Ségolène Royal au Zénith : La contestation people
Ségolène Royal a inauguré le 27 septembre lors du meeting de la Fraternité au Zénith de Paris, une nouvelle prestation politique façon showbizz.
Nouvelle coiffure frisée, nouvelle tenue à mi-chemin entre la soixante-huitarde babacool attardée et la sœur mystique emprunte des voix de l'hindouisme, nouveau discours plus proche de ceux de sa campagne électorale défectueuse que d'un meeting politique de gauche où l'on aurait pu attendre en cette période de crise financière une critique acerbe démontant méthodiquement et rationnellement, point par point, les actions de la droite au pouvoir depuis 2002.
"Je suis là aujourd'hui, je serai là demain. Rien ne me fera reculer" : l'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle s'est posée samedi en Mère Courage, apôtre des sans-grade, en jouant sur la corde émotionnelle de son auditoire...
La Cause du Peuple... et pas du People
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Dans la grande salle où plus de 4.000 personnes avaient pris place, entre deux prestations d'artistes venus se produire bénévolement, la présidente de Poitou-Charentes a fustigé le « système financier en folie qui s'auto-détruit sous nos yeux », « un monde sans règles ».
Elle a délivré un message d'espoir : "non au cynisme, non à la résignation", et appelé à « relever la tête ».
Dans un discours de 45 minutes, souvent interrompu par des salves d'applaudissements et des « Ségolène... Ségolène.... », elle a appelé la gauche à « se ressaisir ». Pour elle, "la gauche doit être là malgré ses imperfections, la gauche doit être là pour faire émerger cette nouvelle France qui attend qu'on la réveille".
"Nous avons en commun de vouloir un autre monde", a-t-elle lancé, faisant scander le mot « fraternité » par ses partisans. "On commence à comprendre qu'il faut radicalement changer le système", a-t-elle dit, sans jamais citer le nom du président Nicolas Sarkozy.
Défenseur des luttes sociales, elle s'est interrogée : "A quand l'interdiction de délocaliser et de licencier avec obligation de rembourser les aides publiques si l'entreprise fait des bénéfices ? ».
Arpentant la scène, à la manière d'une actrice, avec une gestuelle affirmée, souriant, riant parfois, elle s'était délestée de certains attitudes figées de sa campagne.
"Elle a trouvé cette liberté de ton et d'allure qu'elle a cherchée pendant la campagne", résumait le député Jean-Louis Bianco.
Le registre était également personnel. Elle s'est posée en victime du pouvoir mais aussi de certains de ses camarades du parti, évoquant « la riante primaire, la courtoise présidentielle, les gentils coups bas, les tendres attaques, les doux cambriolages, les amicales pressions et les charmantes épreuves personnelles ». Allusion à peine voilée à sa séparation d'avec François Hollande.
A propos du cambriolage de son appartement, elle a stigmatisé « les porte-flingues de l'Elysée ».
En tunique de soie bleue, sur un jeans, cheveux nouvellement ondulés, elle est apparue radieuse, assortie au bleu du mot « fraternité » qui s'affichait derrière elle.
La présidente de Poitou-Charentes souhaitait organiser ce grand rassemblement « au service de la gauche » pour remercier ses soutiens dès le lendemain de son échec, mais il a finalement lieu alors que s'engage la bataille pour la conquête du Parti Socialiste.
Mme Royal avait invité tout l'état-major du PS, mais seuls ses plus proches comme Jean-Jack Queyranne, président de la région Rhône-Alpes, l'eurodéputé Vincent Peillon, étaient de la fête, tout comme l'homme d'affaires Pierre Bergé qui finance ses activités.
Avec drapeaux tricolores, calicots, les militants venus de toute la France avaient parfois ressorti les tee-shirts de la campagne de 2007 ("La France présidente").
Durant quatre heures, les artistes se sont succédé sur scène : Trust, Benjamin Biolay, Hervé Vilard, Da Silva, Cali... De courts sketches notamment du Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine, de petits films rythmaient la soirée. Le chanteur Yannick Noah a adressé un message de soutien, depuis les États-Unis.
Un lâcher de confettis a clôt en couleurs ce show politique d'un type nouveau.
