Martine Aubry : « Agir vraiment contre la crise »

 

La crise financière, économique et sociale que nous traversons est une crise structurelle, exceptionnelle et sans précédent, par son ampleur, sa violence, sa gravité.
Pour les socialistes, avant d'être financière, cette crise est d'abord une crise politique et sociale. L'accroissement des inégalités, les bas salaires, la précarité, les régressions sociales sont à l'origine du dévoiement du système financier et économique. Le recours croissant à l'endettement des ménages et des entreprises était la conséquence logique d'un système qui refusait la progression du pouvoir d'achat de l'extrême majorité des salariés mis en concurrence à l'échelle mondiale, et d'une recherche par les actionnaires de taux de profits incompatibles avec la croissance réelle des économies.
Nous sommes donc bien confrontés à une crise de système, et l'enjeu doit être de créer les conditions de l'émergence d'un nouveau modèle de développement...

La Cause du Peuple - Vidéo 40mn42

Le contre-plan de relance - Durée : 40:42

Le contre-plan de relance

L'étude du contre-plan présenté par le Parti Socialiste

La crise économique précédait largement l'arrivée de la crise financière en France. Le gouvernement français, dont la responsabilité dans la dégradation de la situation économique et sociale est écrasante, a longtemps refusé de voir la réalité en face, considérant que la crise économique ne toucherait pas notre pays.(...)

Pour les socialistes, les principales conséquences de la crise ne sont pas derrière nous, mais bien devant, d'où l'urgence d'une action rapide, résolue et cohérente des pouvoirs publics.(...)

Les propositions que nous formulons sont d'abord destinées à améliorer immédiatement le pouvoir d'achat des Français, à commencer par les catégories moyennes et populaires : hausse des salaires et des minima sociaux, baisse des prix des produits de première nécessité, augmentation des allocations sociales... Elles visent ensuite à protéger fortement les salariés des conséquences des restructurations, à dissuader strictement les entreprises qui font des bénéfices de recourir aux compressions d'effectifs, et à relancer la création d'emplois.(...)

A. Relancer immédiatement le pouvoir d'achat et la consommation

Une relance rapide de l'économie ne peut passer que par une augmentation immédiate des salaires, des minima sociaux, des pensions de retraite et des allocations sociales, couplée à une action forte en direction des prix, en particulier pour les biens essentiels.

1) Une augmentation rapide des salaires, des pensions et des prestations sociales

Nous proposons :

- Le versement d'une aide immédiate 500 euros dès le mois de février 2009 à tous les bénéficiaires de la prime pour l'emploi (9 millions de salariés) ;

- Le versement d'une aide immédiate de 500 euros dès le mois de février 2009 à tous les bénéficiaires des minima sociaux (minimum vieillesse, RMI-RSA, API, AAH, ASS,...) ;

- Une revalorisation du SMIC de 3 % au 1 février 2009, avant l'engagement des négociations annuelles sur les salaires, de manière à dynamiser ces négociations ;

- Afin de garantir une progression rapide et durable de tous les salaires, la soumission des exonérations de cotisations sociales à la conclusion effective d'accords salariaux annuels, qui devront intervenir cette année avant le 1 septembre, et non à leur seule négociation ;

- La généralisation obligatoire du chèque transport à tous les salariés et à tous les moyens de transport nécessaires pour aller du domicile au lieu de travail, y compris aux déplacements en voiture, sur la base d'une indemnité kilométrique ;

- La revalorisation immédiate des allocations logement de 10%.

2) Agir sur les prix des biens essentiels

Nous proposons :

- Une baisse de 1 point du taux normal de TVA, passant de 19,6% à 18,6% - pour soutenir le pouvoir d'achat des Français par une baisse généralisée des prix à la consommation, mais également la trésorerie des entreprises, en particulier des PME et TPE.

