Finance mondiale : Bulles, krachs et rebonds

 

Ces dix dernières années, les régulateurs du marché sont parvenus à limiter les conséquences des grandes crises économiques. Crise asiatique, faillite du hegde fund LTCM, éclatement de la bulle Internet, faillite d'Enron et enfin crise des subprimes : cinq crises de durée et d'intensité variables, mais cinq crises économiques majeures en dix ans. Chaque fois, le système financier mondial a été mis en péril, chaque fois une explication spécifique a été avancée, chaque fois le spectre de la crise de 1929 a hanté les commentateurs, chaque fois un sauvetage des acteurs défaillants a été organisé et chaque fois l'économie a rebondi. À tel point qu'on en vient à se demander si l'économie mondiale n'est pas devenue incroyablement résistante et si, à la différence de 1929, nos gouvernants et nos régulateurs n'ont pas trouvé les moyens de juguler les crises. Mais avec la crise des subprimes, les remèdes traditionnels ne semblent plus fonctionner. Cette crise, aboutissement de dérèglements majeurs, serait-elle la plus sérieuse ? Maîtrise-t-on réellement l'art de la gestion des crises ou sommes-nous en train de nous rapprocher, crise après crise, de la remise en cause de tout le système ? Une question majeure que ce film explore...

La Cause du Peuple - Vidéo 52mn02

Bulles, krachs et rebonds - Durée : 52:02

Réalisateur: Michel Kaptur
Auteur: Elie Cohen
Producteur: Cineteve

Qui est Élie Cohen ?

Administrateur de France Télécom puis aujourd’hui d’Orange, Elie Cohen est d’abord un homme de réflexion, un économiste qui depuis toujours fuit les chapelles de la pensée. Après son essai sur les autorités de régulation, L’ordre économique mondial (Fayard, 2000), il a sorti en octobre 2005 Le nouvel âge du capitalisme : Bulles, krachs et rebonds (Fayard). Dans ce livre, Elie Cohen s’interroge sur les «crises» récentes du capitalisme, du scandale Enron à l’effondrement de la bulle Internet, et la façon dont elles ont été assumées, au point de quasiment renforcer le système au lieu de le fragiliser. L’homme, c’est un détail qui a son importance, est inséparable de son Treo qui lui sert de bureau mobile : cet économiste sans langue de bois est un vrai passionné de nouvelles technologies, et ce depuis longtemps.

Faut-il résister à la mondialisation ?

Débat réalisé par Le Nouvel Observateur / France Culture le 5 juin 2008 entre Elie Cohen et Susan George du mouvement Attac.

Le Nouvel Observateur/France-Culture - Attac (Association pour la Taxation des Transactions financières pour l'Aide aux Citoyens) fête son dixième anniversaire cette semaine. Depuis sa naissance, on a assisté à un essor sans précédent de la mondialisation et de la financiarisation de l'économie. A quoi a servi Attac ?

Susan George - Attac a servi à mettre à l'ordre du jour certaines questions qui n'y étaient pas du tout. Et avec succès dans le cas de cette fameuse taxe que nous n'appelons plus Tobin, car nous allons beaucoup plus loin que ne le faisait Tobin. C'est même Jacques Chirac, qui ne partageait pas vraiment nos opinions, qui a proposé cette idée aux Nations unies, où elle a été contresignée par 110 chefs d'État et de gouvernement. Ce qui me frappe, c'est que nous avons eu raison sur toute la ligne, non seulement sur la nécessité d'une taxe sur les transactions financières, mais aussi sur la nécessité de fermer les paradis fiscaux (regardez encore le scandale du Liechtenstein) ; sur l'annulation de la dette du Sud parce que ces pays s'enfoncent dans la misère, comme le prouvent les récentes émeutes de la faim provoquées par la spéculation sur les marchés financiers des céréales. Nous avons alerté de ces risques depuis dix ans. Mais nous avons en face de nous des néolibéraux très puissants qui ne veulent rien céder parce qu'ils font des profits immenses.