Avec AFP
Source : Paris d'Avenir
Ségolène Royal au Zénith : les socialistes agacés
Henri Emmanuelli estime que le concert organisé par la socialiste « est entre le show-business et le rassemblement de secte ». Martine Aubry dit « chacun son style » et Bertrand Delanoë juge qu'il ne se « met pas en scène ».
Le grand « Rassemblement de la Fraternité » organisé samedi soir à Paris par Ségolène Royal, mêlant concerts d'artistes et intervention de l'ex-candidate à la présidentielle, a suscité dimanche 28 septembre l'ironie à gauche et à droite.
Au Zénith, l'ancienne candidate à la présidentielle a réuni près de 4.000 personnes, et elle est apparue en tunique bleue sur un jean, sous les acclamations, mêlant hommage au public, appels à la « fraternité » et message politique : "je suis là aujourd'hui, je serai là demain!".
"Je pense que la politique n'est pas un show. J'ai envie de dire à Ségolène qu'elle est sur le mauvais chemin. La fois prochaine, on aura en plus un morceau de chorégraphie", a dit sur Radio J le député et ancien président PS de l'Assemblée Henri Emmanuelli.
"Personnalisation à outrance"
"Tout ça n'est pas sérieux, cette vision de la politique, inscrite dans le marketing politique, la logique de la publicité commerciale, qui néglige le fond, ce genre de cérémonie qui est entre le show-business et le rassemblement de secte", a-t-il ajouté, parlant aussi de « personnalisation à outrance ».
De son côté, le maire de Paris Bertrand Delanoë s'est présenté dimanche à Pau comme « quelqu'un de naturel, qui ne se met pas en scène ».
"Chacun fait les choses selon son style, nous ne sommes pas tous identiques. Moi, je fais mon travail, je suis quelqu'un de naturel qui ne se met pas en scène", a déclaré lors d'un point presse Bertrand Delanoë qui assistait à la fête de la Rose de l'agglomération paloise.
"J'ai tellement le sens de la fraternité que je n'avais pas besoin d'aller au Zénith pour être fraternel", a ajouté le maire de Paris, candidat à la succession de François Hollande pour le poste de premier secrétaire du PS.
"Chacun son style"
Martine Aubry, maire PS de Lille, a elle préconisé le « débat d'idées et la confrontation » au sein du Parti socialiste, au lendemain du « Rassemblement de la Fraternité » au Zénith de Paris organisé par Ségolène Royal, ajoutant: "chacun son style".
"Chacun son style. Je préfère être avec le parti et les militants. Laissons chacun être comme il est. Je n'ai rien à dire dès lors qu'on n'était pas dans la confrontation, dans le débat d'idées", a commenté Martine Aubry lors d'une conférence de presse, en marge de la fête de la Rose d'Ingré (Loiret).
"Je ne me confronterai qu'aux idées et qu'on ne me dise pas que ce sont des attaques de personnes", a prévenu l'ex-ministre, qui conduit une motion pour le congrès du PS de novembre.
"Mon opposant à moi c'est Nicolas Sarkozy, pas Ségolène Royal", a-t-elle poursuivi.
Bertrand ironise
Enfin, du côté de la droite, le ministre UMP du Travail Xavier Bertrand a ironisé sur les mots « fraternité, fraternité » scandés comme un slogan par l'ancienne candidate sur la scène du Zénith.
"La politique, c'est du fond plus que de la forme. Les Français sont attentifs aux convictions, aux idées plus qu'à la mise en scène", a-t-il déclaré au Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien.
Il pense que l'incantation de Ségolène Royal sur la fraternité s'adresse au PS « qui en a besoin ».
Ségolène Royal, qui a mis sa candidature à la direction du PS entre parenthèses avant le congrès de novembre, est située derrière Bertrand Delanoë dans les sondages pour la succession de François Hollande.
(avec Reuters)
Source : NouvelObs.com
Retour sur le Zénith et la fraternité
Les médias traditionnels - à part quelques notables exceptions - n’ont pas traité positivement l’évènement, parlant de « peopolisation » de la politique et ne traitant que de la nouvelle allure de Ségolène Royal.