- Un gel des loyers dans les zones de forte hausse en 2009 et 2010, et la limitation de la hausse de l'ensemble des autres loyers au taux d'inflation ;

- La mise en chantier de 300.000 logements sociaux (PLAI et PLUS) sur les deux prochaines années - pour soutenir efficacement la filière du BTP et de la construction;

B. Agir massivement pour l'emploi et la protection des salariés

La catastrophe sociale qui s'annonce impose de renouer avec une politique de croissance et d'emploi, dont la France est privée depuis 2002. Mais au-delà, il n'est pas acceptable que soient livrés à leur sort les dizaines de milliers de salariés qui seront menacés de chômage dans les mois qui viennent, en particulier ceux qui feront l'objet de plans de restructurations et de licenciements, et surtout lorsque les entreprises sont par ailleurs bénéficiaires.

Des mesures d'urgence doivent être prises. La première sera le gel immédiat de toutes les suppressions de postes dans la fonction publique.

1) Une augmentation de la durée et de l'indemnisation du chômage partiel, particulièrement nécessaire pour les salariés de l'automobile

La crise qui menace l'emploi de centaines de milliers de salariés justifie la création dans l'urgence et à titre exceptionnel d'un chômage partiel prolongé, pour éviter les licenciements.
Nous proposons :

- La possibilité de mise en œuvre, sur les 18 prochains mois, d'un chômage partiel prolongé de 800 heures supplémentaires au-delà de 800 heures annuelles ;

- La soumission de cette prolongation du chômage partiel à un avis conforme du comité d'entreprise ;

- L'élévation de l'indemnisation des salariés, pendant cette période, à 80% du salaire.

2) L'amélioration de l'indemnisation des salariés victimes d'un licenciement économique

Nous proposons que :

- Les règles propres au contrat de transition professionnelle et à la convention de reclassement personnalisé soient unifiées, généralisées à tout le pays et que la durée d'indemnisation soit provisoirement portée à deux ans avec maintien d'une indemnisation à 80% du salaire pendant cette période.

- A titre exceptionnel et pendant 24 mois, les salariés inscrits à l'ANPE suite à une fin de CDD ou de mission d'intérim bénéficient d'une prolongation de six mois de leur indemnisation lorsque leurs droits arrivent à échéance pendant cette période.

3) Modifier la procédure des licenciements économiques pour mieux protéger les salariés

Si, dans cette période de crise, les difficultés que rencontrent certaines entreprises peuvent justifier le recours à des compressions d'effectifs, il n'est pas acceptable que soient prononcés des licenciements dont l'unique but est d'améliorer la profitabilité d'entreprises parfaitement bénéficiaires, ou pire, que des employeurs profitent de la crise pour réduire leur masse salariale. Or il est aujourd'hui établi que seul le coût du licenciement permet de s'opposer concrètement à compressions d'effectifs de pure convenance.

Pour les entreprises qui engagent un licenciement économique alors qu'elles continuent à distribuer des dividendes ou à racheter leurs propres actions, le remboursement préalable des aides publiques perçues au cours des cinq dernières années sera une condition de recevabilité de la procédure.

Le contenu du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) devra tenir compte, sous le contrôle de l'administration, de la situation financière des entreprises. Lorsque ces dernières sont réellement bénéficiaires, et notamment lorsqu'elles continuent à verser des dividendes à leurs actionnaires ou à procéder à un rachat d'actions, le PSE devra se donner tous les moyens de reclasser ou de reconvertir dans un emploi de catégorie équivalente l'intégralité des salariés concernés, et financer la réindustrialisation des sites affectés. Le montant des sommes mobilisées par l'entreprise devra alors correspondre à l'équivalent de 80% du salaire brut pendant deux ans pour chaque salarié concerné, en plus du versement des indemnités légales et conventionnelles de rupture.

En cas de désaccord persistant entre le comité d'entreprise et l'employeur sur le contenu du PSE, l'appréciation de cette obligation relèvera de l'administration du travail. Le juge judiciaire pourra intervenir, en urgence, pour suspendre la procédure de licenciement économique et s'opposer aux licenciements tant que les obligations pesant sur l'entreprise, telles que fixées par l'administration du travail, n'auront pas été respectées. Cette pénalité financière, bien supérieure à ce que prévoit la majorité des PSE aujourd'hui, dissuadera véritablement les entreprises de procéder à des licenciements de convenance.

