dont les pratiques et les perspectives sont souvent complémentaires mais parfois contradictoires. Nous sommes mêlés à la vie quotidienne, aux interrogations, aux joies comme aux peines, de groupes très disparates mais pourtant homogènes. Par le dispositif mis en place par les réalisateurs, nous sommes impliqués et participons à des collectifs urbains développant de nouvelles conceptions très esthétisées de la reprise individuelle, tel Dinero Gratis. Nous squattons un immeuble de Barcelone. Nous tentons de survivre et débattons de manière incessante, au sein de communautés impulsées hors des villes par les déserteurs du travail.
Je m'occupe de ma merde
Nous sommes naturellement poussés à penser le monde en termes d’autonomie et de libre emploi du temps. Dans un territoire libéré du temps médiatique mais informé par d’autres moyens, certains parlent de décroissance, d’autres opposent la libre activité au travail ; certains utilisent le RMI et se qualifient de travailleurs sociaux, d’autres récusent toute forme de compromis avec l’État. Nous découvrons des hommes et des femmes qui formulent tout à la fois une pensée et un nouvel usage de la technique les distinguant profondément des expériences communautaires françaises des années 1970, comme des thèses primitivistes. Tous ces collectifs tentent de simplifier, au nom des intérêts de la communauté humaine, ce qu’un système marchand cherche sans cesse à complexifier lorsqu’il nous impose de faux besoins et nous soumet, sur le modèle des semences transgéniques, à un univers d’objets domestiques que plus personne ne saura réparer. Pour les femmes et les hommes de « Volem rien foutre al païs » tout est récupérable et réparable. On découvre le simple usage des chiottes sèches, du solaire, de l’éolienne, d’un mystérieux moteur à eau, de la construction de maisons aux murs en paille, des pompes à eau bricolées, mais d’une rare efficacité. Plus le film accumule les expériences et plus le malheur du monde nous semble non seulement intolérable mais absurde. Plus le cycle programmé de la sécheresse et des famines signale la totale inféodation de la science et de la technique au capital. Le lyrisme qui entoure l’usage complet des chiottes sèches marque bien la métaphore centrale de « Volem rien foutre al païs ». Comme le déclare l’un des protagonistes du film : je m’occupe de ma merde et je ne laisse personne venir m’emmerder.
3 réalisateurs : Christophe Coello, Pierre Carles, Stéphane Goxe
À leur façon, les trois réalisateurs témoignent de la disparité et de la complémentarité des points de vue du film. Tous trois prennent clairement position pour la résistance. Christophe Coello, en centrant son regard sur les pratiques urbaines de Barcelone, qui sont au centre de sa vie quotidienne. Pierre Carles, en outrepassant les limites de la provocation admise, lorsqu’il tente, face à la violence du capitalisme, de faire admettre comme légitime aux patrons du Medef la violence d’Action Directe; ou lorsqu’il demande à Michèle Alliot-Marie si l’armée a mission d’intervenir pour réprimer les déserteurs du travail. Stéphane Goxe, en mettant en avant et en interrogeant les questions d’autonomie et d’auto-suffisance du point de vue de la pratique révolutionnaire. Les trois réalisateurs sont à l’image du film : ils en expriment sa cohérence mais aussi ses déchirements. Leur montage témoigne de leurs contradictions qui sont aussi les contradictions d’une époque. « Volem rien foutre al païs » est une polyphonie où chacun dans sa langue exprime le même constat : aujourd’hui, c’est la marchandise ou c’est nous. Certaines des expériences filmées n’auront pas d’avenir : pas d’enfants sur l’écran. Mais quel autre choix avons-nous ? Voici pourquoi, si le film est dominé par une froide énergie, il est par instants crépusculaire ou mélancolique : telles ces images fugaces d’un jonglage avec de fragiles balles blanches au destin incertain, ou ce plan fixe sur un couple détournant Bella ciao et poussant la chansonnette anti-travail. Images fugitives qui tentent de redonner à une vie si dure sa part de poésie, sinon de rêve; narration fragmentaire ou un secret espoir le dispute encore trop rarement à la fatalité.