Elie Cohen - La mondialisation a fait des pas de géant. Il y a dix ans, on parlait de l'émergence de la Chine. Aujourd'hui, la Chine est au centre de tous les débats sur les équilibres économiques et financiers internationaux.
Les réserves financières accumulées par la Chine sont considérables. Le déséquilibre commercial entre les États-Unis et la Chine est à la base de tous les dysfonctionnements actuels de l'économie planétaire. L'Inde a pris la suite, et aujourd'hui la mondialisation est installée au cœur de nos préoccupations les plus quotidiennes. En même temps, la financiarisation a fait des progrès spectaculaires au cours de la dernière décennie. Le poids dans les profits des principales entreprises financières a quadruplé en vingt ans par rapport aux entreprises non financières. C'est vous dire la part sans cesse plus grande dans les richesses que prennent les produits financiers. Mais si on ne comprend pas le lien entre la finance et l'économie réelle, on se condamne à pérorer sur la réalité économique plutôt qu'à essayer de peser sur elle. Un exemple : aux États-Unis, les revenus des ménages moyens et des ménages à bas salaires ont peu progressé, ils ont même stagné. Qu'est-ce qui a fait que ces ménages ont pu malgré tout continuer à consommer et accroître la consommation ? Un mécanisme a permis aux ménages de tirer du crédit sur l'appréciation de leur patrimoine, donc sur un résultat futur, pour consommer au quotidien. Cette capacité qu'a eue la finance à transformer des promesses d'enrichissement en source de consommation immédiate a été un des moteurs de la croissance aux États-Unis. Il faut savoir que la consommation américaine représente plus de 70% de la richesse nationale. Mais cette finance a aussi sa part d'ombre. Nous ne sommes pas parvenus à réguler la finance et l'économie mondiale et en particulier à prévenir le retour des crises. Ces crises financières à répétition - la crise asiatique, la crise de la nouvelle économie, la crise d'Enron, la crise des subprimes aujourd'hui - livrent trois messages :
1) on ne sait pas les éviter
2) on craint sur l'instant le retour de 1929
3) on sait traiter la crise lorsqu'elle survient

Après chaque crise, on constate que les mesures prises préparent la crise suivante, et les nouvelles régulations suscitent des innovations financières qui les subvertissent. Crise après crise, les dysfonctionnements se multiplient, et en même temps le système se révèle formidablement résilient grâce à un pouvoir économique d'exception qui est logé à la Banque centrale américaine. Au bord du précipice, ceux qu'on appelle les libéraux savent découvrir les ressorts du pouvoir d'exception et sauvent le système. C'est ce qui s'est passé en mars cette année, lorsque, avec l'affaire de Bear Stearns, on était au bord de la crise systémique et que la Banque centrale américaine est intervenue, de manière illégitime mais remarquablement efficace.

N. O./F.-C - Attac déclare dans son manifeste que la crise financière n'est pas un accident, mais le résultat d'une gigantesque économie de casino qui joue l'avenir du monde à la roulette russe pour plus de profit.

S. George - J'ai été très intéressée par le vocabulaire d'Elie Cohen, parce que tout ce qu'il présente en très positif, Attac et moi le considérons comme négatif. Quand il dit « les progrès de la finance », je pense qu'il s'agit d'une régression. Nous avons eu effectivement chaque fois une bulle. Après la « bulle internet », Alan Greenspan, pour « re-bulliser » (si je peux me permettre ce néologisme), a descendu les taux d'intérêt à 1%. Les Américains se sont précipités pour acheter des maisons. Ils ont pu emprunter sur la valeur de leur maison - ce qu'Elie Cohen semble trouver une très bonne chose, même quand on est en épargne négative aux États-Unis. Emprunter sur leur maison, ça va très bien si leur valeur augmente. Mais Greenspan a créé aussi des conditions dans lesquelles les gens qui n'auraient jamais dû prendre une hypothèque l'ont fait : c'est ça, la crise des subprimes. Résultat, il y a 4,5 millions de maisons dont personne ne veut sur le marché immobilier américain. Les prêts que les gens ont pris sont supérieurs à la valeur réelle de leur maison, ce qui a mis fin à cette consommation effrénée qu'Elie Cohen a l'air de trouver excellente. Mais quand la bulle éclate, ça fait très mal. Qu'est-ce qui s'est passé avec Bear Stearns et les autres grandes faillites ? C'est une longue histoire, mais les États-Unis avaient depuis 1933 une loi qui empêchait les banques commerciales et les banques d'investissement d'être dans une même structure. Il y a eu un forcing des plus grandes banques (j'abrège) pour abroger la loi : de facto, il y a eu des fusions immenses, créant des structures qui étaient, comme on dit en anglais, « too big to fail » - trop grandes pour faire faillite. Le gouvernement le savait, mais ce qui est pire, c'est que ces grandes banques le savaient aussi. Et elles ont pris d'immenses risques. Les profits dans l'industrie financière ont été de l'ordre de 20% depuis l'an 2000. Pour donner une comparaison avec les autres industries, c'est de deux à trois fois le profit d'une industrie normale.

