Faillite du libéralisme : États-Unis, la richesse à crédit
Vous avez aimé les aventures de Jérôme Kerviel et du couple Fannie Mae - Freddie Mac ? Vous adorerez la saison 2 du feuilleton La crise...
Malheureusement, il ne s'agit ni de théâtre ni de télévision et l'action ne se joue pas seulement outre-Atlantique, mais aussi en Europe : elle concerne l'emploi et le pouvoir d'achat de (presque) chacun d'entre nous.
Première puissance économique mondiale, les États-Unis sont aussi le pays le plus endetté de la planète. Enquête datant de septembre 2007 sur l'ardoise américaine, qui s'élève aujourd'hui à plus de 22 000 milliards de dollars.
Le dollar est-il en péril ? "Le pays tout entier vit au-dessus de ses moyens". Les citoyens américains ne s'enrichissent pas. Ils multiplient les cartes de crédit afin de consommer toujours plus, achètent des logements sans pouvoir les rembourser, n'épargnent pas.
"Quand l'Amérique tousse, c'est le monde entier qui s'enrhume". Nous assistons à une grave crise mondiale qui fait plonger l'Amérique dans le gouffre et nous avec...
La Cause du Peuple - Vidéo 56mn35
La crise actuelle expliquée en mille mots
Article paru dans le Global Europe Anticipation Bulletin n°17 de septembre 2007... prémonitoire...
Comme l'a expliqué à plusieurs reprises, depuis le début 2006, l'équipe de chercheurs de LEAP/E2020, le moteur principal de la crise systémique actuelle se trouve aux États-Unis. Cette « fin de l'Occident tel qu'on le connaît depuis 1945 » annoncée par LEAP/E2020 en Février 2006, c'est avant tout l'effondrement dans toutes ses dimensions (économique, monétaire, financière, diplomatique, intellectuelle et stratégique) du pilier de l'ordre mondial du XX° siècle qu'ont été les États-Unis. Et c'est bien ce pays qu'on retrouve au cœur de la crise financière et bancaire affectant de manière visible depuis cet été l'ensemble de la planète. Pour prendre une image simple, le pilier repose désormais sur des sables mouvants. Ce qui évidemment conduit toute l'architecture globale à s'affaisser dans son ensemble d'abord, puis à s'effondrer par pans entiers.
Dans ce GEAB N°17, l'équipe de chercheurs de LEAP/E2020 a donc décidé de se concentrer sur l'analyse de la nature de la crise systémique globale en cours [...] et de publier une explication en mille mots seulement de la crise actuelle et de son articulation avec l'ensemble de la crise systémique. Nous espérons que cette explication sans jargon de spécialiste aidera le plus grand nombre à mieux comprendre les évènements des mois et années à venir. Car, et c'est un point essentiel, nous estimons que plus aucun centre de pouvoir n'est en mesure d'arrêter la crise systémique en cours, ni même de limiter son impact globalement.
Depuis 1945, et de manière accrue après l'effondrement du bloc soviétique à partir de 1989, l'économie américaine est devenue le pilier unique de l'ensemble du système financier et bancaire mondial. La déconnexion le 15 août 1971 de la valeur de la devise US avec l'or (ou de tout autre contrepartie physique, donc disponible en quantité limitée) a ouvert la voie à une croissance exponentielle de la quantité de Dollars US en circulation.
L'émergence croissante de nouveaux pôles de production industriels, technologiques ou de services dans le monde, sur fond d'affaiblissement croissant de la formation des ressources humaines aux États-Unis et donc de la compétitivité de la production US, a entraîné un accroissement sans équivalent historique de la dette américaine (publique et privée). Cette dette est donc progressivement devenue, grâce à l'inventivité des opérateurs financiers et à la complicité plus ou moins naïve de toute la chaîne banco-financière (banques centrales, agences de notation, médias financiers, politiciens, économistes, etc...), la principale production des États-Unis.

Évolution du ratio d'endettement des ménages américains - Source Contraryinvestor.com
L'arrivée de G.W. Bush au pouvoir et de ses co-équipiers idéologues ou affairistes a entraîné une explosion phénoménale de la production de ce type de « valeurs », les dettes, avec la bénédiction très active du président de la Réserve fédérale du moment, Alan Greenspan : dette publique, dettes immobilières, dettes automobiles, dettes de cartes de crédit,... partout la dette s'est imposée comme le bien le plus « produit » par l'économie dite dominante. Et le reste du monde a continué de plus belle à acheter ce nouveau produit « made in USA », les élites occidentales en particulier étant fascinées par l'incroyable inventivité de Wall Street et de son annexe, la City londonienne.