Face à la guerre sociale, une seule solution : le maquis
Face à la violence du discours de Pompidou qui ouvre « Volem rien foutre al païs » et à celle des déclarations finales des responsables du Medef et des hommes politiques (droite et gauche confondues), il apparaît clairement que ceux qui contestent la logique du travail sont nécessairement conduits à contester entièrement l’organisation capitaliste du monde : plus aucune négociation n’est possible entre ces deux mondes. Céder sur un point, c’est céder sur tout. Comme en témoigne un rebelle anglais : on ne travaille pas avec l’ennemi. Ces hommes et ces femmes qui ont fait sécession et se sont « retirés » à la campagne, ne l’ont pas fait par nostalgie d’une ère paléolithique à la sauce primitiviste, mais pour des questions de simple survie et parce que l’expérimentation y est encore possible. Selon l’expression de Guy Debord commentant le changement d’époque, ils sont aujourd’hui contraints, pour simplement survivre, d’aimer la liberté. Face à une situation de guerre sociale imposée par un système de plus en plus totalitaire et avec lequel il est devenu parfaitement impossible de ruser, ils sont les premiers à avoir déserté et pris le maquis. Un espoir traverse le film, mais curieusement le rêve y est absent. Il n’existe, fugitivement, que par le rappel à l’An 01. C’est qu’à l’inverse des militants des communautés des années 1970, les hommes et les femmes qui aujourd’hui récusent l’ordre marchand et décident de faire sécession n’ont pas vraiment le choix : il leur est devenu impossible de vivre autrement, puisqu’ils refusent de survivre dans un « ailleurs urbain ». Comment s’étonner alors que si la question de l’utopie traverse bien tout le film, la part du rêve y soit aussi cruellement absente. Ici, dans cet espace-temps libéré, où le travail est réfuté, où l’activité est libérée, on s’active durement, pour rien, pour un superflu qui n’est pourtant que l’essentiel.
La décroissance a-t-elle un avenir ?
Il manque au film que ce qui manque à toute notre époque de guerre : le superflu et la dépense. Ici, l’autogestion est encore trop souvent celle de la misère. Rien ne renvoie explicitement au devenir d’un monde de maîtres sans esclaves. Pareillement, les questions artistiques, esthétiques ou urbanistiques (fussent-elles formulées négativement comme anti-artistiques, anti-esthétiques ou anti-urbanistiques) sont étrangement absentes. Pourtant, si la décroissance a un sens, c’est en transformant les objets les plus communs ou domestiques en œuvres d’art, en prolongeant au maximum leur espérance de vie, et en pariant sur le goût de l’échange commun à tous les êtres humains :lorsque le passage du temps en aura épuisé le pouvoir de séduction. Ici, le paysage occupé ne dessine pas encore un paysage mental, on y sent comme le retour informulé de vieilles valeurs paysannes. Ici, la réappropriation de l’espace urbain et rural n’intégre pas encore le projet de réalisation de l’art. Tous ces hommes et ces femmes filmés sont encore trop souvent traqués : pour sortir et mener une contre-offensive, il leur faudra bien porter en eux un pouvoir de séduction bien plus puissant et convaincant que celui de TF1.
En ce sens, la fascination que suscite « Volem rien foutre al païs » n’est pas toute entière dans ses images, dans ses entretiens, dans son montage ni son rythme, mais dans le hors champ que suscite le film, dans la jubilation que nous éprouvons à réinventer nous-mêmes d’autres débats, de pouvoir intervenir directement dans celui qui s’est installé entre les réalisateurs. Le film évite ainsi l’écueil de son sujet : ce qui est filmé est tout aussi bien constat rebelle qu’expression subjective et artistique. Ce point de vue n’existe pas à ce jour dans l’espace médiatique, ou alors caricaturé à l’extrême au point d’apparaître comme l’expression d’une nostalgie stalinienne. Il est encore trop tôt pour savoir si « Volem rien foutre al païs » va ouvrir une brèche. C’est que, contrairement à la fausse neutralité des documentaires convenus, où une petite falsification de plus ou de moins permet d’obtenir son record d’audience et son consensus humaniste, ici il n’est pas question de bons sentiments mais de guerre : d’une guerre sociale ou pour l’instant toutes les attaques sont menées par l’hypercapitalisme.