E. Cohen - Comment comprendre qu'on ait à la fois cette récurrence des crises et une croissance économique particulièrement forte ? Comment comprendre que le monde entier croisse et que les États-Unis croissent plus vite que l'Europe ? Si on ne comprend pas que le développement de la finance, malgré toutes les perversités qui viennent d'être rappelées, a permis d'élargir les bases de la croissance et que la consommation a pu se développer dans des périodes de faible croissance du revenu et du pouvoir d'achat, alors on ne comprend pas le monde tel qu'il est. Ces dix dernières années, la finance a crû en importance, en sophistication, et également en capacité à se développer par ce que j'appelle de l'arbitrage réglementaire. Le vrai moteur de la situation actuelle, c'est la course permanente entre la régulation et l'innovation financière. L'innovation financière, ce n'est pas que de la création de produits mathématiques sophistiqués, c'est savoir exploiter les failles règlementaires des différentes régulations nationales pour maximiser le profit financier. Dans ces dispositifs-là, les paradis fiscaux jouent un rôle. Et, bien entendu, un dispositif fiscal aussi fruste que la taxe Tobin ne peut perturber la finance globale. Il faut donc sans cesse améliorer la régulation : par exemple, il faut réguler de la même manière les institutions financières, quel que soit leur statut théorique. En d'autres termes, quand Bear Stearns, qui est une banque d'investissement, fait aussi un métier de banquier traditionnel, eh bien Bear Stearns doit être régulé de la même manière qu'une banque de dépôt classique.

N. O./F.-C - Attac considère que l'OMC, le FMI, la Banque mondiale, les instances internationales de régulation ont été des accélérateurs des déséquilibres mondiaux plutôt que des stabilisateurs.

E. Cohen - Les grandes organisations de régulation commerciale et financière essaient de substituer au concert des puissances un ordre juridique policé, fondé sur le multilatéralisme, et un mode d'arbitrage qui permet de trancher les conflits commerciaux entre pays fondamentalement inégaux. Or à quoi assiste-t-on depuis cinq ans, depuis que l'OMC a été affaiblie par les altermondialistes ? Sur fond de détricotage des accords commerciaux internationaux, on voit le retour brutal des protectionnismes, des nationalismes et des purs rapports de force. Ce qui me frappe aujourd'hui, c'est que cette tentative de l'OMC aurait dû être soutenue par tous ceux qui voulaient un monde plus équilibré, un monde où l'omnipuissance des États-Unis pouvait être contenue.