Pourtant depuis plusieurs années, n'importe quelle personne possédant deux yeux pour voir (c'est-à-dire ni un expert ni un décideur dont les yeux ne servent, semble-t-il, qu'à lire des rapports sur la réalité ou des communiqués de presse) et traversant les États-Unis pouvait constater qu'à la différence de l'Europe ou de l'Asie, le pays était en plein appauvrissement généralisé : infrastructures en déshérence, éducation en chute libre, immigration croissante à faible niveau d'instruction, dépendance énergétique extérieure croissante, retards technologiques multiples,... Ce constat soulevait immanquablement une question fondamentale : qui va rembourser, et comment, cette dette colossale en expansion constante ?

Encours de la dette américaine par secteurs (1974-2006) - Sources : Federal Reserve / ITulip.com
Mais, jusqu'au 11 Septembre, à l'invasion catastrophique de l'Irak, à Katrina et la destruction partielle de la Nouvelle-Orléans, et plus récemment à l'effondrement du pont sur le Mississipi, tout le monde semblait, à l'instar des experts, ne voir que les chiffres publiés par le système lui-même qui leur vendait le produit « dettes », des chiffres qui bien entendu assuraient que tout allait bien et que le débiteur moyen était solvable.
Et puis, progressivement, avec une accélération croissante depuis une année environ, la réalité, ce paramètre gênant de toutes les équations pondues par les experts et les idéologues, s'est invitée dans le système banco-financier. Bulle après bulle (Internet, immobilier, subprime), les tentatives pour augmenter la production de dettes ont donc continué, avec l'espoir que soit l'économie réelle rattraperait le niveau de dette produite, soit le reste du monde continuerait indéfiniment à acheter de la dette US en se re-finançant avec de nouvelles dettes US (toujours plus sophistiquées comme les fameuses CDOs, Collaterized Debt Obligations, censées partager les risques alors qu'elles infectaient de facto tout le système de ces mêmes risques).
Mais l'éclatement de la bulle immobilière déclencha un enchaînement fatal, comme l'avait anticipé mois après mois le GEAB depuis Février 2006, qui progressivement nous a conduit à la mi-2007 et à la prise de conscience par les grands opérateurs banco-financiers que le débiteur ultime de cette immense usine à produire de la dette que sont devenus les États-Unis, à savoir le consommateur américain moyen, était soit déjà insolvable, soit en passe de le devenir prochainement sur fond de récession US déjà entamée.
A partir du Printemps 2007 point d'inflexion de la crise systémique globale, ces grands établissements ont commencé à essayer d'évaluer leur exposition sans prendre réellement la mesure de la crise car, là encore, l'habitude, le conformisme, ont laissé pensé qu'il y aurait un « rebond de l'économie US », que « la chute des prix de l'immobilier serait brève », que l'« emploi tiendrait », que l' « investissement des entreprises repartirait », que « les revenus boursiers pallieraient les conséquences de l'effondrement des prix immobiliers », etc... Chacun a pu lire ou entendre cette litanie de « vœux pieux » présentés comme des analyses sérieuses dans les grands médias financiers ou par les banques centrales elles-mêmes.
Au milieu de l'été 2007, les grandes banques internationales ont dû se rendre à l'évidence : une proportion très importante (mais encore inquantifiable, faute de prendre la mesure exacte de la crise en cours) de toutes ces dettes ne seraient jamais remboursée. L'évolution du marché des billets de trésorerie (« Commercial Papers »), gagés sur des actifs (essentiellement financiers), qui sert au financement des entreprises et qui est au cœur de la crise banco-financière actuelle, est très significatif. Comme l'illustre le graphique ci-dessous, c'est en effet un effondrement pur et simple qui a commencé en Août 2007.

Encours des billets de trésorerie US gagés sur actifs - au 22/08/2007
Au vu des échéances à venir, et de leurs engagements incontournables, les grandes banques ont donc décidé de se mettre à amasser des liquidités réelles (et non plus de pseudo-liquidités comme la plupart des produits financiers vendus ces dernières années à des millions d'épargnants, fondés in fine sur des dettes américaines), et donc de cesser de financer des opérations potentiellement porteuses de pertes massives. En la matière, elles ont notamment cessé de se prêter mutuellement des fonds puisque, chacune ayant largement plongé dans la spéculation basée sur les dettes américaines, elles se suspectent les unes et les autres d'être encore plus exposées et donc de risquer la faillite.