4) Des politiques actives pour l'emploi

Le gouvernement a dû admettre la nécessité de recourir aux emplois aidés alors qu'il avait lui-même diminué les crédits dans la loi de finances initiales. Nous proposons :

- La création de 100.000 emplois aidés supplémentaires ;

- La création de 100.000 emplois pris en charge à 75% par l'État dans le secteur non marchand. Il s'agit de contrats à temps plein d'une durée de trois ans ;

- La réactivation des retraites anticipées dans les secteurs du bâtiment et de l'automobile peut être une arme nécessaire sans remettre en cause notre objectif général de favoriser l'emploi des salariés âgés.

C. Relancer immédiatement et durablement l'investissement

C'est maintenant et en urgence qu'il convient de relancer les investissements, de court terme comme de long terme, tant publics que privés.

1) Un effort immédiat pour l'investissement public

Un contrat avec les collectivités locales

Nous proposons un « pacte de relance » entre l'État et les collectivités locales.

Nous proposons en particulier :

- Le doublement en 2009 de la Dotation Globale d'Équipement (DGE), et du Fonds National d'Aménagement et de Développement du Territoire (FNADT) ;

- Un abondement exceptionnel du budget de fonctionnement des collectivités, comprenant notamment le remboursement des arriérés de paiement du RMI, la restitution du ticket modérateur payé par les collectivités sur le plafonnement de la taxe professionnelle, et l'octroi de prêts bonifiés pour les investissements relevant de leur champ de compétence ;

En contrepartie, les collectivités territoriales devront s'engager à :

- atténuer l'évolution des prélèvements obligatoires en 2009

- mettre en œuvre les programmes d'investissements prévus et à lancer de nouveaux programmes, en particulier dans le domaine des énergies renouvelables et les économies d'énergie.

Un plan de rattrapage pour l'hôpital public

L'investissement dans la remise à niveau de l'hôpital public, compte tenu de son ampleur nécessaire, est une part importante de la relance de l'investissement public. Nous proposons :

- Le retrait immédiat du plan social engagé par le gouvernement dans l'hôpital public, qui pourrait atteindre 20.000 emplois en 2009 ;

- Le lancement d'un plan de sauvegarde et de modernisation de l'hôpital public, d'un montant de 1,4 milliard d'euros.

Un soutien fort au BTP-construction

Au-delà de la mise en chantier dans les deux ans de 300.000 logements sociaux, nous proposons :

- un plan de rénovation écologique et d'isolation de 400.000 logements par an ;

- un effort massif pour garantir l'accessibilité des bâtiments publics aux personnes handicapées ;

2) Une relance durable de l'investissement privé

L'investissement privé, qui a fortement reculé cette année, doit être stimulé et relancé durablement. Nous proposons de :

- mettre en place un crédit impôt-recherche bonifié et spécifique pour les PME-TPE innovantes et intervenant dans l'économie verte ;

- moduler l'impôt sur les sociétés suivant que les bénéfices sont réinvestis ou distribués aux actionnaires ;

D. Sauver l'industrie, soutenir les entreprises, préparer la croissance de demain

La politique industrielle, impulsée par la puissance publique, est au cœur de nos propositions pour relancer l'économie aujourd'hui et préparer la croissance de demain.

1) Répondre aux difficultés d'accès au crédit et soutenir la trésorerie des entreprises, notamment pour les PME-PMI du secteur automobile

Nous proposons de :

- Favoriser l'obtention de crédits : par une intervention contraignante de l'État auprès des banques recapitalisées, afin de soutenir l'activité des PME-PMI et de maintenir les projets innovants des donneurs d'ordre, et en utilisant les garanties de la puissance publique (État, régions, départements) et l'octroi de prêts d'honneur ;

- Soutenir la trésorerie à court terme des entreprises :

► en conditionnant l'octroi des aides de l'État aux banques au maintien ou à l'extension des facilités de trésorerie aux entreprises ;