S. George - Depuis vingt ans, tout a été dérégulé. Il faut donc des instances de régulation. Quelles sont les puissances qui ont créé la bulle financière ? Ce sont les hedge funds. Il y en a à peu près 9.000 (personne ne sait exactement combien), qui brassent 2 trilliards de dollars. Ces hedge funds ne sont régulés par personne, y compris par les régulateurs nationaux. J'ajoute que ce sont les classes moyennes et les gens démunis qui en souffrent, et non les riches. L'OMC, nous l'aurions soutenue si elle avait inclu des clauses sur le travail, sur la protection de l'environnement... Mais vous avez 800 pages, plus 20.000 pages d'annexes, sans un mot sur les droits des travailleurs, des salariés, ni sur la protection de l'environnement. Nous avons passé notre vie à essayer, à Attac, de ne pas mettre tout dans le marché. Est-ce que l'eau, l'énergie, la santé, l'éducation, la recherche pharmaceutique doivent être dans le marché ou régulées et prises en charge par la collectivité ? Or, aujourd'hui, tous les gains sont privatisés et toutes les pertes socialisées. C'est nous qui payons pour les risques pris par la finance. Elle sait qu'elle peut en prendre parce qu'on va toujours venir à son secours. Nous n'avons jamais prétendu que la taxe sur les transactions financières pouvait régler tous les défauts du système financier. Simplement, il s'agit d'un marché où sont traités tous les jours 3,2 trillards de dollars, dont seulement 2% environ ont à voir avec l'économie réelle. C'est une activité purement spéculative. Le problème, ce sont les immenses inégalités que ce système libéral a engendrées, à la fois à l'intérieur des pays et entre les pays riches et pauvres. C'est cela que nous voulons combler. Nous ne voulons pas des règles actuelles parce qu'elles ont été mises en place par des entreprises transnationales et ces petits génies de la finance qui déséquilibrent le monde.

E. Cohen - Au cours des dernières années, la croissance mondiale n'a jamais été aussi forte. Cette formidable croissance est d'abord due au réveil de la Chine, de l'Inde et des émergents. Quand 3 milliards d'hommes s'invitent au festin de la planète, cela produit des effets économiques majeurs. Mais la Chine et l'Inde n'auraient pas connu un tel développement si en même temps les États-Unis n'avaient pas accepté de laisser filer leur déficit commercial. Déficit nourri donc par des consommateurs américains insatiables, et favorisé par les mécanismes financiers que j'ai décrits. L'interpénétration du monde réel et de la finance est une donnée. Cette croissance mondiale portée par le couple producteur chinois-consommateur américain est fondamentalement déséquilibrée. Les États-Unis, un jour ou l'autre, devront corriger ces déséquilibres. Mais il y a une bonne nouvelle malgré tout : on s'attendait, avec le ralentissement américain, à ce que la Chine et l'Inde souffrent et que la croissance mondiale soit fortement tirée vers le bas. Or, pour le moment, ce qu'on observe de manière surprenante, c'est un certain découplage. La croissance américaine ralentit incontestablement, mais l'Europe s'en tire relativement bien. La Chine, qui avait une croissance à 11,5%, va peut-être connaître une croissance à 10%. Il y a donc ralentissement incontestable, mais la bonne dynamique économique mondiale n'est pas brisée. Vous dites qu'il y a un certain nombre de biens publics mondiaux, et vous voulez que la santé ou l'eau échappent au marché. J'aimerais comme vous que, par exemple, lorsque des thérapies sont disponibles, tous les malades les plus pauvres puissent y accéder. Mais il faudrait que vous disiez comment on finance la recherche au niveau mondial. Si je suis d'accord avec vous pour explorer les pistes qui pourraient limiter les revenus exorbitants qu'on peut tirer de la propriété intellectuelle, il faut que vous m'expliquiez quels mécanismes de substitution vous mettez en place pour que, dans une économie privée, les incitations à investir subsistent. Ce qui me frappe chez vous, c'est que vous continuez à vous en prendre au pouvoir terrifiant des multinationales. Or le monde a changé. Si je vous avais demandé il y a dix ans quelle est l'entreprise la plus puissante de la planète, vous m'auriez répondu justement : Exxon. Or Exxon ou Total, aujourd'hui, sont des nains en matière de production pétrolière, le souverainisme pétrolier est passé par là. Le monde est dominé par les États producteurs, qui contrôlent leur propre production, et les multinationales pétrolières n'en contrôlent plus que de 15% à 20%. Si vous regardez les classements par capitalisation boursière, vous constatez qu'aux premiers postes on trouve des entreprises chinoises et des entreprises pétrolières arabes. Le monde a vraiment changé de base.