Nous ne parlerons pas de « complot », mais nous pouvons noter qu’aucun média traditionnel ou presque (à la différence de médias alternatifs sur internet par exemple) ne rappelle l’esprit positif des participants à ce rassemblement. Aucun ou presque ne rappelle leur incroyable diversité : des Français de toutes origines sociales, culturelles, ethniques, de tout âge. Des socialistes et sympathisants de toutes les sensibilités. Ce samedi soir au Zénith était la parfaite illustration de la France métissée. C’était la preuve que la France peut être fraternelle et solidaire. Aucun contrôle stricte à l’entrée (gratuite), aucune discrimination, aucun « filtrage » et une ambiance sereine, confiante et joyeuse.
Ce rassemblement était ouvert à tous et n’avait pas pour objectif de présenter la motion. Il s’inscrivait dans une logique de rassemblement populaire autour de la fête. Parlons-nous de « peopolisation » de la politique lorsque l’on évoque la « Fête de l’Humanité » ? Non, il s’agit pourtant du même type d’évènement. Parler des difficultés quotidiennes des Français à travers des chansons, des animations, des sketchs, des discours. Le faire dans un esprit dynamique, rassembleur et positif pour fédérer un maximum de volontés. À l’issue de cette « fête », c’étaient 5 000 militants ou sympathisants re-motivés qui rentraient chez eux prêts à défendre la solidarité et l’idéal socialiste à travers tout le pays.
Les critiques à l’encontre de ce rassemblement émanent essentiellement de la vieille garde de notre parti, incapable de susciter l’enthousiasme populaire. Ségolène Royal a mobilisé un samedi après-midi plus de 5 000 personnes. Qui d’autre au PS pourrait en faire autant aujourd’hui ?
Les « éléphants » de notre parti qui se sont tant moqués de cet évènement ne devraient-ils pas davantage cibler leurs attaques contre la politique destructrice de la droite au pouvoir ?
En dénigrant une telle scène, ne craignent-ils pas de mépriser tous ceux qui y ont participé ? Ces militants, pas toujours membres de Désirs d’Avenir, qui se sont levés parfois à 4h du matin pour prendre un bus commun ou faire du co-voiturage en destination de Paris ?
À ceux qui reprochent à Ségolène Royal de faire la fête pendant que la crise financière s’abat sur le monde, nous leur demandons ce que eux ils font. Ils se lamentent ? Ségolène Royal préfère rassembler, fédérer pour faire face à nos défis et difficultés. Cette réunion n'était pas qu'une « fête ». C'était une remobilisation. Ce n'était pas être hors du monde. C'était, au contraire, y être entièrement et positivement. Ce n'était pas un rassemblement « people ». C'était une fête populaire avec des artistes motivés (et motivants) qui replacent enfin leur action et leur engagement au cœur de la société.
Reproche-t-on à Neg'Marrons, Trust, Cali, Yannick Noah, Hervé Vilard, Benjamin Biolay, Trade Union, Ridan, Da Silva, Ariane Mnouchkine, Princess Anies, Mohamed Lamin, Phil Darwin, Alexis Rault, Patrice Maktav, et les autres de parler de politique à travers leurs spectacles ? Non, bien entendu.
À ceux qui reprochent à Ségolène Royal de s’être mise en scène, qu’en aurait-il été si elle n’était pas allée sur scène pour parler et évoquer les dérives du pouvoir actuel ou la crise financière ? Il lui aurait alors été reproché à coup sûr de ne pas prendre la mesure de la situation !
En réalité, nous sentons un décalage très net entre les « éléphants » (tous invités à ce rassemblement, faut-il le rappeler ?) et la base militante de notre parti. Aujourd’hui, il y a bien, malheureusement, le parti « d’en haut » et le parti « d’en bas ». À la différence des « éléphants » premiers signataires d’autres motions, Ségolène Royal n’a jamais été dans les instances dirigeantes du Parti et veut profondément le renouveler. Elle le prouve déjà en mettant en avant une nouvelle génération. Qui d’autre qu’elle promeut de jeunes élues telles Najat Belkacem, Aurélie Filippetti ou Delphine Batho ? Au final, nous rappellerons simplement qu’une voix d’un « éléphant » ne vaut pas plus qu’une voix d’un militant.
Concentrer toute son énergie contre un tel rassemblement alors qu’aujourd’hui la crise financière menace des millions de personnes, c’est un véritable laisser-passer pour la droite.
Source : L'Equipe de Ségolène Royal


Le Ségo-Flop
Cette soirée est pour moi un paradoxe qui confine à la manipulation ratée, pour enfin sombrer dans le ridicule.