► en diminuant les besoins en fonds de roulement des PME-PMI-TPE, artisans et commerçants en pénalisant les retards de paiement par la modulation de la fiscalité qui touche les donneurs d'ordre (impôt sur les sociétés, taxe professionnelle...) ;

2) S'attaquer à l'urgence des urgences : sauver notre filière automobile

Pour répondre à l'urgence économique et sociale, nous proposons :

- Pour les entreprises, en direction des constructeurs et des équipementiers de premier rang, que l'État facilite l'accès au crédit par des prêts bonifiés ou des garanties de paiement en échange d'engagements forts de ces grands groupes : que les aides publiques soient mobilisées pour l'investissement, qu'elles soient conditionnées au maintien de l'emploi en France, qu'elles ne soient pas utilisées pour la rémunération des actionnaires.

- Pour les consommateurs, qu'en contrepartie des aides d'État perçues par les banques et les constructeurs, soient proposés des crédits à des taux bonifiés.

3) Préparer l'avenir, repenser l'industrie

Mobiliser massivement la puissance publique nationale et territoriale : vers un Pôle public d'investissement industriel (2P2I)

- Financer rapidement. Nous proposons l'aide gouvernementale accordée aux banques soit limitée au strict nécessaire pour assurer le fonctionnement du système bancaire, et assortie de solides contreparties, en particulier quant à la place faite aux représentants de l'État dans les conseils d'administration ; et que soient créés des fonds régionaux d'investissement et de réindustrialisation, immédiatement dotés de 7 milliards d'euros.

- Mobilisable rapidement. Ces fonds seront utilisés par les Régions pour agir au plus près des besoins réels des entreprises et des salariés, là où les banques n'interviennent pas. Ils permettront de :
► garantir des prêts bancaires, et prendre des participations dans le capital des entreprises ;
► financer des projets d'entreprises fondés sur des stratégies risquées et innovantes ;
► financer des programmes de reclassement et de reconversion des salariés frappés par les restructurations ;
► augmenter les moyens des dispositifs de formation qualifiante gérés par les régions en fonction des besoins des salariés et des spécificités des bassins d'emploi ;
► développer la réindustrialisation des sites frappés par la crise et la relocalisation
d'activités.

E. Promouvoir une croissance verte

Les défis écologiques sont l'occasion unique de changer fondamentalement les paradigmes d'une économie capitaliste à bout de souffle et de relancer la croissance et l'investissement.

Nous proposons en particulier :

- L'adoption pour les particuliers d'une tarification incitative à l'économie des biens essentiels que sont l'eau, l'électricité et le gaz (fixation d'une tarification avantageuse en cas de non dépassement d'une consommation forfaitaire) ;

- L'augmentation des crédits publics pour le développement des technologies propres et des éco-industries ;

- Le lancement d'un programme de dépollution des sites et sols pollués ;

- Le développement massif des infrastructures de transport propre, en partenariat avec les régions.

F. Pour de nouvelles règles financières

Pour éviter à l'avenir les dérives du système bancaire et financier, et en limiter les effets, nous proposons un grand projet de régulation financière.

1) Conditionner les aides et les garanties apportées au secteur financier

En contrepartie des 10,5 milliards d'euros accordés à six banques françaises sous la forme de quasi fonds propres, nous demandons :

- une intervention accrue de l'État dans les conseils d'administration, avec droit de vote ;

- l'interdiction de verser des dividendes ou de racheter leurs actions pour les banques ayant perçu une aide de l'État ;

- la suppression de l'ensemble des indemnités de départ et des bonus des dirigeants ayant conduit leurs entreprises dans l'impasse ;

- la remise en cause de toutes les activités liées aux paradis fiscaux ;

2) Prévenir les crises de demain : un grand projet de loi de régulation financière

Une fois le stade aigu de la crise passée, nous refusons que les mêmes choix politiques qui ont conduit à la catastrophe soient de nouveau mis en œuvre.