N. O./F.-C - « La mondialisation profite aux pauvres » est le credo des économistes les plus orthodoxes. Les pauvres souffrent-ils au contraire de la compétition globale, comme le suggèrent les altermondialistes ?

S. George - Personne ne nie qu'un certain nombre de Chinois, hier exclus de l'économie de consommation, en profitent maintenant. Mais partout dans le monde nous assistons à l'accroissement des inégalités. Si bien que l'Afrique semble définitivement reléguée à une position subalterne, où d'ailleurs les Chinois sont en train de puiser beaucoup de ressources, y compris les terres arables. Vous n'avez pas prononcé le mot d'« écologie ». On ne peut pas continuer dans un monde fini à consommer avec les méthodes du XIXe et du XXe siècle. Malheureusement, la croissance indienne et chinoise, au lieu de sauter directement dans le XXIe siècle comme cela aurait été possible, a décidé de suivre nos mauvais exemples. Il y a un mot d'esprit d'un économiste américain qui dit : « Pour croire que la croissance peut être infinie dans un monde fini, il faut être soit un fou, soit un économiste ». Quant à Exxon, ce n'est pas un nain. Ses profits l'an dernier étaient de 140 milliards, plus de profits que n'importe quelle entreprise au monde.

E. Cohen - Les ressources supplémentaires des pays producteurs de pétrole ont été de 800 milliards de dollars.

S. George - Tant mieux pour eux s'ils les investissent par exemple dans des énergies alternatives, ce dont je doute. Malheureusement, Exxon s'emploie aussi à empêcher toutes les mesures favorables aux énergies alternatives. Nous voulons des taxes internationales. Actuellement, toute taxe s'arrête aux frontières nationales. On ne peut pas avoir une redistribution mondiale dans ce cas. On pourrait créer une taxe unitaire sur les profits des transnationales, une taxe sur les transactions financières, et ainsi utiliser les produits de ces taxes pour diminuer les inégalités, et financer entre autres la recherche pharmaceutique et une distribution non marchande des médicaments.

E. Cohen - Les économistes n'ont jamais dit que la mondialisation profitait à tout le monde, y compris aux pauvres. Non, ils disent qu'un monde d'échanges ouvert profite à tous les pays car ils peuvent faire jouer leurs avantages comparatifs. Mais les économistes savent bien que cette ouverture des échanges peut avoir des effets territoriaux, sectoriels et sociaux inégalitaires. C'est pourquoi il est indispensable que des politiques redistributives soient organisées par souci de justice sociale, certes, mais aussi parce que c'est le moyen de légitimer la globalisation. Certains pays font de la redistribution, d'autres pas. A propos du développement durable, vous avez raison de dire que si la Chine et l'Inde, sur leur lancée actuelle, connaissaient nos niveaux de développement, la planète exploserait. Mais le pré-accord de Bali a jeté les bases d'un développement plus soutenable fondé sur des limitations des émissions de C02 et sur un transfert aux émergents des technologies propres. Pour la première fois, les États-Unis, les pays émergents et l'Europe ont l'air de converger. L'Europe a été à la base des accords de Kyoto, elle est à la base aujourd'hui de l'élaboration d'un Kyoto II. Il faut considérer l'Europe comme une puissance normative. L'Europe fait école par les normes qu'elle produit et par la promotion d'un ordre multilatéral et multipolaire.

S. George - L'Europe pourrait être un contre-modèle aux États-Unis et à la Chine, mais elle ne joue pas ce rôle malheureusement pour l'instant.

Gilles Anquetil, François Armanet
Source : Le Nouvel Observateur

Economiste, directeur de recherche au CNRS et à la Fondation nationale des Sciences politiques, Elie Cohen est notamment l'auteur de « l'Ordre économique mondial. Essai sur les autorités de régulation » et du « Nouvel Age du capitalisme. Bulles, krachs et rebonds » chez Fayard.

Politologue, Susan George est fondatrice d'Attac, dont elle a été la vice-présidente et dont elle est aujourd'hui présidente d'honneur. Elle a notamment écrit « Un autre monde est possible si... », « Nous, peuples d'Europe » et récemment « la Pensée enchaînée », chez Fayard.

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