En effet, Ségo a voulu surprendre en cassant ses codes de communication, sans doute suite à la demande de ses propres partisans quasi-fanatiques (voir la façon dont ceux-ci s’expriment sur les forums et les blogs). Que ne l’a-t-elle pas fait plus tôt ? C’est trop tard maintenant puisque nous avons tous en tête la silhouette psychorigide d’institutrices ménopausée ! J’admets cependant que l’image a de quoi séduire… Oui, je l’avoue, en tous cas jusqu’à ce qu’elle ouvre la bouche ! Car nous avons eu droit à des répliques qui auraient pu faire sourire si elles n’avaient été si mal jouées !
Elle était ridicule. D’ailleurs la droite ne s’est pas trompée en s’abstenant de critiquer l’événement. Car le ridicule est sensé se suffire à lui-même…
Il n’y a que la gauche qui a hurlé d’un seul poumon raillant la prestation comme une belle opposition unie qu’elle devrait être.
Quant à ceux qui ont applaudis bien fort au Ségo-show… Je n’ai pas de mépris pour eux… Rien que de la méfiance et un peu de pitié quand même… Si-Si ! C’est vrai !
Pour la rigolade, on à vu madame Royal quelques jours plus tard, reprendre son tailleur Chanel et son manche à balais, sur les plateaux de télé… Comme quoi !
(Ca se voit beaucoup que je l’aime pas ? Dis ?)
Gwendal
Blog "Je voulais vous dire..."
Pourquoi "peopolisation" ?
N'en déplaise à l'équipe de Ségolène Royal, je maintiens ma qualification de "peopolisation". Pourquoi ?
Tout d'abord, la forme
Le fait de vouloir changer radicalement la présentation d'un meeting politique, traditionnellement souvent ennuyeux, ne me dérange pas. Je trouve même qu'il relève d'une bonne observation de ce qui se faisait par le passé.
Mais vers quelle nouvelle orientation et dans quel but ?
Rendre une réunion politique plus animée, plus vivante, plus dynamique, c'est louable. La transformer en one-woman-show avec métamorphose dans la gestuelle, l'habillement, la coiffure, pour attirer l'attention, c'est du marketing.
De plus, cette nouvelle prestation n'était tellement pas taillée sur mesure que la pauvre a complètement raté son show. La comédie, faire l'acteur, c'est un métier. Visiblement, Ségolène ne « joue » pas dans le bon registre. Ses gestes sont empruntés ; ses déplacements sont lourds ; lorsqu'elle « oublie » ses mains, celles-ci pendent lamentablement au bout de ses bras et lorsqu'elle se rappelle ses leçons, elle les relève dans des gestes en décalage total avec ses paroles : tout cela « sonne faux ».
La parole, elle, n'a pas changé. Le débit est toujours aussi lent ; l'intonation à la limite du chevrotement ; le ton en décalage aussi avec l'expression. Nous sommes encore trop proche du discours traditionnel asséné derrière un pupitre, loin de la diatribe oratoire meneuse de foules (j'en connais un qui fait très bien cela, suivez mon regard vers l'extrème droite).
Comment être crédible avec un jeu si mauvais ?
Ensuite le fond
Le one-woman-show auquel nous assistons n'a visiblement pas pour but de mieux nous faire assimiler les fondamentaux du socialisme puisqu'il n'en est que très peu question. Ségolène Royal n'a fait que jouer sur l'émotion, les impressions, l'irrationnel. La plupart de ses arguments sont tournés vers sa propre personne en se posant en victime. Je n'ai pas compté, mais le nombre de "JE" est sûrement plus important que les "VOUS" - du moins c'est mon impression, donc c'est ce qu'elle laisse paraître.
L'ex-candidate et future candidate essaie visiblement de « faire le joint » entre 2007 et 2012, pensant certainement que si elle a échoué la première fois, c'était parce qu'elle s'est déclarée trop tard. Alors elle nous ressert les slogans de campagne "Je suis avec vous", "ensemble nous arriverons", "avec moi nous parviendrons"...
Je pense que la meilleure façon de rassembler, d'être leader charismatique, c'est d'abord de convaincre.
Personnellement, Ségolène Royal ne m'a absolument pas convaincu.
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