Jordi Vidal
Jordi Vidal a participé aux luttes antimilitaristes des années 70 avant de se lancer dans diverses aventures « dissipatives ». Il a publié entre autres Résistance au chaos (Allia 2002) et Traité du combat moderne : films et fictions de Stanley Kubrick (Allia 2005).
Interview des réalisateurs par Corinne Maïer
En 2004, l’employée d’EDF Corinne Maïer s’attaquait au fétichisme du salariat dans Bonjour Paresse, un essai sur « l’art et la nécessité d’en faire le moins possible en entreprise », qui faisait écho aux appels à la désertion lancés dans « Attention Danger Travail ». À l’occasion de la sortie de « Volem rien foutre al païs », elle s’est entretenue avec deux de ses co-réalisateurs, Pierre Carles et Stéphane Goxe.
Corinne Maïer : Il y a trois ans, « Attention Danger Travail » montrait des chômeurs heureux et décidés à rester sans emploi. Aujourd’hui, « Volem rien foutre al païs » propose des alternatives au travail pour échapper à la malédiction du « métro-boulot-dodo ». Qui êtes-vous ? Des agitateurs ? Des gauchistes ? Des citoyens ?
Pierre Carles : Va pour « agitateurs », si l’on entend par « agiter » brasser des réflexions, bousculer des certitudes, secouer les lieux communs, bref, amener les spectateurs à se poser des questions qu’ils ne se posaient pas – ou, du moins, pas en ces termes-là – et pourquoi pas les inciter à remettre en cause l’ordre établi. Une précision importante, toutefois : « Attention Danger Travail » donne la parole à des déserteurs du marché du travail plutôt qu’à des « chômeurs heureux ». Il ne s’agit pas d’une coquetterie sémantique : on avait d’abord et avant tout affaire à des individus ayant déserté le champ de bataille de la guerre économique. Plutôt que des chômeurs épanouis, ce sont des gens qui ne veulent plus gagner leur vie en la perdant dans des emplois dégradants ou peu gratifiants. C’est en fait leur expérience directe ou indirecte des slave jobs qui les a dégoutés du travail. Ils se retrouvent donc moins malheureux au chômage qu’au boulot.
C. M. : Dans vos deux films, vous allez à rebours des idées toutes faites sur le travail et le salariat. Pourriez-vous nous en dire plus ?
P. C. : C’est difficile de résumer les deux films en quelques lignes. Dans « Volem rien foutre al païs », on entrevoit des gens qui se désolidarisent du capitalisme de manière collective ou semi-collective. A côté des salariés qui manifestent dans la rue leur ras-le bol de la loi de la jungle libérale, par exemple en faisant brûler les locaux du patronat, il y a ceux qui se battent de manière plus discrète en inventant ou réinventant des modes de vie alternatifs. Ceux-là sont des hérétiques, au sens où ils refusent de célébrer le culte de la consommation. Même si aucun de ces groupes n’a trouvé de solution généralisable à l’ensemble de la société, ils inventent à leur échelle d’autres manières de vivre que celle imposée par le salariat, la plupart du temps à la campagne, où il est plus facile de vivre de manière autonome avec peu d’argent.
Stéphane Goxe : La dénonciation théorique de la soumission au travail a déjà été énoncée depuis longtemps et de manière très claire. Dans le débat public comme au cinéma, cette critique, présente dans les années soixante et soixante-dix, a quasiment disparu avec l'arrivée du chômage de masse. Le questionnement proposé aujourd'hui par le cinéma dit « social » se borne souvent à constater la pénibilité des conditions de travail ou le caractère impitoyable du monde de l'entreprise. Bref, il se penche avec compassion sur la souffrance au travail, mais interroge plus rarement une vie quotidienne enserrée dans le carcan du « travaille, consomme et meurs ». C'est cette critique radicale que nous avons essayé de mener à travers ces deux films.