Au niveau européen et national, nous demandons l'adoption d'un grand projet de loi de régulation financière qui devra :

- encadrer les rémunérations des acteurs du secteur financier et des dirigeants d'entreprises (réglementer strictement et davantage imposer les stock-options) ;

- mieux encadrer l'activité de tous les acteurs financiers (réglementation plus stricte de la titrisation en fixant à 5 % la part titrisable de crédits, renforcement de la réglementation à l'égard des fonds d'investissement, des fonds souverains et des agences de notation) ;

- lutter contre la fraude et l'évasion fiscales, et mettre un terme au scandale des paradis fiscaux ;

- constituer un grand pôle financier public.

G. Le financement

Nous avons tenu à chiffrer très précisément chacune des propositions que nous faisons. Car nous voulons, même dans l’opposition, faire preuve de responsabilité.

Je l’ai dit, notre plan engage 50 milliards d’euros de moyens financiers. 10 milliards sont une intervention en capital (fonds régionaux stratégiques d’investissement). L’impact budgétaire est donc de 40 milliards d’euros.

Notre sens de la responsabilité va plus loin : nous proposons l’annulation de la loi TEPA, ce qui permettra d’apporter 10 milliards en 2009 et 15 milliards en régime de croisière.

Surtout, à l’inverse du plan Sarkozy qui va détériorer les comptes publics, notre plan apportera des recettes parce qu’il contient surtout des mesures portant sur la consommation et l’investissement immédiat. On peut estimer à 1 point de PIB les retours liés à notre plan.

Conclusion

Voilà l’essentiel de ce plan. Massif : 2,5% du PIB. Équilibré : quasiment 50/50 consommation et investissement. Efficace. Ouvrant vers l’avenir.

Il comprend bien d’autres mesures et aspects que je n’ai pas eu le temps de développer, et notamment sur la croissance verte ou sur le volet européen. Je veux souligner tout de même sur ce dernier point que notre plan s’inscrit totalement dans l’esprit de la déclaration des dirigeants socialistes européens adoptée à Madrid le 1er décembre.

Source : Parti-Socialiste.fr
Vous pouvez aussi télécharger l'intégralité du plan en 46 pages au format pdf

Texte incomplet

Bonjour
La partie du point B) - 4
"- La réactivation des retraites anticipées dans les secteurs du bâtiment et de l'automobile peut être une arme nécessaire sans remettre en cause notre objectif général de favoriser l'emploi des salariés âgés." est tronquée.
Le texte complet est celui ci :
* Dans l’automobile mais aussi dans d’autres secteurs très touchés, nous proposons la possibilité d’accords collectifs de branche mettant en place des dispositifs temporaires de retraite anticipée, prenant en compte principalement le critère de la pénibilité. Ces dispositifs exceptionnels sont une arme nécessaire pour traverser la crise, sans remettre en cause notre objectif général de favoriser l’emploi des salariés âgés. Nous proposons dans cet esprit d’abroger purement et simplement la circulaire de juillet 2008 sur les carrières longues, qui a allongé de plusieurs mois la durée d’activité nécessaire pour partir en retraite à taux plein avant 60 ans, alors qu’il s’agit de salariés qui ont commencé à travailler très jeunes, et qui remplissent aujourd’hui les conditions fixées initialement par la loi.

L'abrogation de la circulaire de 2008 permettrait à 60 000 personnes de ne pas devoir cotiser une année supplémentaire et de partir en retraite = autant d'emplois potentiels.
Quand cette circulaire est sortie nous avons alerté médias et élus de l'opposition... sans succès.
Des personnes ayant commencé à travailler à 14,15,16 ans et qui pouvaient partir ayant cotisé 42 ans, que l'on oblige du jour au lendemain à en cotiser 43, tout le monde s'en fichait. Les choses auraient elles changées ?

Dominique

Le taux plein dès les 37 annuités !

Merci Dominique de cet apport complémentaire.
Le problème des retraites anticipées est en effet à remettre à l'ordre du jour.

Mais sur le fond, je trouve que le P.S ne va pas assez loin.

