L'Anarchisme : Ici et Maintenant
Anarchisme (du grec an arkhê : sans hiérarchie) : Ce mot est couramment dévié de son sens premier : absence de gouvernement, d'autorité, de hiérarchie pour être employé comme synonyme de chaos ou de désordre. La confusion réside principalement dans le fait de confondre hiérarchie et organisation. La plupart de ceux qui connaissent le véritable sens du terme pensent l'anarchie comme un idéal, une utopie non réalisable de manière globale. L'idéal et l'utopie sont indispensables à l'humanité pour savoir dans quelle direction évoluer, quels objectifs se fixer, mais c'est pourtant la pratique anarchiste qui est essentielle, c'est à dire l'action directe et l'autogestion. L'anarchie existe dès qu'il y a concrétisation des idées à un moment donné, dans un espace donné, entre certaines personnes. A chaque rapport humain non marchand et sans hiérarchie, à chaque expérimentation de la solidarité, l'anarchie prend corps. Appréhendé de cette manière, l'anarchisme ne repose plus sur un idéal éthéré et lointain, mais sur des actions bien concrètes, sur la construction quotidienne d'un environnement propice au lien social et à la réappropriation de nos vies...
La Cause du Peuple - Vidéo 30mn40
Qu'est-ce que l'Anarchisme ?
L'anarchisme est une philosophie politique qui présente une vision d'une société humaine sans hiérarchie, et qui propose des stratégies pour y arriver, en renversant le système social actuel.
L'objectif principal de l'anarchisme est d'établir un ordre social sans dirigeant. Un ordre basé sur la coopération volontaire des hommes et des femmes libres et conscients qui ont pour but de favoriser un double épanouissement : celui de la société et celui de l'individu qui participe au premier.
À la source de toute philosophie anarchiste, on retrouve une volonté d'émancipation individuelle et/ou collective. L'amour de la liberté, profondément ancré chez les anarchistes, les conduit à lutter pour l'avènement d'une société plus juste, dans laquelle les libertés individuelles pourraient se développer harmonieusement et formeraient la base de l'organisation sociale et des relations économiques et politiques.
L'anarchisme est opposé à l'idée que le pouvoir coercitif et la domination soient nécessaires à la société et se bat pour une forme d'organisation sociale et économique libertaire, c'est-à-dire fondée sur la collaboration ou la coopération plutôt que la coercition.
L'ennemi commun de tous les anarchistes est l'autorité sous quelque forme qu'elle soit. L'État est le principal ennemi des anarchistes : l'institution qui s'attribue le monopole de la violence légale (guerres, violences policières), le droit de voler (impôt) et de s'approprier l'individu (conscription, service militaire). Les visions qu'ont les différentes tendances anarchistes de ce que serait ou devrait être une société sans État sont en revanche d'une grande diversité. Opposé à tout credo, l'anarchiste prône l'autonomie de la conscience morale par-delà le bien et le mal défini par une orthodoxie majoritaire, un pouvoir à la pensée dominante. L'anarchiste se veut libre de penser par lui-même et d'exprimer librement sa pensée.
Les Anarchistes [...] pensent que le concept d'ordre n'est pas moins « artificiel » que celui d'État. La seule manière de se passer des pouvoirs hiérarchiques est de ne pas laisser d'ordre coercitif s'installer. À ces fins, ils préconisent l'auto-organisation des individus par fédéralisme comme moyen permettant la remise en cause permanente des fonctionnements sociaux autoritaires et de leurs justifications médiatiques. En outre, ces derniers ne reconnaissent que les mandats impératifs (votés en assemblée générale), révocables (donc contrôlés) et limités à un mandat précis et circonscrit dans le temps. Enfin, ils pensent que le mandatement ne doit intervenir qu'en cas d'absolue nécessité.
Le rejet du centralisme, pour le fédéralisme, aboutit donc à un projet d'organisation sociale fondée sur la gestion directe de sa propre vie et la décentralisation, où chacun est en mesure de participer à la vie commune, tout en conservant son autonomie individuelle.
Vers une société anarchiste
Le rejet des contraintes qui entravent l'individu, dans ses désirs ou ses besoins, aboutit à une remise en cause des institutions qui ont été créées, selon les anarchistes, afin de perpétuer ces contraintes. L'État, le Capital, l'Armée et l'Église font parties de ces institutions que les anarchistes essaient de combattre (voire d'abattre). Ce combat contre l'autorité prend souvent la forme d'une action directe (un exemple en est le Do it yourself du mouvement punk), étrangère aux formes traditionnelles de la lutte politique. En fait, les systèmes politiques contemporains étant très souvent dotés d'un pouvoir centralisé, le passage à l'anarchisme implique un changement radical. C'est pourquoi les anarchistes proposent l'abolition de ce système par différents moyens : désobéissance civile, grève, résistance passive ou résistance active, hacktivisme, obstructionnisme, etc. Certains anarchistes considèrent qu'il faut préparer l'avènement d'une révolution sociale radicale (le recours aux armes pouvant être aussi parfois nécessaire pour se défendre contre un système oppressif, qui lui n'acceptera pas le droit aux individus de s'organiser afin de déterminer par eux-mêmes leurs libertés), afin de laisser les sociétés s'organiser sans maîtres et selon leurs besoins et désirs ; d'autres estiment qu'une révolution non violente est possible, avec une extinction progressive des pouvoirs.
Source : Wikipedia
L’Anarchisme aujourd’hui
Ce qui motive notre action
Le constat face aux injustices sociales, celles que l’on subit personnellement ou celles faites à autrui, provoque notre révolte et l’on se dit qu’on ne peut pas rester sans rien faire devant une telle situation...