Car il s'agit bien de cela. Et c'est pour cela que la BCE inonde littéralement les banques européennes de liquidités. Jean-Claude Trichet doit se souvenir de l'effondrement du Crédit Lyonnais. La crise du subprime n'est qu'un détonateur. C'est en effet l'ensemble de la bulle financière fondée sur la dette américaine qui est en train d'éclater, car le consommateur US est exsangue alors même que l'économie américaine entre en récessflation. Derrière les prêts immobiliers à risque, ce sont désormais tous les prêts immobiliers américains, les prêts automobiles, les prêts des cartes de crédit US, ... qui font désormais face à une hausse exponentielle de leurs taux de non-remboursement (la dette publique suit la tendance avec la baisse du Dollar et celle des Bons du Trésor US).
Autrement dit, les plus avisés dans le sphère banco-financière mondiale (ce qui exclut notamment la plupart des actuels dirigeants des grandes banques internationales) savent que dans les 6 mois à venir, ce sont des pans entiers de leur activité et de leurs bilans qui vont soit s'évanouir en fumée, soit afficher des pertes records.

Répartition par pays de la dette Publique US - Source : US Department of the Treasury / Dollardaze
Et comme la contagion à l'économie réelle est déjà en cours non seulement aux États-Unis mais également sur l'ensemble de la planète, c'est désormais l'effondrement des marchés immobiliers britannique, français et espagnol qui est au programme de cette fin d'année 2007, tandis que l'Asie, la Chine et le Japon vont devoir faire face simultanément à la chute de leurs exportations vers le marché américain et à la baisse rapide de la valeur de tous les actifs en Dollars US (devise US comme bons du trésor, actions d'entreprises US, etc...). D'ailleurs, le graphique ci-dessus indique très clairement les pays qui vont subir les chocs les plus brutaux suite à l'explosion de la bulle d'endettement US, à savoir Japon, Chine, Royaume-Uni et pays pétroliers exportateurs en Dollars US.
Sur la suite des évènements, l'équipe de LEAP/E2020 n'a en fait actuellement que deux interrogations pour lesquelles elle n'a pas d'élément précis de réponse : combien d'experts, de banquiers centraux, de journalistes financiers, de politiciens américanistes fascinés par l'Amérique seront capables de comprendre cet enchaînement de phénomènes qui remet en cause leur vision du monde ? Et le feront-ils à une vitesse suffisante, sans attendre les « Godots » qui n'arriveront plus (à savoir les « sursauts », les « rebonds » censés être programmés dans une Amérique d'aujourd'hui qui n'a plus rien à voir avec celle du milieu du XX° siècle).
La course de vitesse entre la réalité et la théorie est désormais ouverte. Une crise systémique, c'est finalement ce type de course dont le vainqueur est toujours in fine la réalité. Les décideurs, s'ils sont conscients, peuvent quant à eux au moins éviter la collision brutale et frontale avec les faits, épargnant ainsi de grands dommages à leurs populations. Les mois qui viennent, sur toute la planète, vont trier le grain de l'ivraie en la matière.
Ce qui est certain pour LEAP/E2020 en revanche, c'est que la « Très Grande Dépression US » annoncée pour 2007 est bien au rendez-vous de l'Histoire et qu'elle va avoir des conséquences sans commune mesure avec la crise de 1929, même si certains indicateurs communs aux deux crises sont passés au rouge depuis des mois, et même si 1929 reste le dernier point de comparaison possible dans l'Histoire moderne.
GEAB n°17 : La crise actuelle expliquée en mille mots
Source : Global Europe Anticipation Bulletin
Et maintenant la récession... La crise, acte II
La crise des subprime, aggravée par les hausses du pétrole et des produits alimentaires, a enclenché une dynamique de récession. Et il ne va pas être facile d'en sortir.
Vous avez aimé les aventures de Jérôme Kerviel et du couple Fannie Mae - Freddie Mac ? Vous adorerez la saison 2 du feuilleton La crise...
Malheureusement, il ne s'agit ni de théâtre ni de télévision et l'action ne se joue pas seulement outre-Atlantique, mais aussi en Europe : elle concerne l'emploi et le pouvoir d'achat de (presque) chacun d'entre nous.
Du fait de son ampleur, la crise financière déclenchée il y a un an par l'explosion de la bulle immobilière américaine ne pouvait guère rester sans conséquences majeures au-delà de la sphère des spéculateurs. Et cela d'autant plus que ses effets se sont combinés à ceux de la forte poussée des prix du pétrole et des produits alimentaires qui ont marqué les derniers mois de 2007 et les premiers de 2008. On s'en était déjà douté en faisant le plein à la pompe, ses courses au supermarché ou en allant voir son banquier pour obtenir un prêt, mais Eurostat et l'Insee l'ont confirmé avec éclat au cœur de l'été : l'activité économique a reculé en France et en Europe au second trimestre 2008. Tous les moteurs de la croissance sont à l'arrêt et l'emploi a baissé dans l'Hexagone pour la première fois depuis 2003. Paradoxalement, ce coup de frein est même plus marqué en Europe qu'aux États-Unis.