1° Avec la généralisation des emplois précaires, des parcours d'emploi chaotiques (CDD puis chômage puis interim puis chômage...), du premier emploi s'effectuant de plus en plus tard (apprentissages reconduits dans différents métiers, formations en alternance...), les salariés d'aujourd'hui auront de plus en plus de mal à obtenir leurs 40, 41, 42 voire 43 annuités !
Il faut réduire la durée de cotisation à 37 annuités dans un premier temps et obtenir mieux des patrons ensuite grâce aux combats syndicaux.

2° Le fait d'avoir cotisé le quota d'annuités fixé devrait ouvrir le droit à la retraite automatiquement sans attendre 60 ans, 65 ans, 67 ans ou 70 ans ! Cela règlerait tout de suite le problème des salariés ayant commencé leur carrière très jeunes - rappelons que Fillion a ramené l'âge de l'apprentissage à 14 ans, nous faisant faire un recul de 40 ans !
Cela règlerait aussi le problème des travaux pénibles si l'on "attribuait" des annuités supplémentaires aux emplois pénibles, un peu comme les militaires lorsqu'ils partent en campagne à qui l'on attribue des bonus de retraite.

Enfin, règler ces questions par des accords de branches ne me satisfait pas : c'est diviser pour mieux régner. C'est en partie pour cette raison que les gouvernements de droite sont parvenus, avec le patronat, à remettre en cause tous les acquis depuis la dernière guerre. C'est en créant des accords pour le public dissociés des accords du privé, puis en dressant les salariés du privé contre ceux du secteur public que le système a été nivelé "par le bas". Il était trop facile d'argumenter ensuite sur l'égalité de traitement entre le public et le privé, avec l'assentiment des salariés du privé !

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emplois aidés

En regardant autour de moi, je constate que les "emplois aidés " participent de cette mise en place d'une politique d'emplois précaires, sous payés ou mal payés et encourage le patronat à pratiquer les bas salaires. cette pratique de discrimination à l'emploi ne me convient, pas plus que la création de quota pour "intégrer la minorité visible".
C'est notre culture, notre façon de penser et d'agir ensemble qui doit évoluer ou être révolutionnée.

Rappel

Je rappellerai au socialiste que la crise, cela fait plus de vingt ans qu'elle s'étale devant nos yeux. Vous avez amplement participé à son épanouissement en prenant parti pour le capitalisme à la papa, ne serait qu'en ne remettant pas en cause ce système économique qui n'est pas logique aux regard de la croissance infinie basée sur des richesses finies.
Je me rappelle de la gestion de super phénix et de sa petite sœur dont on ne parlai pas, de la gestion du déchet flottant qu'était l'Erika, des lois Pasqua qui devaient être abrogées par Jospin, du comportement de J.Lang and Co pour l'étouffement d'affaires liées au Japon,de l'intégration des anciens OAS par Mittérand, bref de la continuité dans la médiocrité et le mépris de la démocratie.

A propos des emplois aidés

En effet, j'ai connu les premiers emplois aidés sous Giscard. A l'époque (1977), ces emplois en CDD de 9 mois devaient être payés 25% au-dessus du SMIC, faire l'objet d'une formation interne de 6 mois et devaient aboutir à un CDI. En contre-partie, l'employeur était exonéré d'une partie des cotisations sociales. Il s'agissait alors d'un vrai tremplin pour les jeunes qui pouvaient accéder à un vrai emploi.

Les socialos ont ensuite repris et multiplié le système des emplois aidés à toutes les sauces. Ils ont, par cette façon d'agir, habitué les employeurs à n'embaucher qu'au SMIC, en CDD et avec des exonérations.
Pourtant le but d'un employeur, c'est bien d'employer ! Pourquoi leur offrir des aides pour cela ? Sans embauche, pas de personnel, sans personnel, pas d'entreprise !

Il faut supprimer tout de suite toutes ces "aides" qui ne favorisent que les employeurs, les salaires au rabais, les temps partiels non choisis et les emplois précaires.
Et si ça fait couler certaines entreprises, que celles-ci meurent ! Les salariés sauront reprendre leur activité, leur entreprise pour l'euro symbolique et s'autogéreront.

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