Mais le seul sentiment de révolte ne veut pas dire grand chose : il est tout relatif. Ce qui vous semblera inacceptable ne le sera pas forcément aux yeux d’un autre. Par soumission, par inconscience ou par idéologie, certains ne voient hélas rien d’abject dans le racisme ; ou estiment “normal” d’être soumis aux ordres d’un chef ! En fait, tout dépend de notre vécu, de notre réflexion, de notre éthique, de ce que nous considérons comme possible. Pour notre part, si nous contestons radicalement la société actuelle, c’est parce que nous sommes convaincus qu’une société de liberté et d’égalité est réalisable.
Cette exigence d’égalité et de liberté est notre première motivation. Or ces termes ont tellement été galvaudés (par les religieux, les fascistes, les libéraux ou les marxistes...) qu’il nous faut redéfinir la signification concrète que nous leur donnons :
- L’égalité économique et sociale de tous les individus : dans un contexte favorable, chaque personne, en fonction de ses centres d’intérêts et de ses envies, devient capable de développer des connaissances et des aptitudes à des activités complexes. L’égalité économique entraînera l’amélioration du niveau de vie pour l’immense majorité ! Plus que cela, elle est une condition incontournable à l’émancipation et à l’épanouissement de chacun, en permettant des relations humaines sans domination.
- Contre le racisme car la science a incontestablement prouvé qu’il n’existe pas de “races humaines”. Le racisme débouche inévitablement sur la notion de "Nation". Anarchistes, nous sommes “a-nationalistes” : nous ne nous reconnaissons dans aucune nation. Nous savons que nous sommes d’une classe sociale et c’est cela qui nous définit, en tant “qu’entités sociales”, et rien d’autre.
- Contre le sexisme qui tend à attribuer à chaque sexe un rôle précis dans la société, un certain type d’activité et de comportements.
- La liberté : nous ne pouvons être libres là où existe une hiérarchie de commandement et des pouvoirs de coercition. Pour nous, la liberté ne peut exister sans l’égalité économique et sociale. Liberté et Egalité sont indissociable. La liberté est pleine et entière quand l’individu, émancipé de toutes tutelles et de toute domination, a la possibilité de construire et d’entretenir des relations volontaires avec les autres. Si être tous libres signifie l’absence de domination, il faut, pour que je sois parfaitement libre, que les autres le soient aussi : la liberté de chacun est la condition de la liberté de tous et comme le disait Bakounine, “La liberté des autres étend la mienne à l’infini”.
Nos refus politiques
De ces premières réflexions découle une série de positions, sur l’État, le Capitalisme et la Religion :
- Le refus de l’État : l’État est un outil de répression, de contrôle et de gestion, qui opère contre nous et qui limite ou écrase nos initiatives d’auto-organisation. Pour que la société fonctionne, nous n’avons pas besoin d’être dirigés, et, refusant l’État nous proposons le fédéralisme libertaire et l’autogestion, c’est-à-dire des modes de fonctionnement qui donnent aux individus la possibilité de coordonner les activités sociales, en traitant d’égaux à égaux.
- Le refus du capitalisme, de la logique du profit, du salariat et de la monnaie : le capital provient du détournement et de l’appropriation d’une partie du travail réalisé par les salariés. Dans le capitalisme, les propriétaires des capitaux financiers, des entreprises, des outils techniques, des réseaux de commerce, etc., ont le contrôle absolu des processus de production, depuis la définition des besoins de consommation en passant par l’organisation du travail, la politique d’embauche, les lieux d’implantation des entreprises... Ceux qui, comme la majorité d’entre nous, ne possèdent que leurs bras, leurs savoir-faire ou leurs connaissances intellectuelles, sont contraints, pour vivre, de louer leurs services à des employeurs en échange d’un salaire (les libéraux parlent alors de “contrat”, comme si le salarié était libre de négocier, à armes égales, avec le patron !). La monnaie, quant à elle, n’est pas, comme le disent les économistes, un “simple et commode moyen d’échange”. Sans elle, la possibilité d’accumuler des valeurs resterait extrêmement réduite ; sans la thésaurisation (l’action d’amasser de l’argent), le capitalisme ne se serait pas développé ! Pour répartir les richesses produites, les humains auraient pu trouver bien d’autres solutions ! Et puis on constate que le capitalisme sait de lui-même s’en passer lorsque cela s’avère opportun : il est par exemple fréquent que des pays négocient entre eux des accords de troc en raison des incertitudes qui planent sur le système monétaire international !
- Le refus de la Religion : pour l’individu qui veut se rassurer, la religion est une fuite dans le mysticisme et dans le moralisme. En se soumettant à des commandements supérieurs, il se dépossède de sa responsabilité et de son individualité. Croire en Dieu, c’est se donner un Maître et "Dieu étant tout, le monde réel et l’homme ne sont rien (...) Dieu étant le maître, l’homme est esclave" (Bakounine). Pour les Églises, qui sont des États, l’ordre moral est le moyen de maintenir les peuples dans la soumission. Elles ont constamment servi les bourgeoisies, béni les armées et excommunié les mutins, tout en utilisant des aspirations populaires à “un monde meilleur” ! Cependant, si nous sommes radicalement hostiles à l’égard de la pensée religieuse, notre lutte ne peut passer par une “interdiction du droit de culte”, interdiction qui serait une mesure à la fois inefficace et contraire à nos principes libertaires. Tant que l’individu, adulte et responsable, veut croire, prier ou faire des pèlerinages, qu’il le fasse librement. Les discriminations sociales contre des individus en fonction de leurs convictions religieuses ne sont pas admissibles.
Source : Subsociety
Voir également la documentation de la Fédération Anarchiste
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