Devant ce constat, le gouvernement français a choisi pour l'instant, par la voix de son Premier ministre François Fillon, de faire le gros dos en minimisant les difficultés. Il faut dire que, compte tenu des largesses fiscales déjà dispensées en juillet 2007, l'état des finances publiques ne permet guère d'envisager un plan de relance. Le mieux qu'on puisse espérer semble être que le gouvernement ne se lance pas dans un plan de rigueur afin de tenir ses engagements européens en matière de déficit... Ce qui aggraverait encore la situation. Quant à un plan de relance coordonné au niveau européen, il serait surprenant que les intégristes de l'équilibre budgétaire et de la baisse des dépenses publiques, qui dominent largement l'Union, se convertissent de sitôt aux vertus du keynésianisme.
De son côté, la Banque centrale européenne s'est rendu compte trop tard que la récession était en fait un risque plus important que l'inflation. Et aujourd'hui, avec un euro en baisse qui pourrait bien relancer la hausse des prix, sa marge de manœuvre est faible. Bref, sans tomber dans le catastrophisme, on ne voit pas bien pour l'instant d'où viendra le superhéros qui permettrait que la saison 2 se termine quand même rapidement sur un happy end...
Source : Alternatives Economiques - n°272 Septembre 2008


Après la crise, le KRACH
La prévision d’une crise des subprime était faite dès janvier 2007. Mais à l’époque, on était en campagne électorale et ce n’était pas le moment d’affoler les foules et encore moins de prendre les décisions drastiques qu’il aurait fallu pour mieux protéger le système bancaire français.
Puis, en décembre 2007, c’est l’affaire Kerviel qui cacha la forêt des pertes de la Société Générale due aux subprime. J’avais alors posté sur le sujet sur La Télé Libre à l’époque. Mais là encore, il ne fallait pas inquiéter le bon peuple car les élections municipales se profilaient. Surtout : PAS DE SCANDALE !
En juin 2008, les signaux alarmants provenant d’outre-atlantique nous parviennent en pleine crise du prix du pétrole et ceci à la veille du départ en congés (nous sommes quand même le 2eme pays au monde pour le tourisme !). Madame la marquise “tout va bien” rassure et ment effrontément sur le taux de croissance. Les jumeaux Fannie Mae - Freddie Mac sont nationnalisés. Les USA pointent en juillet les 5 organismes de crédit qui seront sur la paille en septembre. Mais en France, on croit encore au nuage Tchernobyl !
Le plan Paulson est un pansement à une jambe de bois et toute la sphère économique mondiale le sait. C’est reculer pour mieux sauter. Seulement, il est indispensable pour calmer les marchés. En gros, avec ce plan, c’est comme si on appuyait sur l’accélérateur alors qu’on se dirige droit dans le mur, pour moins voir le paysage !
Les États-Unis n’ont plus d’argent depuis longtemps et leur dollar est devenu une monnaie de singe à cause du surendettement de 22.000 milliards de dollars - dette extérieure des USA détenue par les autres pays du monde (vous vous rappelez des roubles de l’URSS ? les pesetas espagnoles des années 70 ? les lires italiennes dont le papier coûtait plus cher que leur propre valeur ?).
Ce plan Paulson consiste à injecter 1.000 milliards de dollars dans les sociétés déficientes pour soutenir les marchés. Pour cela, les États-Unis vont « créer du papier » - donc dévaluer un peu plus leur monnaie - en empruntant de nouveau à l'extérieur. Pourquoi changer une stratégie qui ne fait plus recette ?
On a d’abord parlé de crise financière, puis de crise systémique, maintenant il s’agit bien d’un KRACH. Les banques vont tomber les unes après les autres. Pour la France : Caisse d’Epargne, BNP, Crédit Agricole sont les prochaines.
Naboléon n’entrave que dalle là-dedans, pas plus que sa ministre pro-atlantique de l’économie. De toutes façons, il ne pourra pas enrayer le mouvement, même avec le soutien de l’Europe dont le bateau prend l’eau de toutes parts (Grande Bretagne, Bénélux, Allemagne…).
Prochaine étape : le désengagement de la Chine sur les avoirs qu’ils détiennent aux US afin de sauver leur monnaie et leur économie. Et là, ça va faire VRAIMENT très mal !