C. M. : Quels sont les mouvements anti-travail avec lesquels vous dialoguez ?
S. G. : En cinq années d'investigations, nous avons rencontré tout un tas de gens animés par ce « travail » critique, en France, en Espagne, en Allemagne... Nous avons été plus spécialement en lien avec un groupe de Barcelone, Dinero Gratis.
P. C. : Si l’on ne devait citer qu’une source d’inspiration, ce serait probablement L’An 01, la bande dessinée et le film de Gébé, le grand dessinateur utopiste que nous avons eu la chance de croiser peu de temps avant sa mort.
C. M. : « Volem rien foutre al païs » peut se voir comme un véritable décalogue : tu travailleras le moins possible ; tu consommeras le moins possible ; tu mettras en place des moyens ingénieux et écologiques afin d’être indépendant des multinationales ; tu voleras les grandes entreprises puisque elles nous volent ; tu réquisitionneras les logements inoccupés ; tu seras solidaire avec ton prochain non-travailleur... Est-ce un programme politique ?
P. C. : Un « programme », sûrement pas. Tout dépend toutefois de ce que l’on entend par « politique ». Si l’on conçoit la politique comme une activité noble, non autoritaire, où rien n’est a priori considéré comme impossible ou inconcevable… pourquoi pas ? On ne peut pas nier que « Attention Danger Travail » et « Volem rien foutre al païs » affirment un point de vue politique. En même temps, tous les films sont politiques. Surtout ceux qui ne se déclarent pas comme tels et se prétendent apolitiques, comme les séries télévisées ou le JT. Il faut espérer que « Volem rien foutre al païs », tout en affichant son parti pris politique, ne participe pas d’un nouveau catéchisme. La tentation existe : la « décroissance » est un mouvement à la mode et le concept de « simplicité volontaire » est séduisant d’un point de vue intellectuel, surtout pour ceux qui ne savent plus à quel saint se vouer. Mais la productrice du film Annie Gonzalez et le monteur Roger Ikhlef ont été très attentifs à ce que le film ne véhicule pas un discours moralisateur ou angélique sur ces pratiques. Il montre simplement qu’il existe d’autres mode de vie que ceux que nous matraquent en permanence la télévision, la publicité et les grands médias. Il se démarque également d’un nouveau genre de documentaire : le film compassionnel. « Regardez comment souffrent ces employés licenciés par le patron de multinationale. Souffrons ensemble ! » Tout en prenant acte de la réalité sociale, nous avons cherché à être plus rêveurs et peut-être plus subversifs en nous intéressant surtout aux utopies, sans verser pour autant dans le préchi-précha.
S. G. : Politique, le film l'est ouvertement mais, à mon sens, ce n'est pas la fonction d'un film que d'être programmatique. D'ailleurs, « Volem rien foutre al païs » soulève plus de questions qu'il n'apporte de réponses. Pour certains, ce que vous appelez « décalogue » n'est ni plus ni moins qu'un programme de vie, pour d'autres c'est une forme de lutte à la périphérie des logiques dominantes. Dans tous les cas, il s'agit de se réapproprier ses moyens d'existence, de retrouver au moins en partie, la possibilité de disposer de sa vie. De telles visées ne me semblent pas solubles dans de quelconques préoccupations électorales ou citoyennistes.
C. M. : Ici ou là, « Volem rien foutre al païs » évoque certaines utopies communautaires des années 1970. Votre film opère-t-il une révolution (ou sens de retour à la case départ) ou une reprise d’un même thème pour en faire autre chose ?