Le système bancaire français est-il à l'abri ?
Depuis plusieurs décennies, le système bancaire français s'est mis "à l'abri" d'une éventuelle banqueroute par la mise en place d'un système de réassurances en mutualisant les risques.
Ainsi, chaque banque "couvre" une partie des engagements pris par les autres banques. Au cas où une banque viendrait à défaillir, l'ensemble des autres banques garantit les dépôts des clients de cette banque.
Cette sorte de mutualisation s'est déjà révélée efficace dans le passé - même si nous n'avons été que peu tenus au courant pour des raisons de mauvaise publicité - notamment lors de la faillite du Crédit Lyonnais.
Nous nous sommes donc habitués, en France, à un social-libéralisme financier pourtant complètement inique puisqu'il consiste à "nationaliser les pertes et à privatiser les bénéfices". Toujours au sujet du Crédit Lyonnais, l'État a repris les "créances pourries" en créant une structure provisoire de liquidation nommée CDR. Il était prévu dans le contrat initial que l'État paierait les dettes ou empocherait les gains à l'issue de la liquidation. Pourtant le Crédit Lyonnais a été vendu au Crédit Agricole au moment où celui-ci enregistrait un bénéfice net de 68 millions d'euros ! Le CDR, lui - c'est à dire l'État - , n'a gardé que les créances douteuses et avec elles, l'affaire ADIDAS/Tapie. On en a vu le résultat : 286 millions d'euros + préjudices divers à payer à Nanard !
Cette forme de social-libéralisme n'est pas tout à fait dans la culture États-unienne. C'est pourquoi l'Amérique n'a nationalisé ses organismes de crédit déficients que « contraints et forcés » et au compte-goutte.
On vient d'ailleurs de voir le rejet du plan Paulson dont les causes sont d'abord politiques en raison des élections proches, mais aussi à la fois parce que ce plan ne mènera à rien de définitif dans la résolution du crack et qu'il est immorale que le peuple paie les erreurs de financiers inconscients voire véreux.
Pour en revenir à notre système bancaire français, la mutualisation des risques implique donc l'acceptation par les clients du partage des risques bancaires et par là, le paiement de la couverture d'assurance en cas de défection de l'une d'entre elle. Ce processus est acceptable et viable pour les cas particuliers et exceptionnels dans la limite des encours de chacun.
Or, aujourd'hui, la crise systémique mondiale à laquelle nous assistons, implique des difficultés majeures dans l'ensemble du système bancaire mondial. C'est pourquoi il est si difficile de connaître exactement l'ampleur des engagements pris par les banques sur les « actifs pourris ». Pour une banque lambda, reconnaître plusieurs milliards d'euros de dettes à haut risque, c'est se désigner elle-même à la vindicte des autres banques qui refuseront en bloc de lui accorder les liquidités dont elle a justement besoin.
Notre magnifique système « à la française » ne fait que précipiter les organismes fragiles dans la faillite.
S'il est vrai que nos banques n'ont pas accordé de crédits aux particuliers insolvables, elles n'en ont pas moins participé au partage, promis comme étant « juteux » à terme, des couvertures des subprimes et autres produits financiers « Made in USA ».
Dans ce contexte de faillite mondiale du système bancaire, la mutualisation de nos banques n'aura donc aucun effet puisque toutes sont plus ou moins touchées.
C'est pourquoi lorsque Sarkozy nous indique que nous n'avons aucun soucis à nous faire pour nos banques, il faut surtout comprendre que notre gouvernement agira exactement de la même façon qu'outre-atlantique en nationalisant les pertes. C'est donc l'ensemble des contribuables français qui vont payer à la place des actionnaires et des épargnants.
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Salut Edou ! Je vois que nous
Salut Edou ! Je vois que nous avons les mêmes références économiques ! Europe2020 était sur le coup depuis un bail alors même que le pétrole commençait à peine à augmenter… Nous, nous savions que la crise systémique allait nous tomber sur le coin de la figure. Et nos politiques ? Et les banques ? Ils ne lisent pas les mêmes rapports que nous ? Ils ne pouvaient pas savoir ? Les uns et les autres auraient pu agir bien avant et limiter les faillites à répétition ainsi que le carambolage qui nous submerge actuellement.
Ca, c’était le commentaire que j’essaye de poster, en vain, depuis que le texte est paru…
Gwendal
Blog "Je voulais vous dire..."
@ Gwendal
Merci de m'avoir signalé le problème.
J'espère que maintenant, les commentaires vont fuser !
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