S. G. : « Volem rien foutre al païs » reformule dans des termes actuels une critique radicale de la société de travail et de la marchandise telle que menée par une partie des générations précédentes. Il est moins dans l'affirmation catégorique et contient une tonalité sûrement plus sombre – qui sied si bien à cette époque ! – que les utopies fleuries des années soixante-dix. Il n'y a pas, je crois, chez les personnes filmées, de nostalgie de ces années-là, mais une nouvelle exploration de pistes déjà empruntées, comme l'aventure collective, aujourd'hui largement revisitée et qu'il conviendrait d'ailleurs de distinguer de l'expérience communautaire à tout crin. Disons aussi que la question de l'autonomie individuelle et collective, qui pouvait n'être qu'une simple option d'organisation sociale il y a trente ou quarante ans, apparaît aujourd'hui à certains comme la seule issue. « Nous n'avons plus le choix », s'exclame l'un des personnages filmés, « c'est la marchandise... ou la vie ! ».
P.C. : Si l’on n’est pas rentier ou riche de naissance et que l’on veut échapper au travail subi, il vaut mieux s’associer, s’entraider et œuvrer à plusieurs. C’est une évidence mais il n’est jamais inutile de rappeler que « l’union fait la force ». Cela passe parfois par un mode de vie communautaire, mais pas obligatoirement. On peut trouver du collectif et de la solidarité ailleurs que dans les rares communautés actuelles, qui ne ressemblent d’ailleurs plus guère aux communautés soixante-huitardes. On n’a par exemple jamais entendu parler d’« amour libre » et de pratiques fusionnelles comme on les expérimentait dans les années 70. C’est devenu très sage de ce côté-là…
C. M. : Comment faire pour changer la société ? Le recours éventuel à la violence est-il légitime ?
P. C. : À l’évidence la question se pose. À l’intérieur de certains groupes filmés dans « Volem rien foutre al païs », des gens s’interrogent. Cette question est aussi soulevée dans l’un de mes derniers films Ni vieux, ni traîtres (co-réalisé avec Georges Minangoy), notamment par des proches du groupe Action directe qui ont voulu changer le monde les armes à la main. Sans succès.
C. M. : Pour vous, à quoi sert le cinéma documentaire ?
S. G. : A interroger le réel tel qu'on nous le donne à voir ou tel qu'on le voit par soi-même, c’est-à-dire à remettre en cause nos conditions d'existence. Il devrait peut-être servir aussi à proposer formellement de nouvelles manières de représenter le monde. C'est un acte critique qui a fondamentalement à voir avec la colère, le désespoir, le rire.
Corinne Maïer
Psychanaliste et employée à mi-temps chez EDF, Corinne Maïer est l'auteur de plusieurs ouvrages dont le plus connu, Bonjour paresse (éd. Michalon, 2004), a connu un foudroyant succès en librairie (200 000 ex vendus en 7 mois). Sa description de la « culture d'entreprise » en tant que « cristallisation de la bêtise d'un groupe de gens à un moment donné » lui ont valu des menaces de licenciement de la part de son employeur.
Liens relatifs : www.rienfoutre.org


Depuis que j’ai regardé ce
Depuis que j’ai regardé ce doc, je ne peux m’empêcher de réfléchir à ce que je suis, à ma place dans la société, et à la façon que je pourrais améliorer ma vie et celle de ceux qui m’entourent. Outre le fait de me démontrer qu’un autre monde est possible, ce film m’a également donné de l’espoir dans notre avenir… Une petite lueur, certes, mais qui a son importance.
Et puis aussi le fait de savoir que l’on n’est pas seul, que de par le monde d’autres pensent comme moi et expérimentent ce que je ne fais qu’imaginer jusqu’à présent, et bien… Ça me donne la pêche ! Merci Belphi, et merci à la Cause du peuple !
Gwendal
Blog "Je voulais vous dire..."
Balayer devant sa porte
Oui, la révolution commence par soi-même.
Faites le ménage chez vous. Supprimez tout ce qui vous est inutile ou pas indispensable. Cassez vos télés. Sortez de cet engrenage infernal de la consommation à outrance. Consommer c'est produire et produire c'est consommer. Tout ça pour enrichir les plus riches !
Et bien MERDE !
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